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Le chef de la diplomatie de l'UE ira lundi à Téhéran

Josep Borrell rencontrera lundi le ministre iranien des Affaires étrangères à Téhéran. L'annonce de cette visite survient dans une nouvelle période de tensions à propos du programme nucléaire de la République islamique.

Le chef de la diplomatie de l'Union européenne Josep Borrell avait annoncé en janvier vouloir préserver l'accord sur le nucléaire iranien.
Le chef de la diplomatie de l'Union européenne Josep Borrell avait annoncé en janvier vouloir préserver l'accord sur le nucléaire iranien.
AFP

L'Iran a annoncé dimanche une visite, lundi à Téhéran, du chef de la diplomatie de l'Union européenne, Josep Borrell, sur fond de nouvelles tensions internationales autour de la question nucléaire iranienne.

Josep Borrell «doit rencontrer le ministre des Affaires étrangères [Mohammad Javad Zarif] et d'autres hauts responsables de notre pays pour des consultations», a indiqué le porte-parole des Affaires étrangères iranien, Abbas Moussavi, sans plus de détails.

L'annonce de cette visite survient dans une nouvelle période de tensions entre l'Iran et les Occidentaux à propos du programme nucléaire de la République islamique.

Josep Borrell avait annoncé le 24 janvier que les Etats parties à l'accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015 étaient convenus de tenir une réunion de conciliation «en février» afin de préserver ce pacte qui menace de voler en éclats depuis que les Etats-Unis l'ont dénoncé unilatéralement en 2018.

Toutes les parties «ont réaffirmé leur détermination à préserver l'accord, ce qui est dans l'intérêt de tous», avait-il alors souligné.

Conclu entre la République islamique et le groupe P5 1 (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne), l'accord de Vienne offre à l'Iran la levée d'une partie des sanctions internationales qui asphyxiaient son économie en échange de garanties destinées à prouver la nature exclusivement civile de son programme nucléaire.

Violente récession

Concrètement, l'Iran a accepté de brider drastiquement ses activités nucléaires et de se soumettre à un régime d'inspection sur mesure, le plus contraignant jamais mis sur pied par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Mais la décision des Etats-Unis de sortir de l'accord de Vienne et de rétablir des sanctions contre l'Iran (régulièrement durcies) prive la République islamique des bénéfices qu'elle attendait de ce pacte.

Washington accuse Téhéran de chercher à se doter de l'arme nucléaire, ce que la République islamique a toujours démenti.

Le retour des sanctions américaines isole presque complètement l'Iran du système financier international, a fait perdre à la République islamique un à un les acheteurs de son pétrole, et plongé le pays dans une violente récession.

En riposte, l'Iran s'est affranchi depuis mai 2019 de plusieurs engagements clés qu'il avait pris à Vienne.

Téhéran produit ainsi de l'uranium enrichi à un taux supérieur au seuil de 3,67% fixé par l'accord, ne respecte plus la limite de 300 kilos imposée à ses stocks d'uranium enrichi, et ne se sent plus concernée par les restrictions que le texte impose à ses activités de recherche et développement en matière nucléaire.

Dernière étape

Le 5 janvier, la République islamique a annoncé la «dernière étape» de son plan de réduction de ses engagements, en affirmant s'affranchir désormais de toute limite sur le nombre des centrifugeuses qu'elle s'autorise à faire tourner pour enrichir l'uranium.

L'Iran accuse les Européens de ne pas respecter leurs propres engagements, en ne faisant rien, selon lui, pour l'aider à contourner les sanctions américaines.

La République islamique dit être prête à revenir à tout moment à l'application complète de l'accord «si les sanctions sont levées et que l'Iran bénéficie des retombées» économiques qu'il attendait de ce pacte et affirme que toutes ses mesures sont réversibles.

Ce dernier point est remis en cause par les Européens et plusieurs experts, lesquels font remarquer que les gains en matière de recherche et développement sont acquis à jamais.

Pour tenter de contraindre Téhéran à revenir à l'application totale de l'accord de Vienne, Paris, Londres et Berlin ont déclenché en janvier le mécanisme de règlement des différends (MRD) prévu par ce texte.

Le MRD pourrait à terme mener au rétablissement par le Conseil de sécurité de l'ONU de toutes les sanctions qui avaient été levées dans le cadre de l'accord de Vienne, mais les trois capitales européennes assurent que tel n'est pas leur objectif.

Téhéran de son côté a prévenu de longue date que le renvoi du dossier nucléaire iranien devant le Conseil de sécurité signerait la mort définitive de l'accord de Vienne.

(AFP)

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