Bouteflika appelle à la vigilance pour éviter le «chaos»

AlgérieA la veille d'une grande marche en Algérie, Abdelaziz Bouteflika brandit, dans un communiqué, le risque de «chaos» dû à une «infiltration» des manifestants.

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Abdelaziz Bouteflika a appelé jeudi à «la vigilance» contre une possible «infiltration» du mouvement de contestation contre sa candidature à un 5e mandat, susceptible de provoquer le «chaos». Selon son entourage, le président algérien, toujours hospitalisé à Genève, va bien.

«Nombre de nos concitoyens et concitoyennes» ont manifesté «à travers les différentes régions du pays, afin d'exprimer pacifiquement leurs opinions», indique M. Bouteflika dans un message diffusé par l'agence officielle APS. Il n'évoque pas le mot d'ordre de rejet de sa candidature à la présidentielle du 18 avril.

Dans ce message, le chef de l'Etat «se félicite de cette maturité de (ses) concitoyens (...) et du fait que le pluralisme démocratique, pour lequel nous avons tant milité, soit désormais une réalité palpable».

Appel aux mères

«Néanmoins, nous nous devons d'appeler à la vigilance et à la prudence quant à une éventuelle infiltration de cette expression pacifique par une quelconque partie insidieuse, de l'intérieur ou de l'extérieur, qui pourrait (...) susciter la Fitna (discorde) et provoquer le chaos avec tout ce qu'ils peuvent entraîner comme crises et malheurs», met-il en garde.

«Je vous exhorte aujourd'hui tous, et en premier lieu les mères, à veiller à la préservation de l'Algérie, en général, et de ses enfants en particulier», ajoute-t-il, après avoir rappelé la «tragédie nationale» de la décennie de guerre civile (1992-2002).

La main de l'étranger

«Autour de nos frontières se jouent des crises et des tragédies induites par le terrorisme (...) nous nous devons d'être prudents et vigilants afin de préserver notre cher pays», explique également M. Bouteflika, réfutant toute «logique d'intimidation» dans ses propos.

«Nombreux sont les haineux à l'étranger à regretter que l'Algérie ait traversé paisiblement et sereinement, grâce à vous (...), la déferlante du printemps arabe», poursuit-il, dénonçant «ces cercles» qui «n'ont jamais cessé de conspirer contre notre pays».

Manifestations

En annonçant sa candidature le 10 février, M. Bouteflika a déclenché une contestation jamais vue depuis qu'il a été élu la première fois il y a exactement vingt ans. Jeudi, un millier d'avocats du barreau d'Alger sont rassemblés devant le siège du Conseil constitutionnel, réclamant qu'il invalide la candidature du chef de l'Etat à un cinquième mandat.

Plusieurs dizaines de journalistes - de médias privés et publics de presse écrite et du secteur de l'audiovisuel - se sont également rassemblés pour le deuxième jeudi consécutif sur la Place de la Liberté de la Presse, dans le centre d'Alger, pour protester à nouveau contre les «pressions» exercées selon eux par leur hiérarchie dans leur couverture du mouvement de contestation.

M. Bouteflika a également perdu au cours des dernières 24 heures le soutien, qui lui est habituellement acquis, des trois importantes associations liées à la guerre d'indépendance dont il est un ancien combattant, selon des communiqués publiés dans les médias locaux.

Une nouvelle journée de protestation nationale est prévue vendredi. La mobilisation, annoncée forte sur les réseaux sociaux par lesquels transitent les appels à la contestation sera scrutée de près alors que le camp présidentiel estime que le chef de l'Etat a répondu aux revendications.

Bouteflika va bien

Agé de 82 ans et affaibli par les séquelles d'un AVC en 2013, M. Bouteflika est hospitalisé depuis le 24 février à Genève pour des «examens médicaux périodiques», selon la présidence algérienne.

Ces examens seront bientôt terminés, a assuré jeudi son directeur de campagne, Abdelghani Zaalane, au quotidien arabophone «El Khabar». Son état de santé «n'inspire aucune inquiétude». Les informations de presse faisant état d'une dégradation de son état de santé, «sont sans fondement», a-t-il assuré.

La «Tribune de Genève» a notamment écrit que le président algérien se trouve «sous menace vitale permanente» en raison de la dégradation de ses réflexes neurologiques.

Selon M. Zaalane, seules les urnes diront si les récentes propositions de réformes du candidat Bouteflika ont convaincu les Algériens. Afin de tenter de calmer la contestation, M. Bouteflika s'est engagé, s'il est élu, à ne pas aller au bout de son mandat et à quitter le pouvoir après de profondes réformes, décidées par une conférence nationale.

(ats/nxp)

Créé: 07.03.2019, 16h50

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