Le Brexit aura un coût pour l'économie

Royaume-UniUn rapport du gouvernement britannique montre qu'une sortie sans accord amputerait le produit intérieur brut du Royaume-Uni de 9,3% en 15 ans.

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Le Brexit aura un coût pour l'économie britannique, quel que soit le scénario de sortie de l'Union européenne, a averti mercredi le gouvernement britannique dans un rapport qui met en avant que l'accord négocié par Theresa May limitera, lui, les dégâts.

Alors que le vote des députés britanniques le 11 décembre sur l'accord scellé par la Première ministre dimanche avec les 27 autres pays de l'UE s'annonce loin d'être gagné, le rapport souligne qu'une sortie sans accord amputerait le produit intérieur brut du Royaume-Uni de 9,3% en 15 ans.

L'accord trouvé par Mme May, décrié y compris par son Parti conservateur, coûterait lui 3,9% au PIB du pays.

100 milliards de livres par an

Les deux chiffres assument le fait que le Royaume-Uni pourra conclure tous les accords de libre-échange qu'il espère, affirme le rapport de 83 pages, qui souligne toutefois que ces projections doivent être prises avec des pincettes «en raison des incertitudes inhérentes à ce type d'analyse économique».

«Cette analyse ne montre pas que nous serons plus pauvres à l'avenir», a déclaré Mme May devant les députés britanniques, qu'elle essaie de convaincre de voter pour l'accord conclu à Bruxelles après 17 mois de négociations difficiles. «Elle montre que nous irons mieux avec cet accord».

Mais à moins de deux semaines du vote, Mme May est loin de disposer du nombre de voix requis et les critiques reçues mercredi lui ont donné un avant-goût de la résistance qui l'attend.

«Il est maintenant clair que le Parlement ne soutiendra pas ce plan», lui a notamment lancé le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn, estimant qu'il était «temps de travailler à un autre plan».

Outre les travaillistes, l'allié nord-irlandais de Theresa May, le petit parti unioniste DUP, des députés conservateurs favorables à un Brexit dur, les europhiles du Parti libéral-démocrate et les députés écossais indépendantistes, s'opposent à l'accord.

Tentant de s'attirer le soutien des Britanniques et par ricochet celui de leurs représentants parlementaires, Mme May s'est engagée dans une tournée du pays qui la mènera mercredi après-midi près de Glasgow, plus grande ville d'Ecosse.

«C'est un accord qui est bon pour les employeurs écossais et qui protégera les emplois», doit déclarer la Première ministre, selon des extraits de son discours communiqués à l'avance.

«Inacceptable»

Theresa May tentera tout particulièrement de rassurer sur la question de la pêche, hautement sensible en Ecosse.

A la veille de cette visite, la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon, cheffe du parti indépendantiste SNP, a toutefois fustigé l'accord, s'appuyant sur une étude publiée par son gouvernement selon laquelle l'accord négocié par Mme May rendrait les Ecossais «plus pauvres», et le qualifiant d'«inacceptable».

La leader du DUP, Arlene Foster, a utilisé ce même qualificatif à l'issue d'une rencontre à Belfast avec Theresa May. Rejetant le statut spécial accordé à l'Irlande du Nord dans l'accord afin d'éviter le retour à une frontière physique sur l'île d'Irlande, elle a appelé la Première ministre à travailler à une autre «voie».

Theresa May et ses principaux soutiens espèrent qu'une fois confrontés au vote, les parlementaires se montreront raisonnables. «Il est clair qu'il n'y a pas de consensus au Parlement» sur ce plan, a déclaré le ministre des Finances Philip Hammond sur la BBC Radio 4, avant de souligner qu'«il était plus difficile de voir ce sur quoi il y avait consensus» tout court.

Un sondage réconfortant

Un sondage publié mercredi par le tabloïd Daily Mail, spectaculairement passé de l'europhobie militante à une position très modérée à l'occasion d'un changement de rédacteur en chef, pourrait réconforter Mme May: 52% des 1030 personnes interrogées en ligne par l'institut Survation pensent que son accord est le meilleur possible contre 19% qui pensent le contraire.

Mais dans le même temps, 48% des sondés réclament un second référendum (contre 34%). Une solution qui a reçu le soutien inattendu d'un responsable du Parti travailliste qui jusqu'ici s'y est officiellement opposé, comme Theresa May.

Son responsable pour les questions économiques John McDonnell a estimé mardi que cela «pourrait être une option à saisir», lors d'un événement organisé par le quotidien The Guardian, admettant pour la première fois qu'il préférerait voter pour rester dans l'UE plutôt que risquer un «no deal». (ats/nxp)

Créé: 28.11.2018, 14h49

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