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Le cœur de Barcelone touché à son tour par le terrorisme

Une camionnette a percuté la foule sur la très touristique avenue de La Rambla jeudi en fin d’après midi. Au moins 13 personnes ont été tuées et plus de 80 blessées.

Selon le journal El Periódico, l'homme qui aurait planifié les attentats meurtriers du 17 août 2017 en Catalogne circule librement en Europe. (Jeudi 2 août 2018)
Selon le journal El Periódico, l'homme qui aurait planifié les attentats meurtriers du 17 août 2017 en Catalogne circule librement en Europe. (Jeudi 2 août 2018)
Keystone
Nouvelle arrestation dans le cadre de l'attentat de Barcelone. La police espagnole a arrêté un Marocain de 24 ans qu'elle dit lié à plusieurs membres de la cellule djihadiste. (22 septembre 2017)
Nouvelle arrestation dans le cadre de l'attentat de Barcelone. La police espagnole a arrêté un Marocain de 24 ans qu'elle dit lié à plusieurs membres de la cellule djihadiste. (22 septembre 2017)
Keystone
A Catalan policeman shakes hands with a demonstrator holding a banner that reads: 'Muslims Against Terrorism', during a protest by the Muslim community condemning the attack in Barcelona, Spain, Monday Aug. 21, 2017. The lone fugitive from the Spanish cell that killed 15 people in and near Barcelona was shot to death Monday after he flashed what turned out to be a fake suicide belt at two troopers who confronted him in a vineyard just outside the city he terrorized, authorities said. (AP Photo/Santi Palacios)
A Catalan policeman shakes hands with a demonstrator holding a banner that reads: 'Muslims Against Terrorism', during a protest by the Muslim community condemning the attack in Barcelona, Spain, Monday Aug. 21, 2017. The lone fugitive from the Spanish cell that killed 15 people in and near Barcelona was shot to death Monday after he flashed what turned out to be a fake suicide belt at two troopers who confronted him in a vineyard just outside the city he terrorized, authorities said. (AP Photo/Santi Palacios)
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Après Nice, Berlin, Londres Stockholm et Levallois-Perret, Barcelone. Une camionnette a percuté jeudi en fin d’après-midi des dizaines de personnes qui se trouvaient dans la zone très touristique de l’avenue de La Rambla, la plus fréquentée de la capitale catalane. Un dernier bilan fait état de 13 morts et de 80 blessés, dont 15 grièvement. L’attentat a été revendiqué dans la soirée par le groupe Etat islamique, Daech, via son site de propagande. Un des auteurs du carnage a été abattu lors d’une fusillade avec la police dans les faubourgs de la ville alors qu’il tentait de forcer un barrage routier, selon le journal catalan La Vanguardia. Deux hommes en lien avec cet attentat ont également été arrêtés dans la soirée. Un passeport espagnol a été découvert dans le véhicule bélier et une deuxième fourgonnette a été retrouvée dans la ville de Vic, à une heure de route de Barcelone. Elle devait permettre aux terroristes de prendre la fuite. Cette attaque est la plus grave depuis les attentats du 11 mars 2004 à Madrid. Des bombes placées par des islamistes dans des trains de banlieue de la capitale espagnole avaient fait 191 morts et plus de 1800 blessés.

Peu avant 17 heures, La Rambla est noire de monde lorsqu’un van blanc démarre en trombe de la place de Catalogne. Le véhicule s’engage à vive allure sur l’artère piétonne du centre historique et zigzague sur 700 mètres, pour atteindre le plus possible de badauds, selon des témoins. Le véhicule finit sa course mortelle sur la mosaïque Joan Miró, le pare-chocs défoncé signe de la violence des multiples collisions. Un peu plus loin, des dizaines de corps étendus sur le sol.

Cible symbolique

«J’ai vu la camionnette arriver, les gens volaient de tous les côtés sur son passage. Il y avait beaucoup de blessés, des morts aussi», racontera le gérant d’un bar. «J’ai entendu des cris et une sorte de choc et j’ai juste vu la foule qui s’écartait et cette fourgonnette qui descendait à toute vitesse au milieu des Ramblas et j’ai tout de suite compris qu’il s’agissait d’une attaque terroriste», rapportera un autre témoin à la BBC. «Il ne ralentissait pas du tout. Il fonçait directement au milieu de la foule et au milieu des Ramblas.» Le conducteur du fourgon, lui, se serait enfui à pied, selon El País. Touristes et habitants ont couru se réfugier dans les magasins, les restaurants et les bouches de métros. Des taxis ont spontanément pris en charge des piétons et des victimes pour les éloigner de la zone. D’autres blessés ont été emmenés vers un grand magasin pour recevoir les premiers soins. L’ensemble du trafic barcelonais a très rapidement été interrompu et le centre de la capitale catalane a été entièrement bouclé.

