Un bizutage qui tourne mal devant le tribunal

FranceDix pompiers seront jugés lundi à Paris pour avoir violenté sexuellement deux de leurs camarades en 2012.

Les dix pompiers appartenaient à l'équipe de gymnastique.

Les dix pompiers appartenaient à l'équipe de gymnastique. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«Tradition» centenaire ou «pratiques d'un autre temps» ? Dix membres de la prestigieuse équipe de gymnastique de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) sont jugés à partir de lundi à Paris pour des violences et atteintes sexuelles lors d'un bizutage qui a mal tourné.

Le 6 mai 2012, l'équipe des pompiers rentrait en autocar de Colmar (Haut-Rhin) après une représentation sportive quand deux jeunes recrues ont été appelées successivement dans le «bronx», le nom donné à l'arrière du bus.

Le premier, Maxime B., a eu son slip arraché, a reçu des fessées, de violentes morsures sur les fesses. Un collègue lui a donné une bouteille en plastique à mordre pour l'aider à supporter la douleur alors qu'il pleurait. Il a reçu un coup à la tête lors d'une bousculade quand il a tenté de récupérer la mascotte, un perroquet en peluche, dont il avait la garde. Choqué, il est resté prostré plusieurs minutes.

C'était ensuite au tour de Jérémy D. Et là encore fessées, pincements, morsures aux fesses jusqu'au sang. Sur ses plaies et jusqu'à l'anus lui était appliqué du baume du tigre.

Mais ça ne s'est pas arrêté là: après avoir défié et insulté ses collègues, il est retourné dans le «bronx» où plusieurs pompiers sont accusés, entre autres, d'avoir alors frotté leurs fesses nues sur son visage. La scène a été filmée avec un téléphone.

Atteintes sexuelles

Jérémy D. affirme également avoir subi une pénétration anale d'abord avec un doigt, puis une bouteille en plastique, alors qu'il était maintenu au niveau des bras et des jambes.

Il a déposé plainte à son arrivée à Paris et l'affaire a rapidement fait la une des médias. La prestigieuse équipe de gymnastique, vitrine de la BSPP avec ses 50 gymnastes de très haut niveau, a été dissoute près d'un siècle après sa création.

À l'issue de l'enquête, la qualification de viol n'a pas été retenue, mais trois des prévenus seront jugés devant le tribunal correctionnel pour «atteinte sexuelle». La plupart comparaitront pour «violences volontaires» et deux d'entre eux pour s'être «abstenus d'empêcher un crime ou un délit contre l'intégrité corporelle» de Jérémy D.

- «Un cataclysme» -

Pour l'avocat des deux victimes Me Nicolas Cellupica, «ces pratiques sont d'un autre temps». Maxime B. et Jérémy D., aujourd'hui âgés de 28 et 30 ans, «veulent entendre que les dix prévenus ont pris conscience que derrière ce qu'ils ont appelé un rituel, un chahut, il y a en réalité des faits très graves».

Les hommes qui seront jugés «les accablent, les ridiculisent depuis le départ», selon l'avocat. Ses clients «ont cruellement manqué de soutien de la part de leur hiérarchie», critique-t-il.

Quelques jours après la révélation du scandale, le général Gilles Glin, alors commandant de la BSPP, avait déclaré que cette équipe de gymnastique «fonctionnait comme un clan, une caste, avec cette règle d'or: ce qui se fait dans l'équipe reste dans l'équipe ». Il avait dit avoir le «sentiment d'une trahison car ces faits sont totalement inacceptables et contraires à nos valeurs».

Une tradition

Pendant l'enquête, des pompiers avaient raconté que ce bizutage était «une tradition quasi-centenaire», «ne reposant sur aucune forme de contrainte», que nombre d'entre eux étaient passés par là. L'un d'eux avait reproché à Jérémy D. d'avoir «sali l'image de l'équipe de gymnastique». Beaucoup avaient affirmé qu'il avait tout prémédité, car il devait quitter l'équipe en raison de réduction d'effectifs.

Pour Lee Takhedmit, l'avocat d'un des prévenus qui sera jugé pour «violences volontaires», les faits se sont déroulés «dans un contexte festif qui a dérapé». Jérémy D. «a été bizuté à sa demande», affirme-t-il. Son client, Clément A. âgé de 29 ans, n'est plus pompier mais peintre. «Son rêve a explosé en vol», explique Me Takhedmit. «Cette affaire a été un cataclysme pour tout le monde», résume Me Cellupica. Maxime B. et Jérémy D. sont toujours sans activité. Le procès qui démarre lundi se terminera le 17 décembre. (afp/nxp)

Créé: 01.12.2018, 12h08

Paid Post

CallDoc, assuré malin et flexible
Bénéficiez de consultations médicales 24h/24, 7j/7 et faites des économies! Profitez du rabais de prime sur l’assurance-maladie de base. Demandez une offre maintenant.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.