Priorité au pompage des 38 tonnes de carburant

Cargo échoué à BonifacioUn cargo s'est échoué dans la nuit de samedi à dimanche en plein coeur de la célèbre réserve naturelle de Bonifacio.

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Presque 48 heures après l'échouage dans la réserve naturelle de Bonifacio d'un cargo, la priorité était de pomper les 38 tonnes de carburant à bord, ont annoncé lundi soir les autorités, qui veulent aussi «sécuriser» le navire face aux mauvaises conditions météorologiques attendues mardi.

«Il y a 38 tonnes de carburant et c'est notre priorité», a indiqué sur place lundi le préfet maritime de la Méditerranée Laurent Isnard, ajoutant que les secours travaillaient aussi à immobiliser le bateau pour qu'il résiste aux fortes pluies et au vent prévus mardi sur le site.

L'évacuation totale du bateau pourrait quant à elle prendre «quelques jours comme (...) quelques mois», a poursuivi le préfet: «des experts d'architecture navale» étudient l'état du cargo de 4.000 tonnes qui transportait 2.650 tonnes de bobines d'acier, pour voir «les efforts qu'il peut supporter», en particulier en cas de remorquage.

Lundi matin, la préfecture maritime avait indiqué devoir «alléger» le cargo avant de pouvoir le remorquer, ajoutant que l'armateur et ses assureurs travaillaient «sur des solutions».

«Une à deux brèches sur le pic avant» du navire ont été détectées, dont une a «été obturée», a aussi précisé M. Isnard, assurant que les équipes sur place étaient «en mesure d'évacuer l'eau qu'il y a à l'intérieur».

«Pas acceptable»

Soulagée qu'«aucune pollution n'ait été constatée», la ministre de la Transition écologique et solidaire, chargée des Transports, Élisabeth Borne a quant à elle fustigé un accident qui n'est «pas acceptable», et déploré un probable «défaut de vigilance de la part de l'équipage».

Elle compte «remonter à la charge» auprès de l'Organisation maritime internationale (OMI) «pour obtenir des règles plus strictes sur la navigation dans ces Bouches de Bonifacio» avec notamment «des dispositifs de séparation de trafic pour bien gérer le trafic, des obligations notamment de pilotage et puis des interdictions de matières dangereuses».

Construit en 1998, le Rhodanus, propriété de l'armateur allemand West-Trade Logistic GmbH et disposant d'assurances allemandes et anglaises, selon le préfet maritime, est parti du port italien de Tarente et devait rejoindre lundi Port-Saint-Louis-du-Rhône (Bouches-du-Rhône).

Dimanche vers 03H00, le bateau battant pavillon d'Antigua-et-Barbuda (Antilles), avec à son bord sept membres d'équipage, devait pénétrer dans les Bouches de Bonifacio.

«Mais il n'a pas viré à temps et a poursuivi sa route vers la côte, en dépit des appels répétés du Centre opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) en Corse, du sémaphore de Pertusato et de la station italienne Maddalena pendant près de 50 minutes», avait indiqué dimanche matin la préfecture maritime.

«Récidive»

Situées entre la Corse et la Sardaigne, les Bouches de Bonifacio s'étendent sur 80.000 hectares. En 2011, le détroit a été reconnu par l'Organisation maritime internationale comme Zone maritime particulièrement vulnérable (ZMPV).

Le bâtiment de soutien, d'assistance et de dépollution Jason, avec à son bord un barrage anti-pollution, est notamment arrivé sur zone dimanche soir et un arrêté a été pris pour interdire la navigation et les activités nautiques dans un rayon de 1.000 mètres autour du navire.

Selon l'association écologiste Robin des Bois, le navire a notamment fait l'objet de plusieurs «déficiences relevées par les inspecteurs de sécurité maritime à Séville en janvier 2018 (fatigue de l'équipage) et à Bizerte en mars 2017 (conditions de travail)». Il a également été «détenu en 2010 à Naples (Italie) pour une déficience opérationnelle relative à la surveillance du voyage».

«Ce bateau s'est déjà échoué de l'autre côté en 2010 et c'était le même armateur et le même bateau», a également affirmé le président indépendantiste de l'Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni, également présent sur les lieux lundi. Déplorant cette «récidive», il a appelé à «réfléchir aux moyens de contraindre les armateurs à avoir des conditions beaucoup plus strictes s'agissant notamment de l'équipage et de la façon de travailler».

Il y a tout juste un an, la collision de deux navires, un tunisien, et un chypriote, au large du Cap Corse, avait entraîné la formation d'une nappe d'hydrocarbures, dont des résidus avaient souillé des dizaines de plages du littoral sud-est de la France. (afp/nxp)

Créé: 14.10.2019, 14h07

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