L'avortement, une pratique toujours contestée à travers le monde

InfographiesSi certains pays ont légalisé l’avortement, la tendance en Europe montre un retour en arrière. On est cependant loin des durcissements très sévères à l’américaine.

Image: Keystone

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Géorgie, Kentucky, Mississippi, Ohio, Missouri, Arkansas, Utah: avant l’Alabama, sept États américains avaient déjà réduit l’accès à l’avortement en l’espace de quelques mois. Une vague de durcissement dont l’ampleur surprend.

Selon l’observatoire de la santé français IRIS, 70'000 femmes meurent chaque année des suites d’un avortement non médicalisé et quelque 87 millions de grossesses non planifiées se produisent. Or, selon l’Institut Guttmacher, spécialisé dans les statistiques sur le contrôle des naissances et l’avortement dans le monde, «les lois sur l’avortement très restrictives ne sont pas associées à des taux d’avortements plus faibles». La moyenne de ces taux dans les pays où la procédure est illégale est de 3,7% des femmes en âge de procréer contre 3,4% dans ceux où la procédure est disponible. Selon l’institut américain, sur les 56 millions d’avortements annuels pratiqués dans le monde, 45% l’ont été dans des conditions non sécurisées.

Amérique latine

En Amérique latine, la plupart des pays interdisent l’avortement, sauf si la grossesse met en danger la vie de la mère et parfois également en cas de viol.

Amérique du Nord

Depuis 1973, un arrêt de la Cour suprême juge anticonstitutionnelle toute loi interdisant l’avortement aux États-Unis. - Dans 28 États américains sur 50, la législation sur l’avortement a été durcie au cours des derniers mois ou risque de l’être. - Depuis le début de l’année 2019, huit États ont voté une loi dite «heartbeat», interdisant l’avortement à partir du moment où l’on peut entendre le cœur du fœtus (6e semaine environ). Pour l’instant, des oppositions bloquent quasi l’ensemble de ces nouvelles lois. Elles remonteront vraisemblablement jusqu’à la Cour suprême, dont l’équilibre a récemment été modifié suite à la nomination par Donald Trump de deux nouveaux juges ultraconservateurs.

Europe

Selon un rapport publié par le Conseil de l’Europe en 2017, plusieurs États du continent ont entamé des démarches pour durcir la législation au cours de ces dernières années: la Macédoine, la Géorgie, la Russie et la Slovaquie, qui ont toutes adopté des lois et des politiques imposant une série de nouvelles conditions aux femmes qui souhaitent avorter. Des mesures similaires ont failli passer en Lettonie, Lituanie et Roumanie. Des propositions d’interdiction quasi totale de l’avortement ont également été présentées ces dernières années en Espagne, en Fédération de Russie, en Lituanie, en Pologne et en Slovaquie. Celles-ci ont toutes été rejetées.

Asie

La problématique de l’avortement est traitée de façon très inégale sur le continent. Plusieurs pays rencontrent des problèmes dus à la pratique de l’avortement sélectif afin de favoriser la naissance des garçons. En résultent un déficit démographique et une surpopulation d’hommes célibataires, comme en Inde, en Chine ou au Vietnam. Les lois interdisant cette pratique ne sont guère efficaces.

Afrique

Selon le Guttmacher Institute, 93% des Africaines en âge de procréer vivent dans des pays soumis à des législations de l’avortement restrictives. L’avortement n’est autorisé en aucun cas dans 10 des 54 pays d’Afrique. Même dans les pays où la loi autorise l’avortement dans quelques circonstances, la plupart des femmes ne parviennent pas à obtenir une autorisation.

En conséquence, trois quarts des avortements sont pratiqués dans des conditions dangereuses. L’Afrique est la région du monde où a lieu le plus grand nombre annuel de décès liés à l’avortement. En 2014, au moins 9% de la mortalité maternelle (16'000 décès) en Afrique étaient imputables à des avortements non médicalisés.

Océanie

Les législations concernant l’avortement sont très différentes sur le continent. On peut dire qu’en règle générale, l’accès à l’IVG reste très restreint en Océanie. Outre la Micronésie ou la Papouasie, plusieurs États de l’Australie interdisent encore les interruptions de grossesse. Le premier État à avoir dépénalisé l’avortement ne l’a fait qu’en 2008. Depuis, d’autres États ont un peu assoupli leur législation, non sans imposer des conditions relativement strictes. En Nouvelle-Galles du Sud et dans le Queensland, l’avortement est toujours considéré et puni comme un crime passible de 10 ans de prison. Ni le viol, ni l’inceste, ni une anomalie fœtale ne constituent des motifs d’exception.

Créé: 28.05.2019, 11h14

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