«Dans un camp comme l'autre, la vie humaine est méprisée»

Israël et PalestineLe président Abbas condamne l’assaut contre la tombe de Joseph. Les Israéliens, eux, ont ordre de «tirer pour tuer».

L’incendie du tombeau de Joseph à Naplouse.

L’incendie du tombeau de Joseph à Naplouse. Image: REUTERS

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«Une insulte à notre culture, notre religion et nos valeurs morales.» C’est en ces termes forts que le président palestinien Mahmoud Abbas a condamné l’attaque ce vendredi, à coup de cocktails Molotov, du tombeau de Joseph, lieu de pèlerinage pour les juifs religieux à Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie. Le chef de l’Autorité palestinienne, à laquelle incombe la gestion de la ville, promet une enquête et la réparation des dégâts causés par l’incendie.

Etonnante condamnation de la part d’un leader qui était resté silencieux jusqu’à mercredi soir, annonçant soudain à la télévision son soutien aux actes de résistance pacifique… tout en refusant de dénoncer les attaques au couteau, dont plusieurs ont ciblé des civils et même des enfants. Plus troublant encore: ce vendredi, les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa (milice liée au Fatah de Mahmoud Abbas), ont posté sur Twitter un appel à poursuivre les attaques et annoncé par ailleurs la rupture d’une trêve d’un an. Bref, l’ambiguïté règne.

L'ordre de "tirer pour tuer"

Côté israélien, l’ONG de défense des droits de l’homme B’Tselem se déclare choquée par ce mépris de la vie humaine, rappelant qu’un garçon juif de 13 ans a été grièvement blessé. Mais l’organisation note aussi que les autorités de l’Etat hébreu ne sont pas en reste, elles qui appellent les forces de l’ordre à «tirer pour tuer» - et non pas pour arrêter - les Palestiniens qui viennent d’attaquer des juifs, qui s’apprêtent à le faire ou qui en sont suspectés. Et cela, «même quand ils ne représentent plus une menace» ou quand il y aurait d’autres moyens de les stopper.

A cela s’ajoute l’écœurante guerre des images que se livrent les deux camps, diffusant sur les réseaux sociaux des vidéos d’attaques palestiniennes et d’exécutions par les forces israéliennes. Ce fut notamment le cas, ce vendredi, d’un homme portant un gilet de photographe de presse, qui a été abattu en Cisjordanie après avoir poignardé et sérieusement blessé un soldat israélien.

Paradoxes

Cela dit, malgré plus de deux semaines d’escalade dans la violence (qui a déjà fait 37 morts et des centaines de blessés), le «vendredi de la révolution» n’a pas franchement eu lieu, malgré l’appel à la mobilisation qu’avaient lancé toutes les organisations palestiniennes.

Le fait le plus marquant de la journée aura donc bel et bien été l’incendie du tombeau de Joseph, qui alimente depuis longtemps les tensions israélo-palestiniennes au même titre que d’autres sites religieux de la Cisjordanie occupée, comme le Caveau des patriarches à Hébron ou la Tombe de Rachel à Bethléem. Paradoxalement, ce tombeau incendié par des dizaines de Palestiniens (comme lors de la deuxième Intifada en 2000), revêt aussi une importance pour les musulmans puisque la dépouille d’une figure religieuse locale y reposerait.

Créé: 17.10.2015, 10h41

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