La tension monte, avant le résultat des régionales

FranceLa population était appelée aux urnes, dimanche, pour le second tour des élections régionales. Le Front national était sorti du bois au premier tour.

Les Français votaient dimanche.

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A 17h, la participation à ce scrutin régional était en forte hausse, de 7,5 points, par rapport au premier tour du 6 décembre.

La mobilisation est cruciale pour l'issue de la consultation, également suspendue aux reports de voix de gauche vers la droite pour faire barrage au Front national (FN) de Marine Le Pen dans plusieurs régions.

Un mois pile après les attentats djihadistes du 13 novembre à Paris qui ont fait 130 morts, la sécurité a été renforcée aux abords des bureaux de vote. Les premières estimations de résultats sont attendues à 20h.

L'extrême-droite pousse

Environ 45 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes de dimanche. Au premier tour, un sur deux les avait boudées. A Clermont-Ferrand (centre), Abdel, 38 ans, s'est de nouveau abstenu: «Je ne crois plus aux politiques (...) Ils n'auront pas ma voix, même pour battre le FN.»

«Je suis allée voter pour donner une leçon», explique au contraire Fabienne à Marseille (sud-est). Cette VRP de 60 ans a «choisi la blonde», Marion Maréchal-Le Pen, nièce de Marine et étoile montante de l'extrême droite. «C'est la seule alternative», renchérit Géraldine Muller, une quinquagénaire qui a également voté FN à Forbach (est). «De plus en plus de gens ne font plus la différence entre la droite et la gauche avec des promesses jamais tenues.»

Les régions françaises, redessinées l'an dernier pour porter leur taille au niveau des Länder allemands, gèrent un budget global de 29 milliards d'euros par an. Elles sont les seules collectivités à pouvoir aider directement des entreprises.

La prise par l'extrême droite d'une ou plusieurs d'entre elles serait une première en France, où le FN, avec un discours europhobe et anti-immigration, grimpe depuis cinq ans en surfant sur le rejet des partis classiques impuissants face à la crise. Au premier tour, il a décroché un score national record de près de 28% et la première place dans 6 régions sur 13.

Un revers au 2e tour?

La semaine dernière, Marine Le Pen et Marion Maréchal-Le Pen ont réalisé dans le Nord (Nord Pas-de-Calais Picardie) et le Sud-Est (Provence Alpes Côte d'Azur) les deux meilleures performances du parti, avec chacune plus de 40% des voix. Mais des sondages les donnaient perdantes dimanche dans ces deux régions, où les socialistes au pouvoir se sont désistés au profit des candidats de droite.

Les meilleures chances du FN pourraient être dans l'Est (Alsace Champagne-Ardennes Lorraine) avec le bras droit de Marine Le Pen, Florian Philippot, opposé à un candidat de droite et un socialiste qui a refusé la consigne de son parti de se retirer. La Bourgogne-Franche-Comté (centre-est) semble aussi à la portée de l'extrême droite.

«Pourrir la vie du gouvernement»

Ecourtée par les attentats, la campagne s'est achevée dans un climat d'invectives.

Le Premier ministre socialiste Manuel Valls a brandi la menace d'une «guerre civile» si le FN prend le pouvoir. Marine Le Pen a promis de «pourrir la vie du gouvernement» en cas de victoire dans le Nord.

A seize mois du premier tour de la présidentielle, pour lequel Marine Le Pen est en tête des intentions de vote, l'issue des élections régionales est lourde d'enjeux, notamment à droite où les résultats du 6 décembre ont été décevants (27%).

Les lendemains du scrutin risquent de mettre à mal les ambitions pour 2017 de l'ex-président Nicolas Sarkozy (2007-2012), confronté à deux rivaux coriaces, les anciens Premiers ministres Alain Juppé et François Fillon.

Sa stratégie, consistant à disputer à l'extrême droite ses thèmes fétiches (sécurité, immigration, identité nationale), n'a pas freiné l'érosion d'une partie de l'électorat conservateur vers le FN et divise sa formation.

A gauche, le «front républicain» face au FN prôné par les socialistes, en déclin aux régionales, est vu par certains comme une stratégie visant à présenter le président François Hollande, dont la popularité a rebondi après les attentats, comme le meilleur rempart en 2017. (afp/nxp)

Créé: 13.12.2015, 08h48

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