Clinton vs Trump, le match commence

Etats-UnisLes deux candidats, une femme et un homme d'affaires sans expérience politique, sont sources de division comme jamais dans l'histoire récente.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

La démocrate Hillary Clinton savourait mercredi 8 juin sa victoire historique, la première d'une femme dans la course à l'investiture présidentielle du parti démocrate, prenant une pause de quelques jours avant le match imprévisible de cinq mois contre le républicain Donald Trump.

L'ancienne Première dame, sénatrice et secrétaire d'Etat de 68 ans a accordé plusieurs interviews mercredi depuis sa maison de Chappaqua, près de New York, un jour après avoir revendiqué la victoire aux primaires démocrates contre le sénateur du Vermont Bernie Sanders.

«J'étais submergée», a-t-elle dit au Washington Post, selon une retranscription de l'entretien. «J'étais inquiète, avant de commencer mon discours, que l'émotion de l'instant soit si forte que je ne puisse pas faire mon discours».

La Californie dans la poche

La candidate termine les primaires de manière triomphale: elle a remporté mardi quatre Etats dont la très symbolique Californie, le plus peuplé du pays, avec 56% des voix contre 43% pour Bernie Sanders, une déception pour le sénateur qui espérait arracher une première place. Au total, elle a largement dépassé la majorité requise de délégués pour être investie à la convention de Philadelphie, fin juillet.

Bernie Sanders continue à faire campagne jusqu'à la dernière primaire, mardi à Washington. Mais, s'aménageant peut-être une porte de sortie, il rencontrera Barack Obama jeudi, et il a souligné que sa priorité était la bataille d'idées et d'empêcher Donald Trump d'être élu président.

«Le sénateur Sanders a dit qu'il travaillerait chaque jour et chaque semaine dans ce but», a dit sur CNN Hillary Clinton, qui l'a appelé mardi soir. «Je vais tendre la main à ses partisans», a-t-elle répété. «Nous partageons beaucoup d'objectifs communs».

Campagne sans précédent

La campagne qui s'ouvre est sans précédent. D'abord car elle se joue entre une femme et un homme d'affaires sans expérience politique. Mais aussi car les candidats sont sources de division comme jamais dans l'histoire récente.

Dans ce concours d'impopularité, Hillary Clinton veut imprégner dans l'esprit des Américains l'image d'un homme susceptible, impulsif et sectaire.

Pour Donald Trump, le point faible de Hillary Clinton est la nébuleuse d'affaires entourant la candidate: l'enquête du FBI sur son usage d'une messagerie privée lorsqu'elle dirigeait la diplomatie (2009-2013), et les financements étrangers de la grande fondation caritative fondée par Bill en 2001.

Clinton attaquée sur sa fondation

«Les Clinton sont devenus maîtres dans l'art de l'enrichissement personnel», a-t-il affirmé mardi. «Ils ont gagné des centaines de millions de dollars en vendant accès, faveurs et contrats gouvernementaux».

Interrogée sur ces accusations sur CNN, Hillary Clinton a répondu être «fière de la fondation et du travail accompli».

«L'argent donné à la fondation soutient des actions humanitaires. Si les gens veulent influencer des élus, je pense qu'ils passeraient par la voie politique», a-t-elle dit.

Bill Clinton, conseiller économique

Et elle a réitéré sur Fox News qu'en cas de retour à la Maison Blanche, son mari serait l'un de ses conseillers économiques afin de trouver des solution pour «aider les gens qui se sentent abandonnés».

Mais la préférence de Donald Trump pour les attaques ad hominem plutôt que les débats d'idées présage une campagne d'une violence inédite.

«Clinton a une connaissance intime des dossiers et un programme détaillé, mais comme Trump n'en a pas, personne ne s'intéresse à leurs différences. Et comme les deux candidats suscitent plus de défiance que de confiance, il faut craindre un nivellement pas le bas», prédit Norman Ornstein, politologue de l'American Enterprise Institute, à l'AFP.

Exploiter les polémiques

La stratégie du camp Clinton consiste à exploiter les polémiques déclenchées par Donald Trump pour valoriser le CV et les valeurs de Hillary Clinton.

«Personne ne peut "trumper" Trump», constate Tim Miller, ancien conseiller presse du républicain Jeb Bush, annihilé aux primaires. «Elle est sûre de perdre si elle se jette dans le combat de boue».

Clinton a livré la semaine dernière à San Diego un réquisitoire mordant et sarcastique sur l'incohérence et les «coups de gueule bizarres» de l'homme d'affaires, promouvant sa propre crédibilité en politique étrangère.

Pour l'instant, la démocrate recueille en moyenne 44% des intentions de vote des Américains, contre 42% pour Donald Trump.

«Si Hillary Clinton continue à faire campagne comme elle l'a fait à San Diego, Trump est cuit», prédit à l'AFP Howard Dean, ancien patron du parti démocrate et candidat aux primaires de 2004.

(afp/nxp)

Créé: 09.06.2016, 02h06

Articles en relation

Clinton écrit l'Histoire, mais Sanders ne lâche pas

Primaires américaines Dans un discours de victoire, Hillary Clinton a rappelé être la première femme à décrocher l'investiture de son parti. Mais Bernie Sanders ne lâche pas. Plus...

Clinton prête à célébrer sa victoire aux primaires

Présidentielles US Hillary Clinton s'apprêtait mardi à célébrer sa victoire. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.