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Berlin expulse par erreur un Ouïghour vers la Chine

À cause d'un cafouillage administratif, les autorités allemandes ont renvoyé à Pékin un demandeur d'asile ouïghour. Ce dernier n'a plus donné signe de vie depuis.

(Image d'illustration) Les autorités ont expulsé le jeune homme de 22 ans à cause d'un incident kafkaïen.
(Image d'illustration) Les autorités ont expulsé le jeune homme de 22 ans à cause d'un incident kafkaïen.
AFP

Les autorités allemandes ont admis avoir remis au printemps par erreur à Pékin un demandeur d'asile ouïghour, minorité musulmane turcophone se disant victime de répressions en Chine, a rapporté lundi la télévision publique allemande.

Fax pas reçu

Les administrations en charge des expulsions de demandeurs d'asile déboutés ont fait face ces derniers mois à plusieurs polémiques, après que des rapatriements se sont avérés illégaux, notamment celui vers la Tunisie d'un homme que Berlin accuse d'avoir été le garde du corps d'Oussama Ben Laden mais qui n'avait jamais été condamné.

Selon la chaîne publique BR, le 3 avril dernier un jeune Ouïghour devait se rendre à un entretien en vue de l'examen de sa demande d'asile, mais un fax en ce sens de l'Office fédéral pour la migration et les réfugiés (Bamf) n'a pas été reçu par les autorités bavaroises, qui ont expulsé l'individu de 22 ans vers la Chine ce jour-là.

L'avocat du jeune homme a indiqué ne plus avoir eu de nouvelles de l'intéressé depuis. «Il n'a donné aucun signe de vie, nous craignons qu'il ait été arrêté», a indiqué à BR Leo Borgmann.

Situation «inadmissible»

«Compte-tenu de la situation (dans le Xinjiang, région où vivent la majorité des Ouïghours, ndlr), une expulsion vers la Chine est inadmissible», a de son côté estimé la représentante du gouvernement allemand pour les droits de l'homme, Bärbel Kofler.

Ces dernières années, des militants ouïghours radicalisés ont commis des attentats meurtriers en Chine et les autorités ont imposé un strict contrôle des libertés individuelles et religieuses. Les représentants de cette ethnie considèrent eux que Pékin orchestre une campagne de répression contre un peuple entier en raison de ses spécificités culturelles et religieuses.

Affaires similaires

Cette affaire rappelle l'imbroglio autour de l'expulsion vers la Tunisie cet été de Sami A., identifié par Tunis comme Sami Idoudi. Dans son cas un tribunal avait interdit son renvoi dans son pays, mais le fax en ce sens n'a été vu que trop tard par les autorités en compétentes.

L'individu est soupçonné de lien avec la mouvance djihadiste, et d'avoir été un garde du corps d'Oussama Ben Laden mais n'a jamais été ni jugé ni condamné. Il vivait depuis de longues années en Allemagne avec son épouse et ses enfants.

L'an dernier, c'est un demandeur d'asile afghan qui avait été expulsé d'Allemagne illégalement et Berlin avait été forcé d'organiser son retour.

(AFP)

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