Bethléem inscrit en «urgence» au Patrimoine mondial

UNESCOL'UNESCO a inscrit le site de l'église de la Nativité de Bethléem, en Cisjordanie, au Patrimoine mondial. Elle a usé d'une procédure d'urgence qui a suscité une vive protestation d'Israël et des remontrances de la part des Etats-Unis.

Haut lieu de pèlerinage, Bethléem est le premier site touristique des Territoires palestiniens (deux millions de visiteurs en 2011).

Haut lieu de pèlerinage, Bethléem est le premier site touristique des Territoires palestiniens (deux millions de visiteurs en 2011). Image: AFP

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Le site du «Lieu de naissance de Jésus», comprenant également la route de pèlerinage, a été inscrit par treize voix en faveur, six contre et deux abstentions lors d'un vote secret des 21 membres du Comité du patrimoine lors d'une session à Saint-Pétersbourg, dans le nord-ouest de la Russie. Le Comité comprenaient cette année notamment la France, la Russie, l'Allemagne et le Japon.

L'annonce de l'inscription du site, incertaine à l'origine en raison des objections d'Israël, de l'enjeu politique et des avis défavorables d'experts sur le dossier de conservation palestinien, a été saluée par des applaudissements nourris

A Ramallah, la présidence palestinienne s'est aussitôt félicitée. «Cette reconnaissance par le monde des droits du peuple palestinien est une victoire pour notre cause et la justice», a déclaré Nabil Abou Roudeina, porte-parole du président Mahmoud Abbas. Le négociateur palestinien Saëb Erakat a salué «un jour historique».

«Des sites menacés»

Il s'agit du premier site palestinien inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture. Le délégué palestinien à Saint-Pétersbourg, auquel la parole a été donnée aussitôt après le vote, a estimé que la décision accordait aux Palestiniens leur «droit culturel à l'auto-détermination».

«Ces sites sont menacés de destruction totale par l'occupation israélienne, la construction du mur de séparation, à cause des sanctions israéliennes et des mesures prises pour opprimer l'identité palestinienne», a déclaré le délégué, dont le nom n'a pas été cité.

«Cela prouve que la communauté internationale dans son ensemble a l'intention de protéger la Palestine (...) et de s'assurer que l'Etat palestinien soit créé dans ses frontières de 1967 avec pour capitale Jérusalem est», a poursuivi le délégué.

«Une décision politique»

Son homologue israélien a vivement réagi à la décision du Comité du patrimoine. «La décision qui vient d'être prise est absolument politique et constitue de notre point de vue une atteinte grave à la convention (du Patrimoine mondial) et à son image», a-t-il déclaré.

De leur côté, les Etats-Unis se sont dits «profondément déçus» par cette décision. Ce «site est sacré pour tous les chrétiens» et l'UNESCO «ne devrait pas être politisée», a souligné l'ambassadeur américain auprès de cette instance, David Killion, dans un communiqué, en relevant que la procédure d'urgence utilisée ne devrait l'être en principe que pour des sites menacés de destruction imminente.

Les Palestiniens, entrés à l'UNESCO en octobre 2011 au terme d'un vote qui avait provoqué la colère des Israéliens et des Américains, avaient fait la demande d'une inscription du site dans une procédure d'»urgence». Ils avaient argué du «délabrement et de la dégradation de l'ensemble architectural», notamment du fait des «forces d'occupation» israéliennes.

Israël avait affirmé n'avoir «aucune objection» à l'inscription du site au Patrimoine mondial, mais avait contesté le recours à une telle procédure, estimant que c'était «une façon de laisser entendre qu'Israël ne protégeait pas le site».

Crainte d'une instrumentalisation du site

La candidature de Bethléem avait connu un revers avec l'avis défavorable des experts du Conseil international des monuments et des sites (Icomos). Ces derniers avaient recommandé à la Palestine de revoir son dossier, déplorant l'absence d'étude «sur la pertinence des délimitations ou les exigences de protection et de gestion» du site.

Les Eglises gardiennes des lieux saints - grecque orthodoxe, latine (catholique romaine) et arménienne - avaient elles aussi exprimé des réserves, de crainte d'une «instrumentalisation» du site.

Haut lieu de pèlerinage, Bethléem est le premier site touristique des Territoires palestiniens (deux millions de visiteurs en 2011). Datant de l'empereur romain Constantin, au 4e siècle et restaurée au 6e siècle sous Justinien, la basilique de la Nativité est l'un des sanctuaires les plus anciens de la chrétienté. (ats/afp/nxp)

Créé: 29.06.2012, 17h34

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