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Etats-UnisLes chefs du FBI et de la NSA auditionnés

Le Congrès veut faire la lumière sur les accusations de Trump sur d'éventuelles écoutes diligentées par Obama et sur les liens de proches avec la Russie.

Donald Trump a-t-il cherché à s’immiscer dans les résultats?
Donald Trump a-t-il cherché à s’immiscer dans les résultats?
Keystone

Les directeurs du FBI et de l'Agence américaine de la sécurité (NSA) devraient rompre ce lundi le silence sur les soupçons de liens entre la Russie et la campagne présidentielle de l'an dernier aux Etats-Unis. Une audience publique est très attendue au Congrès.

James Comey (FBI) et Mike Rogers (NSA) seront aussi interrogés sur les accusations plus récentes du président Donald Trump concernant une présumée mise sur écoutes ordonnée par son prédécesseur Barack Obama.

Le président républicain de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, David Nunes, et le premier démocrate représenté dans cette instance, Adam Schiff, ont convoqué le directeur du Bureau fédéral d'enquête et le patron de l'Agence nationale de sécurité afin de témoigner dans le cadre de l'enquête que mène leur commission sur le dossier. L'audience doit débuter à 15 heures en Suisse.

D'autres commissions du Congrès planchent aussi sur le sujet, la plupart à huis clos. Mais les élus du Congrès, conscients du malaise provoqué par les allégations selon lesquelles Moscou aurait tenté de favoriser l'élection de Donald Trump, promettent de rendre publiques le maximum de leurs conclusions. La Russie rejette ces accusations.

James Comey et l'amiral Rogers ne devraient pas faire de révélations fracassantes étant donné qu'une bonne partie des informations qu'ils détiennent sont classées top secret. Mais l'audience pourrait tout de même être mouvementée, notamment du côté des élus démocrates qui reprochent aux dirigeants républicains du Congrès d'avoir refusé de nommer un procureur spécial ou une commission ad hoc pour enquêter.

Aucune «preuve de collusion»

Il n'y a aucune «preuve de collusion», a affirmé dimanche le républicain Devin Nunes qui préside la commission du renseignement de la Chambre des représentants, devant laquelle se déroulera l'audition.

Le parlementaire a ostensiblement cherché, à l'unisson avec d'autres élus, à réorienter le débat vers la question des fuites à la presse émanant de membres des services de renseignement pour «nuire à l'administration Trump».

Pour Devin Nunes - reprenant un argument défendu vigoureusement par Donald Trump lui-même - à la différence des allégations portant sur les liens entre le camp Trump et la Russie ou la mise sur écoute supposée de la Trump Tower par Barack Obama, il est établi que ce délit-là «a bien été commis».

Vers une enquête sur la fuite ?

L'enquête en cours doit ainsi faire la lumière sur l'origine de la fuite qui a révélé que le conseiller à la sécurité nationale avait menti sur ses contacts avec l'ambassadeur de Russie aux Etats-Unis avant l'investiture. Le président n'a pu s'épargner l'embarras de limoger Michael Flynn de son poste clé seulement deux semaines après être entré à la Maison Blanche.

Si le renseignement peut intercepter des communications entre un citoyen américain et un ressortissant étranger, il n'est pas admissible que le nom du premier soit dévoilé publiquement, a martelé Devin Nunes.

Dimanche, le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, s'est demandé pourquoi une enquête criminelle n'était pas diligentée pour établir l'origine des informations. Le FBI a jusqu'ici refusé de confirmer ou d'infirmer l'existence d'une enquête.

La question des écoutes

Les deux hommes sont aussi très attendus sur la question des écoutes. Début mars, dans une série de tweets matinaux au ton très violent, Donald Trump a accusé son prédécesseur Barack Obama de l'avoir fait mettre sur écoute avant et après son élection.

Barack Obama a démenti, de nombreux responsables y compris républicains ont fait part de leurs doutes et tout le monde veut des preuves. Donald Trump en a promis mais sans élaborer.

A ce stade, il n'existe pas de preuve de ces écoutes, a indiqué pour sa part Devin Nunes. Mais Donald Trump refuse de se dédire. Il a même abordé le sujet - sur le ton de la plaisanterie - lors de sa conférence de presse commune avec la chancelière allemande vendredi. Et Sean Spicer a expliqué dimanche que les investigations concernant les écoutes n'étaient pas terminées et qu'il fallait attendre les conclusions définitives.

«Tout mettre à plat»

Mais en voulant trop bien défendre la thèse du président Sean Spicer a créé un incident diplomatique avec le plus fidèle allié des Etats-Unis. Du pupitre de presse de la Maison Blanche il a repris à son compte la thèse d'un complotiste qui accuse un service britannique d'avoir espionné pour le compte de Barack Obama. Le tollé provoqué en Grande-Bretagne a été suivi d'une clarification confuse à la Maison Blanche. Mais ni excuse ni rétractation.

Cette polémique divise au sein du parti républicain et plusieurs élus aimeraient en finir. Elu républicain à la Chambre des représentants, Will Hurd a suggéré dimanche à Donald Trump de présenter ses excuses.

«Le FBI doit vraiment tout mettre à plat», a estimé pour sa part la chef de file démocrate à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, «parce que l'administration a décidé qu'elle pouvait dire n'importe quoi en toute impunité et c'est très dommageable».

Pour autant il est peu probable que toute la lumière soit faite. «Les auditions sur le renseignement sont souvent très attendues, mais on n'y apprend pas grand chose», a mis en garde Danny Coulson, ancien numéro trois du FBI, rappelant que les responsables ne dévoileraient sans doute rien des informations classifiées en leur possession.

afp/ats

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