La Belgique fonctionne au ralenti

GrèveTrains. avions, administrations, hôpitaux, écoles ou encore centres commerciaux sont concernés par le mouvement de grève nationale qui touche la Belgique.

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Espace aérien fermé, transports perturbés, piquets de grèves dans tout le pays: la Belgique a vécu au ralenti mercredi en raison d'une grève générale à l'appel des trois grands syndicats pour de meilleurs salaires.

Globalement les administrations publiques, transports, écoles, hôpitaux, la poste, la collecte des déchets mais aussi les entreprises et centres commerciaux ont été touchés par la grève. «Le mouvement est bien suivi partout et dans tous les secteurs», a assuré la secrétaire générale du syndicat CSC (chrétien), Marie-Hélène Ska, à la radio de radio Bel-RTL. «Les travailleurs disent qu'ils ont besoin de respect, qu'ils aspirent à vivre dignement et pas simplement à survivre», a-t-elle ajouté.

«Insuffisante et inacceptable»

Une centaine de piquets de grève a été recensée à la mi-journée à Bruxelles, selon l'agence de presse Belga, et des dizaines d'autres ailleurs, notamment sur plusieurs sites chimiques du port d'Anvers (nord), poumon économique du pays. «Si la grève est un succès, qu'il y a aussi une protestation dans le nord du pays, les syndicats seront en position de force quand les négociations vont se rouvrir avec le patronat», a prédit le politologue Jean-Michel De Waele.

Au coeur de la contestation: une proposition de revalorisation des salaires du privé jugée «insuffisante et inacceptable» par les syndicats, qui ont suspendu les négociations avec le patronat. Le premier ministre, le libéral francophone Charles Michel, a dit mercredi «regretter» la grève, et appelé à une reprise du dialogue.

Cette cinquième grève générale recensée depuis 1993 a fortement perturbé les transports en commun du pays, en particulier à Bruxelles, ou de nombreuses lignes de trams et de bus étaient à l'arrêt. La Société nationale des chemins de fer belges (SNCB) a annoncé la suppression ou la modification des horaires de plusieurs trains, mais environ la moitié circulaient grâce à la mise en place d'un service minimum.

«Convergence des luttes»

Le trafic ferroviaire international (Thalys, Eurostar) était relativement épargné, tout comme la circulation sur les routes, plutôt fluide malgré quelques barrages filtrants. L'espace aérien belge a quant à lui été fermé. L'entreprise chargée du contrôle du trafic, Skeyes, avait annoncé mardi qu'elle n'autoriserait aucun vol au départ ou à l'arrivée dans le pays, faute de pouvoir déterminer avec certitude les employés qui viendraient travailler. Seuls les vols gouvernementaux, militaires et d'urgence ont été autorisés.

La compagnie belge Brussels Airlines avait annoncé dès la semaine passée l'annulation de la totalité des 222 vols prévus mercredi. L'aéroport de Charleroi (sud), le deuxième du pays d'où opère notamment Ryanair, est resté exceptionnellement fermé, et au total plus de 400 vols ont dû être annulés, selon l'organisation Airlines for Europe.

Suisse touchée

En Suisse, la compagnie Swiss a annulé mercredi à l'aéroport de Zurich les cinq rotations prévues dans la journée, a indiqué une porte-parole. A Genève, sept vols vers Bruxelles et neuf à l'arrivée de la capitale belge ont été supprimés, a indiqué la porte-parole Madeleine Von Holzen. A l'aéroport de Bâle-Mulhouse, la compagnie Brussels Airlines a annulé ses deux vols aller et retour depuis et vers Bruxelles, a précisé la porte-parole de l'EuroAirport Vivienne Gaskell.

Cet appel à la grève des trois grands syndicats - FGTB (socialiste), CSC (chrétien) et CGSLB (libéral) - concerne tous les secteurs, aussi bien dans le public que dans le privé. Outre une revalorisation des salaires, ils réclament une hausse des allocations et pensions, ainsi que de meilleures conditions de fin de carrière.

Dans les entreprises métallurgiques et textiles, la participation est à un niveau «jamais vu», a indiqué à l'agence Belga William Van Erdegehem, président du syndicat CSC Metea, affirmant que 600 entreprises étaient touchées. A Courcelles, près de Charleroi, des manifestants «gilets jaunes» se relayant depuis plusieurs semaines sur un rond-point ont salué «la convergence des luttes», en accueillant mercredi des syndicalistes. (afp/nxp)

Créé: 13.02.2019, 14h18

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