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UKRAINEMerkel veut «faire la lumière» sur la présence russe

La chancelière a estimé qu'il fallait «faire la lumière» sur les accusations de manœuvres de l'armée russe sur le sol ukrainien. Kiev a demandé l'«aide pratique» de l'Otan.

Le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, a mis en garde l'UE contre de nouvelles sanctions. (8 septembre 2014)
Le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, a mis en garde l'UE contre de nouvelles sanctions. (8 septembre 2014)
Keystone
De la fumée s'élève près de l'aéroport de Donetsk. (Photo d'illustration) (Dimanche 7 septembre 2014)
De la fumée s'élève près de l'aéroport de Donetsk. (Photo d'illustration) (Dimanche 7 septembre 2014)
AFP
Vladimir Poutine a passé en revue à bord d'une vedette, les navires de la Flotte russe de la mer Noire dans le port ukrainien de Sébastopol, à l'occasion de la fête de la victoire sur les nazis. (9 mai 2014).
Vladimir Poutine a passé en revue à bord d'une vedette, les navires de la Flotte russe de la mer Noire dans le port ukrainien de Sébastopol, à l'occasion de la fête de la victoire sur les nazis. (9 mai 2014).
Reuters
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Angela Merkel a estimé, mercredi 27 août, qu'il fallait «faire la lumière» sur les accusations de manœuvres de l'armée russe sur le sol ukrainien, au cours d'une conversation téléphonique avec Vladimir Poutine, selon un porte-parole du gouvernement allemand.

«Il faut faire la lumière sur les rapports récents faisant état de la présence de soldats russes sur le sol ukrainien», a fait savoir la chancelière allemande au président russe dans l'après-midi.

D'après un communiqué de Stefan Seibert, porte-parole du gouvernement allemand, Angela Merkel «a souligné la grande responsabilité de la Russie» pour aboutir à une «désescalade» du conflit entre les autorités ukrainiennes et les séparatistes prorusses.

Les rebelles gagnent du terrain

Les rebelles pro-russes de l'est de l'Ukraine ont regagné mercredi des pans entiers de territoire sur les forces gouvernementales, qui ont abandonné armes et munitions dans leur retraite, alors que Kiev a accusé l'armée russe d'opérer sur le sol ukrainien.

Après des semaines d'offensive réussie, repoussant les insurgés jusque dans leurs derniers bastions encerclés et assiégés, l'armée ukrainienne semble avoir perdu l'initiative dans le conflit à l'est, poussant Kiev à demander une «aide pratique» de l'Otan.

Départ précipité de l'armée ukrainienne

Des journalistes ont constaté que les rebelles pro-russes avaient pris position sur la route entre leur fief de Donetsk et Novoazovsk, ville côtière à 100 km au sud où tous les points de contrôle sont désormais tenus par les insurgés.

Dans le village de Starobechevé, sur cette route à une trentaine de kilomètres de Donetsk, les insurgés pro-russes ont découvert des dizaines de caisses de munitions et de nombreux véhicules militaires abandonnés, témoignant d'un départ précipité de l'armée ukrainienne.

Selon les habitants, cette fuite a eu lieu lundi après des premiers bombardements provenant de la zone de la frontière russe. Selon le porte-parole militaire ukrainien Andriï Lyssenko, le village a été «investi par les combattants de Donetsk et les occupants russes».

Des troupes russes en Ukraine

L'Otan et la Pologne ont affirmé avoir des preuves que des troupes régulières de l'armée russe opéraient en Ukraine, ce que Moscou a toujours démenti.

Selon Andriï Lyssenko, l'armée russe a déployé un quartier général dans la localité de Pobeda, à 60 km de la frontière russe et 48 km de Donetsk alors que cinq blindés et un camion de troupes sont entrés dans la localité d'Amvrosiïvka, à 70 km de Donetsk.

Cent véhicules venus de Russie

L'armée ukrainienne a également fait état mercredi de la progression d'une colonne de cent véhicules «dont des chars, blindés, lance-roquettes multiples Grad» venus de Russie dans une zone du sud de la région de Donetsk jusqu'ici relativement calme et où les combats font rage depuis lundi. Elle a déploré 13 morts dans ses rangs en 24 heures.

A Donetsk, bastion de la rébellion pro-russe, des tirs d'artillerie ont fait trois morts, une voiture transportant des civils ayant été touchée par des tirs de mortier, selon la police.

A Kiev, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées mercredi devant la présidence pour exiger l'envoi de renforts aux soldats ukrainiens encerclés à Ilovaïsk.

Des «décisions cruciales» de l'Otan

Signe de la reprise de l'initiative par les rebelles pro-russes, Kiev a déclaré attendre une «aide pratique» et des «décisions cruciales» lors du sommet de l'Otan prévu le 4 septembre au Royaume-Uni. «Nous avons besoin d'aide», a résumé le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk.

Selon le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, dont un entretien était publié mercredi par plusieurs journaux européens, l'Otan veut, de son côté, pouvoir déployer en quelques jours des troupes et des armements d'envergure dans l'est de l'Europe.

Des pourparlers sans grandes avancées

Sur le front diplomatique, les pourparlers inédits à Minsk entre les dirigeants ukrainien et russe en présence de responsables de l'Union européenne se sont terminés mardi sans grandes avancées concrètes. Vladimir Poutine a minimisé la capture de parachutistes russes en Ukraine, après une incursion arrivée selon lui «par accident».

«D'après ce que j'ai entendu, ils patrouillaient à la frontière et ont pu se retrouver sur le territoire ukrainien», a déclaré l'homme fort du Kremlin, rappelant que des soldats ukrainiens avaient par le passé également franchi la frontière pour se retrouver en Russie.

«C'est une affaire interne à l'Ukraine»

A propos d'une solution à la crise, il a ajouté qu'on ne pouvait «pas parler d'un cessez-le-feu, de possibles accords entre Kiev, Donetsk et Lougansk. Ce n'est pas notre affaire. C'est une affaire interne à l'Ukraine».

Le président ukrainien Petro Porochenko, qui est «prêt à communiquer 25 heures par jour avec qui que ce soit pour passer de la guerre à la paix», selon son conseiller Valéri Tchaly, va avoir une série de contacts jeudi en Turquie et vendredi à Bruxelles avec des chefs d'État et de gouvernement.

Il a demandé mardi des «actions concrètes» pour assurer le contrôle de la frontière et évoqué une «feuille de route» pour un plan de paix destiné à mettre fin aux affrontements, qui ont déjà fait plus de 2200 morts en quatre mois.

ats

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