Boko Haram enlève 17 jeunes

CamerounLe groupe djihadiste, nigérian a kidnappé jeudi 21 civils âgés entre 11 et 20 ans. Quatre d'entre eux sont parvenus à s'enfuir.

Soldats nigérians.

Soldats nigérians. Image: archive/AFP

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Dix-sept jeunes âgés de 11 à 20 ans ont été enlevés mercredi soir par Boko Haram dans la région de l'Extrême-Nord du Cameroun, en proie depuis plus de cinq ans aux attaques du groupe djihadiste, nigérian.

«Boko Haram a attaqué autour de 23H00 (22H00 GMT) la localité de Mbreche, située à une trentaine de kilomètres de la frontière avec le Nigeria. Ils ont enlevé 21 personnes, mais 4 ont réussi à s'enfuir. 17 restent en captivité», a affirmé à l'AFP une autorité administrative locale.

Jeunes otages

Les civils kidnappés sont des garçons et des filles âgés entre 11 et 20 ans. «L'armée a lancé une opération de ratissage qui se poursuit. Parmi les quatre personnes qui sont revenues, une a dit avoir reconnu chez les ravisseurs des habitants de Mbreche qui ont été enrôlés par Boko Haram», a ajouté cette source.

Le nombre de personnes enlevées a été confirmé à l'AFP par un officier de police se trouvant dans la zone. «Des recherches ont été engagées pour retrouver les 17 otages», a-t-il dit.

Boko Haram, dont l'insurrection a débuté en 2009 au Nigeria, a étendu ses attaques au carrefour du Niger, du Tchad et du Cameroun. Bien qu'affaibli, il reste actif dans l'extrême-nord du Cameroun, où vivent quatre millions de personnes.

Bétail, femmes et enfants

Depuis 2014, les autorités camerounaises ont compté près de 13.000 attaques sur leur territoire qui ont fait «plusieurs milliers» de morts. L'insurrection a forcé plus de 250.000 personnes à fuir leur domicile, et provoqué un afflux de 60.000 réfugiés nigérians.

Depuis sa création, Boko Haram s'est scindé en deux, avec l'émergence d'une branche qui a fait allégeance au groupe Etat islamique (EI), l'ISWAP (Groupe de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest).

L'autre faction loyale au chef historique du mouvement, Abubakar Shekau, est connue pour cibler les civils, notamment dans des attaques de villages et des attentats-suicides. L'ISWAP, qui compte environ 3.000 hommes regroupés au niveau du lac Tchad, renforce ses capacités depuis un an et vise surtout l'armée.

Ces groupes effectuent des incursions au Cameroun à la recherche de «réserves alimentaires», comme du bétail, «et de valeurs marchandes comme femmes et enfants» qui sont échangés contre des rançons, enrôlés de force ou convoitées comme épouses. Face à ce type d'attaques répétées, les habitants ont pris l'habitude de se cacher dans les montagnes environnantes.

Economie locale en ruines

Boko Haram cible également les militaires de l'armée camerounaise. Mi-septembre, six soldats avaient péri dans une attaque attribuée à Boko Haram, neuf avaient été blessés. Trois mois plus tôt, en juin, 17 militaires et 9 civils avaient également perdu la vie. Dans la région de l'Extrême-Nord du Cameroun, l'économie locale s'est effondrée, plombée par la chute des échanges transfrontaliers et du tourisme, qui était très développé dans la région.

Le pays est également confronté à une grave crise dans ses zones anglophones (régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest), où depuis deux ans des séparatistes et l'armée se livrent une guerre sans merci, dans laquelle plus de 3.000 personnes ont déjà trouvé la mort, selon des ONG.

Fin octobre, l'ancienne puissance coloniale, la France, avait annoncé accorder une aide de 45 millions d'euros à cette région du Cameroun.

Depuis 2015, les pays de la région luttent contre ces djihadistes au sein de la Force multinationale mixte (FMM), une coalition régionale engagée autour du lac Tchad, avec l'aide de comités de vigilance composés d'habitants. (afp/nxp)

Créé: 05.12.2019, 18h34

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