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Une chimie allemande sans CO2 coûterait 45 milliards

L'industrie de la chimie allemande devrait investir près de 49 milliards de francs pour réduire complètement ses émissions de gaz à effet de serre.

Une chimie «propre» consommera également plus d'électricité.
Une chimie «propre» consommera également plus d'électricité.
Louis Reed/Unsplash

La chimie allemande pourrait produire sans émettre de dioxyde de carbone d'ici 2050 à condition d'investir 45 milliards d'euros (49 milliards de francs) et en consommant bien plus d'électricité qu'aujourd'hui, affirme mercredi la fédération du secteur.

Cette industrie phare pour le pays sera capable de «réduire presque complètement ses émissions de gaz à effet de serre», contre 112,8 millions de tonnes prévues en 2020, «en utilisant de nouvelles technologies de production d'ici le milieu du siècle», selon une étude publiée par la fédération VCI.

Le secteur qui compte à sa tête les géants BASF ou Lanxess va devoir pour cela investir au moins 45 milliards d'euros dans de nouveaux procédés technologiques, qui seront progressivement disponibles à compter de 2035, ajoute le document.

Un tel scénario implique de conserver un prix bas de l'électricité, pour que le secteur demeure compétitif, puisqu'il devra multiplier par onze sa consommation actuelle d'électricité, qui devra provenir entièrement d'énergies renouvelables.

Une chimie «propre» nécessitera en effet 628 térawattheures d'électricité en 2050, une quantité qui représente à elle seule le niveau actuel de la production totale de courant électrique en Allemagne.

Autres scénarios

Deux autres scénarios sont présentés, l'un sans investir au-delà des 7 milliards d'euros injectés actuellement dans les installations, et qui conduirait à baisser de 27% les émissions de CO2 d'ici 2050.

Un scénario intermédiaire pourrait amener une réduction de 61% de CO2, avec 15 milliards d'euros d'investissements supplémentaires.

La chimie a déjà baissé de 48% ses émissions de CO2 entre 1990 et 2017, aussi «plus l'objectif de neutralité vis-à-vis des gaz à effet de serre (est poursuivi), plus les coûts et le besoin en électricité sont élevés», résume Klaus Schäfer, un des responsable du lobby industriel VCI.

Les partis de la fragile coalition gouvernementale d'Angela Merkel ont eux bouclé à l'arraché en septembre une stratégie pour le climat représentant au moins 100 milliards d'euros d'investissements d'ici 2030, sous la pression de manifestations massives dans toute l'Allemagne. Ce texte doit être adopté mercredi en Conseil des ministres.

(ats)

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