Les USA critiqués pour leur hégémonie sur Internet

Sommet NETmundialAu premier jour du sommet NETmundial de Sao Paulo, les Etats-Unis ont été pointés du doigt pour leur hégémonie sur la gouvernance de l'Internet. Ce sommet réunit 80 pays, dont la Suisse.

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Ce sommet de deux jours réunit des représentants de 80 pays. Il est censé poser les jalons d'une gouvernance mondiale qui «doit être multipartite, transparente et ouverte à tous. Nous voulons vraiment avoir des relations qui soient plus démocratiques», a martelé Mme Rousseff.

Gouvernements, universitaires, instituts techniques, acteurs privés et ONG doivent s'accorder sur des principes généraux et sur une feuille de route définissant des objectifs pour le futur du réseau qui a fêté ses 25 ans. «Notre idée n'est pas de remplacer ce qui existe, mais de créer une nouvelle base pour ce débat», a souligné la présidente brésilienne.

«Système vampirisé»

A l'été 2013, les révélations d'Edward Snowden avaient déclenché la colère de Brasilia. L'ex-consultant de l'Agence américaine de sécurité (NSA) avait divulgué que les communications de la présidence brésilienne avaient été écoutées.

«La confiance a été détruite (...) Nous devons connaître les règles du jeu et s'y plier», a plaidé à l'ouverture du NETmundial Nenna Nwakanma, de l'institut Web Fondation. «Il faut passer d'un système vampirisé par un seul acteur à un processus ouvert et participatif».

«Notre grand défi est d'inventer un modèle inclusif, juste, qui refuse les oligarchies et la concentration des pouvoirs», a estimé Axelle Lemaire, secrétaire d'Etat française chargée du Numérique.

Contrôle multilatéral

Peu après le scandale des écoutes, qui avait concerné d'autres dirigeants mondiaux, Dilma Rousseff avait -en septembre 2013- avancé l'idée devant les Nations unies d'un contrôle multilatéral de l'utilisation d'Internet. Elle faisait écho aux aspirations de plusieurs organismes du web, soucieux de leur indépendance vis-à-vis de Washington.

Pour des raisons principalement historiques, les Etats-Unis contrôlent ou hébergent les principaux organismes administrant les adresses, noms de domaines, normes et protocoles du web. Une situation qui provoque depuis des années frustrations et grincements de dents parmi les acteurs du net et certains gouvernements.

Pression diplomatique

Longtemps inflexibles, les Etats-Unis ont plié sous la pression diplomatique le mois dernier. Washington a cédé du terrain sur la supervision de l'Icann («Internet Corporation for Assigned Names and Numbers»), organisme qui délivre notamment les noms de domaine sur Internet, comme .com ou .gov, et dont le siège se trouve en Californie.

Mercredi, Mme Rousseff a salué la décision prise par Washington «de revoir son lien institutionnel» avec l'Icann. La veille, le Département d'Etat s'est dit «enthousiaste» à l'idée de «développer une vision partagée pour un modèle multi-acteurs de la gouvernance d'Internet en quête d'un système plus ouvert, participatif et réactif».

Principes non contraignants

Baptisé NETmundial en cette année de Coupe du monde de football au Brésil, cette réunion s'est donnée comme mission de concilier les intérêts de pays victimes de l'espionnage de la NSA, d'Etats contrôlant accès et contenu Internet (Chine), d'acteurs privés jalousant leur liberté (Google) et de libertaires radicaux (WikiLeaks).

Face à une telle gageure, beaucoup craignent que le document final soit dénué de substance. Même si les principes adoptés ne seront pas contraignants, ils auront le mérite de marquer le point de départ d'une véritable gouvernance mondiale.

Un «Cadre civil»

Dans une volonté manifeste de donner un élan à cette réunion, Mme Rousseff a signé à l'ouverture du NETmundial la promulgation du «Cadre civil» pour l'Internet voté mardi soir par le Congrès brésilien.

Ce texte garantit la liberté d'expression mais surtout la protection de la confidentialité de l'usager contre toute violation et utilisation indue de ses données. Celles-ci sont désormais passibles de sanctions ad-hoc. (ats/nxp)

Créé: 23.04.2014, 20h02

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