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Choc frontal entre les USA et leurs partenaires

Pour la seconde année consécutive, les Etats-Unis ont fait bloquer la diffusion d'un communiqué commun à l'issue de la réunion de l'OCDE.

«Il n'y a plus de communiqué commun», a indiqué la présidence française.
«Il n'y a plus de communiqué commun», a indiqué la présidence française.

Les Etats-Unis ont bloqué mercredi la diffusion du communiqué final de la réunion annuelle de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à Paris. Celui-ci devait condamner le protectionnisme et rappeler les enjeux du changement climatique.

Dialogue de sourds

«Il n'y a plus de communiqué commun», a indiqué la présidence française. La réunion, à laquelle participait le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann, a mis en évidence le dialogue de sourds entre les Etats-Unis et leurs partenaires sur le principe même du multilatéralisme.

Si le président français Emmanuel Macron a plaidé avec ferveur mercredi pour un «multilatéralisme fort», le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, a lui critiqué les «palabres infinies» à plusieurs pays, indiquant préférer «les actions bilatérales».

Ce dialogue de sourds s'est tenu alors que les Etats-Unis menacent d'imposer vendredi des taxes punitives sur l'acier et l'aluminium importés.

L'année dernière déjà, les 34 pays membres de l'OCDE n'étaient pas parvenus à se mettre d'accord sur un communiqué commun et avaient diffusé deux textes différents, l'un signé par les Etats-Unis et l'autre par les 33 autres pays membres.

Eviter l'escalade

«Les menaces de guerre commerciale ne régleront rien», a dénoncé Emmanuel Macron à l'adresse des Etats-Unis. Dans un discours enflammé, le président français a égrené les avertissements contre la tentation du «succès économique isolé», celle du «pouvoir fort».

«Face à cette mondialisation qui crée des richesses en creusant des inégalités qui nourrissent la violence, le risque ultime est de tourner le dos au multilatéralisme, de considérer qu'il est inefficace, inadapté, bureaucratique», a-t-il plaidé.

Le chef économiste par intérim de l'OCDE, Alvaro Pereira, a également appelé à «éviter une escalade dans les tensions commerciales». Il a relevé que l'économie mondiale était tellement intégrée que des tensions supplémentaires pourraient «perturber la chaîne de valeur mondiale», avec des répercussions néfastes sur la croissance.

Palabres

De son côté, Wilbur Ross a critiqué sans égard la façon de travailler des institutions multilatérales. «Nous n'aimons pas les palabres infinies, nous préférons les actions bilatérales pour négocier. Les réunions multilatérales prennent beaucoup de temps et nous sommes animés d'un sentiment d'urgence», a affirmé le secrétaire américain au Commerce.

«Nous avons participé à plusieurs réunions du forum sur l'acier (de l'OCDE) sans résultat productif», a-t-il ajouté, estimant que, face à la lenteur de ces négociations, son pays avait été contraint de prendre des mesures unilatérales. «Ce qui est bien, c'est que plusieurs pays ont adopté des mesures de sauvegarde qu'ils n'auraient pas pris il y a un an», s'est-il félicité.

Avec Schneider-Ammann

Quant à la Suisse, membre fondateur de l'OCDE en 1961, elle était représentée à Paris, comme d'habitude, par Johann Schneider-Ammann. Le conseiller fédéral se déplaçait en compagnie de la secrétaire d'Etat Marie-Gabrielle Ineichen-Fleisch, la directrice du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO).

Face aux défis mondiaux, la Suisse s'est engagée lors des discussions en faveur d'une approche multilatérale basée sur des règles du jeu équitables pour tous, selon un communiqué publié par le Département fédéral de l'économie, de la formation et de la recherche (DEFR).

(ats)

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