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Présidentielle américaineBloomberg attendu au tournant à Las Vegas

Le milliardaire affrontera ce mercredi les autres candidats démocrates lors de son premier débat télévisé pour la campagne présidentielle aux Etats-Unis.

Michael Bloomberg, le milliardaire démocrate en lice pour la Maison Blanche.

Accusé par ses rivaux d'avoir «acheté» sa place dans la présidentielle américaine, Michael Bloomberg devrait faire face mercredi au feu croisé des autres candidats à l'investiture démocrate lors de son premier débat télévisé de la campagne.

Le débat démocrate, organisé dans la soirée à Las Vegas (dès 03h00 en Suisse jeudi), promet d'être houleux entre les candidats qui espèrent défier le républicain Donald Trump lors de la présidentielle de novembre.

Neuvième homme le plus riche du monde en 2019, avec une fortune personnelle estimée à 60 milliards de dollars (environ 59 milliards de francs) selon Forbes, Michael Bloomberg se présente en candidat capable de rassembler au centre. L'ancien maire de New York et patron de l'agence Bloomberg finance sa candidature à coup de centaines de millions de dollars tirés de ses fonds personnels.

Avance pour Sanders

«J'ai quelque chose à dire à Michael Bloomberg: les Américains en ont assez que des milliardaires achètent les élections», a lancé ce week-end le sénateur indépendant Bernie Sanders qui a pris une bonne avance dans la course à l'investiture démocrate selon un sondage national publié mercredi.

Bernie Sanders recueille ainsi 32% des intentions de vote en février, gagnant neuf points depuis janvier, selon l'enquête d'opinion mensuelle Washington Post-ABC. Sans s'être encore présenté à une seule primaire, Michael Bloomberg grimpe lui à la troisième place de ce sondage avec 14%.

En chute, l'ancien vice-président Joe Biden arrive quant à lui en deuxième position avec 16% tandis qu'Elizabeth Warren n'est qu'en quatrième place (12%), suivie par deux modérés avec le vent en poupe, l'ex-maire de South Bend Pete Buttigieg (8%) puis la sénatrice Amy Klobuchar (7%).

Bernie Sanders arrive également en tête de la moyenne des rares sondages menés dans le Nevada, Etat qui votera samedi. Il est suivi par Joe Biden.

Plus de 300 millions de dollars

Après une entrée très tardive dans la campagne, Michael Bloomberg, 78 ans, a opté pour une stratégie rarissime dans l'histoire des primaires: faire l'impasse sur les quatre premiers Etats qui votent en février (Iowa, New Hampshire, Nevada et Caroline du Sud).

Il entrera dans la course lors du «Super Tuesday» du 3 mars, lorsque quatorze Etats voteront. En tablant sur ces Etats riches en «délégués», Michael Bloomberg pense pouvoir compenser son retard.

Une approche vivement critiquée par Pete Buttigieg mardi lors d'un débat organisé par CNN dans le Nevada. «Comment appelez-vous ça, lorsqu'une personne puise dans sa réserve illimitée de millions et de milliards et ne se donne même pas la peine de faire campagne dans des Etats comme le Nevada, l'Iowa ou le New Hampshire ?», a-t-il demandé.

Michael Bloomberg a déjà dépensé plus de 300 millions en spots publicitaires qui tournent en boucle. Il y souligne son engagement pour la lutte contre le changement climatique et contre les violences par armes à feu. Mais sans convaincre l'aile gauche du parti qui observe avec hostilité cet ancien républicain devenu indépendant avant de passer démocrate.

Propos discriminatoires

Les critiques fusent aussi du côté des candidats modérés, qui s'indignent d'anciens propos et politiques de Michael Bloomberg, perçus comme discriminatoires.

L'ancien maire s'est ainsi excusé d'avoir longtemps défendu les interpellations et fouilles arbitraires («stop-and-frisk»), accusées d'avoir suscité une explosion des contrôles au faciès à New York. Il met désormais en avant ses propositions censées aider les minorités et a reçu le soutien d'influents élus noirs qui saluent ses excuses et appellent à aller de l'avant.

Chez les électeurs démocrates, un seul objectif prime: choisir le candidat capable de battre Donald Trump. Et certains voient justement en Michael Bloomberg leur meilleure option.

Railleries de Trump

Les deux milliardaires croisent d'ailleurs déjà le fer sur les réseaux sociaux. Le président républicain surnomme régulièrement le candidat démocrate «Mini Mike», en allusion à sa taille (1,70 m). Mardi, il l'a aussi accusé, sans preuve, «d'acheter illégalement l'investiture démocrate».

Michael Bloomberg le lui rend bien, en affirmant que le républicain a peur de l'affronter à la présidentielle. Ce «self-made man» ironise aussi sur la fortune de Donald Trump, qu'il «a héritée de son père et mal dépensée».

ats

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