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Le bilan très contrasté des 100 jours de Macron

Quels sont les «plus» et les «moins» des trois mois de sa présidence? Analyse et perspective avec les pièges de la rentrée.

Sur le plan politique, Emmanuel Macron a fait quelques fausses notes, malgré un début en fanfare et un triomphe aux élections législatives de son parti.
Sur le plan politique, Emmanuel Macron a fait quelques fausses notes, malgré un début en fanfare et un triomphe aux élections législatives de son parti.
AP

Très contrasté, tel est le bilan des cent jours d’Emmanuel Macron à l’Elysée. Certes, il a mieux franchi le cap que ses deux prédécesseurs, qui avaient chaviré en abordant le premier écueil, celui des vacances. Nicolas Sarkozy les avait passées aux Etats-Unis, façon bling-bling, auprès d’un George W. Bush complètement décrédibilisé. François Hollande avait été accusé, à raison, d’avoir perdu trop de temps en farniente au lieu de se mettre rapidement au boulot. Le nouveau président, plus maître de sa communication, a mieux géré l’épisode vacancier. Il n’est pas parti à l’étranger, mais à Marseille. Dans une villa de luxe, mais discrète. Et pour une semaine seulement. Il a tout d’abord laissé planer le mystère sur son lieu de villégiature avant que LeJournal du Dimanche, paru hier, ne soit l’heureux bénéficiaire du «scoop» présenté comme l’événement de l’année.

Toutefois, sur le plan politique, le Chant du Départ d’Emmanuel Macron a été marqué par les fausses notes, malgré un début en fanfare et un triomphe aux élections législatives de son parti, La République en marche (LREM), créé en une seule année. Ainsi, après trois mois de pouvoir, seuls 36% des Français se déclarent satisfaits de son action (récent sondage IFOP pour Le Figaro). A la même époque, François Hollande engrangeait encore 46% de satisfaction. Le nouveau chef de l’Etat alterne donc les «plus» et les «moins».

Les «plus»

Il s’est coulé avec aisance dans ses habits présidentiels, sans perdre de temps. Là aussi, le contraste avec ses prédécesseurs saute aux yeux. Ses initiatives prises en Syrie, en Libye, en Europe, ses rencontres avec Donald Trump, Vladimir Poutine et Benyamin Netanyahou ont replacé la France en excellente position sur la scène diplomatique. Il est devenu, avec Angela Merkel, la figure de proue de l’Union européenne. Mais pour que le moteur franco-allemand redémarre, il faudra que la France respecte la règle qui impose que le déficit public soit inférieur à 3% du produit intérieur brut (PIB). C’est la condition mise par Berlin pour que Paris redevienne crédible aux yeux de la première puissance économique du continent. En outre, le nouveau président a promptement mis en chantier les futures réformes destinées à marquer son quinquennat, comme celle du Code du Travail.

Les «moins»

Alors que le candidat Emmanuel caracolait sur le cheval blanc de la moralité, le président Macron a dû se séparer de quatre ministres importants, dont son allié du MoDem François Bayrou et son bras droit Richard Ferrand, soupçonnés d’emplois fictifs ou de favoritisme. Mais c’est surtout la fracassante démission du chef de l’état-major des armées, le général Pierre de Villiers, qui a fortement contribué à la dégradation de l’image présidentielle. De même, la décision de baisser les aides au logement de cinq euros par mois s’est révélée très impopulaire. Sans oublier qu’Emmanuel Macron s’est mis à dos les collectivités locales en leur supprimant des ressources fiscales, tout en exigeant qu’elles fassent des économies (le LREM va sans doute le payer fort cher lors des élections sénatoriales du mois prochain).

Les trois pièges

Assouplir le Code du Travail et les procédures de licenciement, favoriser les accords au sein des entreprises afin d’ôter les freins à l’embauche, telle est la grande réforme que le président va mettre en œuvre par ordonnance. Les syndicats et le patronat l’attendent au tournant. La CGT organisera le 12 septembre une journée de mobilisation contre cette réforme. En octobre, l’Assemblée nationale débattra sur la loi sur la sécurité intérieure. De nombreuses organisations de défense des droits de l’homme dénoncent de forts risques d’atteintes aux libertés individuelles. Enfin, l’établissement du budget sera tout sauf aisé. Pour diminuer la dette publique, Macron et son gouvernement devront prescrire des mesures d’austérité qui, bien sûr, ne diront pas leur nom.

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