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Le Brexit fait sauter les divisions entre les partis

À la veille d’un vote crucial, Theresa May peine à rallier ses troupes, suscitant d’improbables alliances.

Theresa May soumettra son projet d'accord sur le Brexit au vote du parlement mardi.
Theresa May soumettra son projet d'accord sur le Brexit au vote du parlement mardi.
Phil Noble, Reuters

Le Brexit avait commencé à brouiller les lignes de démarcation traditionnelles entre les partis politiques britanniques. Le blocage du parlement suite à l’absence de consensus sur les options à venir est en train de les faire tomber. Jeudi dernier, le chef du parti travailliste, Jeremy Corbyn, a officiellement appelé les députés conservateurs mécontents de l’accord de retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE) à voter avec le Labour afin de faire tomber le gouvernement et de provoquer une élection générale anticipée.

«Mettre fin à l’impasse actuelle»

«Le Parti travailliste déposera une motion de défiance contre le gouvernement au moment où nous jugerons qu’elle aura le plus de chances de réussir», a-t-il prévenu alors que les députés sont appelés à se prononcer ce mardi sur l’accord négocié par la première ministre, Theresa May. «Le Labour n’a pas assez de députés au parlement pour remporter un vote seul, donc les députés du parti opposé doivent voter avec nous pour mettre fin à l’impasse actuelle.»

Jeremy Corbyn sait que son appel à faire tomber le gouvernement de Theresa May a peu de chances d’aboutir. Les rebelles conservateurs seraient vraisemblablement expulsés de leur parti et aucun d’entre eux ne désire voir l’organisation d’une élection où ils pourraient perdre leur siège. Cet appel désespéré confirme pourtant bien la paralysie totale du jeu parlementaire depuis l’élection générale de juin 2017. Le Parti conservateur a alors perdu sa majorité absolue et doit désormais compter sur le soutien des dix élus du Parti démocratique unioniste (DUP) pour disposer d’une courte majorité. Cette alliance n’a pas empêché l’opposition, composée du Labour, des libéraux-démocrates, du Parti national écossais, des indépendantistes gallois et des Verts, de défaire plusieurs fois le gouvernement lors de votes liés au processus du Brexit grâce au soutien d’une vingtaine de députés conservateurs.

La multiplication de ces rébellions explique en grande partie l’appel de Jeremy Corbyn. Surtout que l’un de ces députés conservateurs, résolument opposé à une sortie de l’UE sans accord, était même allé plus loin la semaine dernière: Oliver Letwin avait demandé en plein débat aux Communes si le Labour était prêt à négocier le maintien du pays dans le marché unique et l’union douanière dans le cas où l’accord de Theresa May serait rejeté mardi. Et ce même si la dirigeante conservatrice considère cette option comme une trahison du référendum.

Rencontre avec les travaillistes

Preuve supplémentaire que les lignes de division traditionnelles entre les partis sont en train de sauter et de s’aligner, au moins momentanément, sur les résultats locaux du référendum, des députés travaillistes issus de circonscriptions ayant voté «Leave» (ndlr: du nom de la campagne en faveur du Brexit) ont rencontré la semaine dernière la première ministre pour voir s’il leur était envisageable de soutenir son accord. Ils avaient auparavant déposé un amendement au vote de mardi destiné à s’assurer que le droit du travail ne sera pas affaibli après le Brexit. Cet amendement permet à ces députés de prouver à leurs électeurs leur engagement à ce que le résultat du référendum soit respecté, c’est-à-dire à ce que le pays quitte bien l’organisation européenne, tout en s’assurant de la protection des droits des travailleurs, une considération traditionnelle du Labour. Ils seraient alors en mesure de justifier leur soutien au projet de Theresa May malgré l’opposition résolue de la direction de leur propre parti.

Ce scénario avait déjà été envisagé cet automne par plusieurs élus travaillistes. La députée Caroline Flint avait prévenu qu’elle voterait en faveur de l’accord de Theresa May si celui-ci s’avérait «raisonnable». Elle n’est visiblement pas la seule: un député travailliste a anonymement assuré au quotidien «The Guardian» que de nouvelles réassurances pourraient encourager 40 à 80 de ses collègues à se rallier au projet gouvernemental. Et donc peut-être permettre son approbation par le parlement si Theresa May organise un nouveau vote après avoir perdu celui de ce mardi.

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