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GuatemalaChahuté, le président appelle à l'unité nationale

Jimmy Morales, contesté après avoir mis fin à une mission anticorruption de l'ONU, tente de ramener le calme.

Le président du Guatemala, Jimmy Morales.
Le président du Guatemala, Jimmy Morales.
AFP

Le président sortant du Guatemala Jimmy Morales en a appelé lundi à la souveraineté et l'unité nationale. Sa décision de mettre fin à une mission anticorruption de l'ONU qui le soupçonne de financement frauduleux de sa campagne électorale en 2015 a poussé des centaines de manifestants dans les rues.

Le président Morales (droite), un ancien humoriste de télévision âgé de 49 ans, a présenté lundi le troisième rapport annuel d'activité de son gouvernement devant le Congrès, avant les élections générales de juin, devant un Congrès. Il a demandé que «s'unissent tous les Guatémaltèques (...) tous les fils de la patrie pour défendre notre liberté, notre souveraineté et nos lois».

La semaine dernière, le chef de l'Etat a mis fin unilatéralement à la mission de la Commission internationale contre la corruption et l'impunité au Guatémala (CICIG), à l'oeuvre depuis 2007 et dont le mandat expire en septembre. Lors de sa campagne électorale, Jimmy Morales s'était engagé à prolonger la mission de la CICIG au-delà de 2019.

Le bras de fer avec la mission onusienne, accusée de violer la souveraineté du pays, a été engagé après que la mission onusienne avait demandé l'été dernier la levée de l'immunité du président pour enquêter sur le financement de la campagne électorale présidentielle. Le président s'est heurté à l'opposition de la Cour constitutionnelle, plus haute instance judiciaire du pays, sans que le pouvoir exécutif en tienne compte.

Protéger le «cercle des corrompus»

Cette décision a poussé des centaines de manifestants dans les rues du centre de Guatemala, la capitale, notamment des militants d'organisations paysannes, d'indigènes et d'étudiants. Au moins neuf barrages ont aussi été érigés sur des routes du pays.

«La souveraineté et le nationalisme, ce sont les arguments que les politiciens corrompus emploient lorsqu'ils ne savent plus que faire», a assuré à l'AFP Calixto Morales, un manifestant de 31 ans. «C'est évident qu'ils sont en train d'adopter une stratégie pour protéger le premier cercle des corrompus, composé de fonctionnaires, de chefs d'entreprise, de militaires, et autres proches» de Jimmy Morales, selon cet anthropologue.

Un autre manifestant, qui a demandé à conserver l'anonymat par peur de représailles, réclame lui aussi le maintien de la CICIG, «venue pour s'attaquer à la racine à la bande de corrompus au Guatemala».

Les patrons avec le président

Lundi, la Haut commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme, l'ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, a demandé dans un communiqué au gouvernement du Guatemala de garantir les libertés et les institutions démocratiques. Et de faire part de «sa grande inquiétude face à ce qui semble l'affaiblissement» d'organes comme la Cour constitutionnelle.

Des appels pour d'autres manifestations contre le gouvernement et en soutien à la CICIG ont été lancés pour mardi. Les principales organisations patronales ont elles apporté leur soutien au président Morales.

ats

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