Boeing croit toujours dans son 737 MAX

AviationLe nouveau patron de Boeing, David Calhoun, a donné sa première conférence de presse mercredi.

Des Boeing 737 MAX de la compagnie américaine Southwest, cloués au sol.

Des Boeing 737 MAX de la compagnie américaine Southwest, cloués au sol. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

David Calhoun, le nouveau directeur général de Boeing, a ouvert mercredi une nouvelle ère chez l'avionneur, en affichant sa confiance dans le 737 MAX. Il a également promis plus de moyens aux ingénieurs juste avant le vol inaugural du long-courrier 777X prévu jeudi.

Le dirigeant de 62 ans, aux commandes depuis le 13 janvier en remplacement de Dennis Muilenburg limogé pour une gestion jugée calamiteuse de la crise du MAX, a essayé de rassurer à la fois les régulateurs, les salariés, les compagnies aériennes et le président Donald Trump. Le locataire de la Maison Blanche a fait part de sa «grande, grande déception» vis à vis de Boeing dont les déboires sont susceptibles d'avoir de lourdes répercussions sur l'économie américaine.

La production du 737 MAX, plus de deux-tiers du carnet de commandes de Boeing, devrait être «relancée» avant juin, a assuré David Calhoun, à des journalistes, lors d'une conférence téléphonique. «Nous allons reprendre lentement et de façon régulière notre production quelques mois, avant» la remise en service du MAX mi-2020, a-t-il déclaré. Boeing avertira ses sous-traitants auparavant.

Licenciements

Le constructeur aéronautique ne produit plus de MAX depuis janvier, en raison des retards pris dans la levée de l'interdiction de vol frappant cet avion depuis le 13 mars 2019 après deux accidents rapprochés ayant fait 346 morts.

Cette décision a mis sous pression les sous-traitants, obligés d'engager des cures d'austérité. C'est le cas du fabricant américain de fuselages Spirit AeroSystems, qui a dû licencier 2800 personnes et n'exclut pas des suppressions d'emplois supplémentaires. David Calhoun a également assuré qu'il n'y aura ni licenciements ni mesures de chômage technique chez Boeing.

Alors que des experts s'interrogent sur l'avenir du MAX face à la défiance des voyageurs, Boeing croit toujours en cet avion vedette. «Je crois en cet avion. J'y crois parce que nous l'avons fabriqué. Les pilotes y croient. C'est juste que la procédure d'approbation (des avions) est nouvelle», a défendu David Calhoun.

C'est la première fois depuis le déclenchement de la crise du MAX que Boeing organise une conférence de presse. Pendant près d'une heure, David Calhoun ne s'est pas réfugié, comme son prédécesseur, derrière les enquêtes en cours des autorités pour ne pas répondre aux questions dérangeantes. Il s'est voulu direct et franc, répétant plusieurs fois le mot «réaliste» quand il s'est agi d'expliquer les raisons qui ont poussé Boeing à reporter à la mi-2020 la remise en service du MAX.

«C'est une prévision réaliste», a dit cet ancien cadre dirigeant de General Electric (GE), ajoutant que celle-ci tenait compte du fait que Boeing recommandait désormais une formation des pilotes sur simulateur, jugée plus longue. Sans verser dans un mea culpa, il a fait remarquer que Boeing et les régulateurs n'avaient pas correctement anticipé les réactions des pilotes à un dysfonctionnement du système anti-décrochage MCAS mis en cause dans les deux accidents.

Dividende

David Calhoun a par ailleurs promis des moyens supplémentaires aux ingénieurs de Boeing, semblant ainsi répondre aux critiques selon lesquelles la culture d'innovation et de sécurité, au coeur de la stratégie de l'entreprise créée il y a 104 ans, avait été écrasée par le souci de satisfaire les marchés financiers et les actionnaires.

Il sera néanmoins difficile de se débarrasser de cette culture du tout-financier puisque David Calhoun a assuré que le dividende versé aux actionnaires ne sera pas réduit, en dépit de l'explosion des coûts liée aux difficultés du MAX. «Nous allons le maintenir tel quel à moins que quelque chose de dramatique ne survienne», a-t-il défendu.

Experts et observateurs auront l'occasion de juger dès jeudi, lors du vol inaugural prévu, si la météo le permet, du 777X dans la région de Seattle (nord-ouest), les promesses de changement de David Calhoun. Le développement de ce long-courrier a été marqué par de nombreux problèmes, dont ceux du moteur, et des incertitudes entourent sa date de mise en service. (ats/nxp)

Créé: 23.01.2020, 01h00

La météo force Boeing à repousser le vol inaugural du 777X

La météo a forcé Boeing à repousser le vol inaugural du long courrier 777X, initialement prévu jeudi dans les environs de Seattle dans le nord-ouest des États-Unis, selon un bref communiqué de la compagnie. «Nous repoussons le premier vol du 777X qui était prévu demain, le 23 janvier à cause de la météo», souligne le communiqué, qui précise que les équipes en charge de l'organisation de cette étape très importante dans la vie d'un avion, étudient la possibilité de voler vendredi 24 janvier. Le 777X a pris du retard et son premier vol était initialement prévu à l'été 2019, mais avait dû être repoussé en raison de problèmes avec le nouveau moteur GE9X, fabriqué par General Electric, et de difficultés avec les ailes et la validation des logiciels.

Articles en relation

Un nouveau problème détecté sur le 737 MAX

Aviation Boeing s'est rendu compte du dysfonctionnement, jugé «mineur», d'une pièce lors d'un «examen technique». Plus...

Moody's menace de baisser la note de Boeing

Etats-Unis L'agence de notation dit qu'elle étudier la possibilité de donner un signal négatif quant à la solidité financière de l'avionneur, après les défaillances du 737 MAX. Plus...

Dossiers préoccupants sur le Boeing 737 MAX

États-Unis Le constructeur américain Boeing a transmis mardi de nouveaux documents au Congrès, qui semblent dessiner un «tableau très inquiétant» en matière de sécurité. Plus...

Pas de survivants dans le crash d'un Boeing à Téhéran

Iran Un Boeing d'Ukraine Airlines s'est écrasé après le décollage à Téhéran mercredi. Il y a au moins 170 victimes, principalement des Iraniens et des Canadiens. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.