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Pékin dément s'être servi d'Edward Snowden

Les allégations selon lesquelles l'ex-consultant américain Edward Snowden pourrait avoir espionné pour la Chine sont «complètement dénuées de fondement», a affirmé lundi Pékin.

Interrogée sur des articles et commentaires de presse rapportant l'hypothèse que Snowden ait servi d'informateur à la Chine avant d'aller se réfugier à Hong Kong, Mme Hua Chunying, porte-parole de la diplomatie chinoise, a répondu: «Je pense que c'est complètement dénué de fondement».

Dans une interview diffusée dimanche par la chaîne Fox News, l'ancien vice-président américain Dick Cheney a fait part de sa «profonde suspicion» suscitée par la fuite de Snowden en Chine. «Ce n'est pas un endroit que l'on choisirait si on recherche la liberté», a commenté Dick Cheney, qui a confié se demander si l'ancien consultant avait des «connections» auparavant avec la Chine.

Pékin a par ailleurs affirmé lundi que Washington se devait de se justifier après que Snowden a révélé un vaste système d'espionnage de l'internet par les États-Unis. «Nous estimons que les États-Unis devraient davantage tenir compte des inquiétudes et demandes de la communauté internationale et de l'opinion publique et fournir les explications nécessaires», a déclaré Mme Hua.

«Image ternie à jamais»

«Extrader Snowden aux Etats-Unis, ce ne serait pas seulement trahir la confiance de Snowden, mais aussi décevoir les attentes du monde entier», écrit le journal en anglais du groupe du Quotidien du Peuple, organe officiel du Parti communiste chinois (PCC).

«Snowden croit en la démocratie et la liberté de Hong Kong», où il se cache, assure le journal, pour qui l'ancien agent de la CIA, qui a révélé des programmes américains de surveillance massive de l'internet et des communications téléphoniques, «n'a fait de mal à personne» et s'est contenté de «donner l'alerte sur la violation des droits civiques par le gouvernement» américain.

«En conséquence, cela ferait perdre la face à la fois au gouvernement de (...) Hong Kong et au gouvernement central chinois, si Snowden était extradé», avertit le Global Times, quotidien au ton nationaliste souvent virulent.

«L'image de Hong Kong en serait ternie à jamais», ajoute-t-il, assurant que «la réaction locale» à une éventuelle extradition «provoquerait davantage de trouble» dans l'ancienne colonie britannique et en Chine même.

«La puissance grandissante de la Chine attire les gens à la recherche d'asile», affirme encore le journal, pour qui cette évolution «inévitable, doit augmenter le prestige moral» du pays.

Gouvernement chinois quasiment muet

Le gouvernement chinois est resté quasiment muet depuis le déclenchement de l'affaire, une porte-parole des Affaires étrangères chinoises déclarant la semaine dernière n'avoir «aucune information» à fournir.

Selon un sondage publié dimanche, la moitié des Hongkongais sont hostiles à une telle extradition. Quelques centaines personnes ont manifesté samedi contre une telle éventualité.

Hong Kong, où la justice est indépendante, bénéficie d'une certaine autonomie sous la tutelle de la Chine et a signé de longue date un accord d'extradition avec les États-Unis. Mais Pékin a le droit d'opposer son véto aux décisions de son territoire.

Edward Snowden, réfugié depuis le 20 mai à Hong Kong, est sous enquête du FBI mais aucune demande officielle d'extradition n'a encore été annoncée. Cet employé d'un sous-traitant de l'Agence de sécurité nationale (NSA) américaine a donné aux quotidiens The Guardian et Washington Post des informations confidentielles sur des pans entiers du programme de surveillance des communications de la NSA.

(AFP)

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