Il n’a pas fallu beaucoup de temps aux forces de l’ordre pour comprendre qu’il s’agissait d’un acte volontaire, une attaque terroriste avec une cible symbolique, un lieu de fêtes et de vacances. Barcelone accueille près de 11 millions de visiteurs chaque année, dont une immense majorité de jeunes.

Suspect identifié

L’homme arrêté en milieu de soirée et soupçonné d’avoir loué la camionnette a été identifié. Selon le quotidien El Mundo, qui cite une source policière, il s’agit d’un jeune homme d’origine maghrébine possédant un titre de résidence espagnol. Le suspect aurait vécu dans le sud de la France et avait déménagé dans une ville de la Catalogne, près de la frontière. L’agence espagnole Europa Press va plus loin et affirme que l’individu a vécu à Marseille et résidait à Ripoll, une commune du nord de la Catalogne. C’est en tout cas ce qui figure sur une page Facebook, qui a beaucoup circulé sur Internet avant d’être mise hors ligne, sans doute par le réseau social lui-même.

«Les terroristes ne vaincront jamais un peuple uni qui aime la liberté face à la barbarie», a tweeté le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, qui devait se rendre en fin de soirée à Barcelone avec Soraya Sáenz de Santamaría, le vice-premier ministre, et Juan Ignacio Zoido, le ministre de l’Intérieur, pour diriger une réunion de crise.

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Le retour redouté des combattants de Daech

L’Espagne se savait exposée au risque terroriste. En juin 2015, le niveau d’alerte avait été porté au niveau 4 sur une échelle qui en compte 5. Près de 200 personnes ont été arrêtées et 10 cellules terroristes démantelées au cours des deux dernières années. Ces derniers mois, la Guardia Civil a opéré plusieurs coups de filet dans les milieux djihadistes lors d’opérations menées en étroite collaboration avec les services de sécurité marocains. Parmi les personnes arrêtées, des logisticiens, des recruteurs mais aussi des combattants, de retour ou sur le départ. Pour la plupart d’origine marocaine.

En juin, le ministre espagnol de l’Intérieur, Juan Ignacio Zoido, s’était rendu au Maroc pour participer à une réunion du G4 qui rassemble depuis 2013 les ministres de l’Intérieur français, espagnol, marocain et portugais pour évaluer la menace et coordonner l’action des services sécuritaires. Rabat avait mis en garde contre la menace que pourrait représenter le retour à courte échéance des combattants de Daech chassés de Syrie, d’Irak ou de Libye.

A la tête du Bureau central d’investigation judiciaire (BCIJ), créé par le Maroc en 2015 pour renforcer et coordonner l’action contre les réseaux terroristes, le commissaire Abdelhak Khiame confiait, il y a quelques jours encore, redouter le passage à l’acte de «loups solitaires». Des éléments qui peuvent se déplacer et agir sans avoir besoin d’une grande logistique, avait précisé le chef de l’antiterrorisme. Une menace prise au sérieux par toutes les capitales européennes. Tenues régulièrement informées du danger par les plus hauts responsables sécuritaires marocains, les autorités espagnoles savaient que leur pays et ses sites touristiques pouvaient constituer une cible. En mai, trois membres d’une cellule affiliée à Daech étaient arrêtés simultanément à Barcelone et à Tanger, par les services espagnols et leurs homologues de la DGST, les services de renseignements marocains.

Lors d’un colloque organisé à l’Université Complutense de Madrid en juillet, plusieurs experts en terrorisme avaient, eux aussi, tiré la sonnette d’alarme, estimant que la fin de Daech risquait de provoquer un exode dangereux de terroristes vers l’Espagne et l’Europe. A cette occasion, le directeur du Centre d’analyse et de prospective de la Guardia Civil, José María Blanco, avait fait part de sa crainte de voir ces combattants islamiques transmettre les connaissances acquises dans les zones de combat aux nouvelles recrues de Daech. Alain Jourdan

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