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FranceCommando de Notre-Dame: verdict attendu

Cinq femmes accusées d'un projet d'attentat contre la cathédrale Notre-Dame de Paris doivent connaître leur sort ce lundi.

Inès M., Ornella G. et Sarah H. (de gauche à droite) ont été condamnées respectivement à 30, 25 et 20 ans de prison.
Inès M., Ornella G. et Sarah H. (de gauche à droite) ont été condamnées respectivement à 30, 25 et 20 ans de prison.
AFP
Entre 25 et 30 ans de prison ont été requis contre les deux principales accusées de l'attentat raté près de Notre-Dame, à Paris. Elles doivent connaitre leur sort lundi 14 octobre.
Entre 25 et 30 ans de prison ont été requis contre les deux principales accusées de l'attentat raté près de Notre-Dame, à Paris. Elles doivent connaitre leur sort lundi 14 octobre.
AFP
(8 septembre 2016)
(8 septembre 2016)
AFP
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Elles sont devenues le «visage du djihad au féminin»: après trois semaines de débats, la cour d'assises spéciale de Paris rend son verdict lundi au procès du commando de Notre-Dame, où sont jugées cinq femmes pour avoir participé à des projets d'attentats.

«J'ai eu le pire des comportements», a déclaré Inès Madani, pull gris et cheveux réunis en chignon, en prenant la parole lundi matin. «Je n'avais que des projets de morts à l'époque. Aujourd'hui, j'ai des projets de vie», a-t-elle poursuivi.

«Je demande pardon et je demanderai pardon toute ma vie à tous ceux qui ont été victimes du terrorisme», a dit Ornella Gilligmann, confiant d'une voix émue sa «honte» - avant que les magistrats se retirent pour délibérer.

Aujourd'hui âgées de 22 à 42 ans, les accusées sont soupçonnées d'avoir voulu lancer des attaques terroristes en septembre 2016, en suivant les consignes de Rachid Kassim, propagandiste du groupe Etat islamique (EI) et inspirateur quelques semaines plus tôt de l'assassinat d'un policier et de sa femme à Magnanville (Yvelines).

Deux d'entre elles, Inès Madani et Ornella Gilligmann, ont notamment tenté de faire exploser une voiture remplie de bonbonnes de gaz dans la nuit du 3 au 4 septembre 2016, devant des restaurants situés près de Notre-Dame de Paris. Seul le choix de ce carburant, impossible à enflammer, a permis d'éviter l'explosion.

Après l'échec de cet attentat, Inès Madani s'était retranchée dans l'appartement d'Amel Sakaou, à Boussy-Saint-Antoine (Essonne), sur les conseils de Rachid Kassim. Toutes deux avaient été rejointes par Sarah Hervouët, originaire du sud de la France, guidée elle aussi par le djihadiste.

Se sachant traquées, les trois jeunes femmes avaient quitté précipitamment leur appartement le 8 septembre, armées de couteaux de cuisine. Sur le parking, Sarah Hervouët avait porté un coup de couteau à un policier de la DGSI. Inès Madani avait pour sa part couru vers un policier, qui l'avait blessée par balles aux jambes.

«Détermination» et «improvisation»

Les avocats généraux ont réclamé de 10 à 30 ans de réclusion criminelle à l'encontre des cinq protagonistes de cette affaire qui a révélé le rôle actif des femmes dans le djihad.

Les peines les plus lourdes ont été réclamées contre Inès Madani (30 ans) et Ornella Gilligmann (25 ans). Vingt ans ont été requis contre Sarah Hervouët et Amel Sakaou, qui a refusé d'assister au procès, et dix ans contre Samia Chalel, accusée d'avoir aidé Inès Madani à trouver un point de chute après l'attentat raté.

Ces cinq femmes ont été «le bras armé» en France du groupe Etat islamique, a souligné l'un des deux avocats généraux. «Elles étaient animées» par une «volonté de tuer» et fait preuve d'une «détermination sans faille», a-t-elle insisté.

Une lecture des faits contestée par les avocats d'Inès Madani. Les accusées ont fait preuve d'une «improvisation constante», a estimé lundi Me Laurent Pasquet-Marinacce, en insistant sur la fragilité psychologique de sa cliente, à l'époque dans une logique «suicidaire».

Décrite comme «isolée» et en pleine «crise identitaire», Inès Madani avait rencontré Ornella Gilligmann sur internet trois mois plus tôt. La jeune femme, alors âgée de 19 ans, se faisait alors passer pour un homme, appelé «Abou Jounayb», dont Ornella Gilligmann était tombée amoureuse.

Leur relation a été «passionnelle, déséquilibrée, déterminante», a assuré l'avocate d'Ornella Gilligmann, Me Cosima Ouhioun, assurant que sa cliente - alors mariée et mère de trois enfants - avait agi par amour. «Le passage à l'acte relève plus d'un crime passionnel», a-t-elle insisté.

Un contexte qui ne doit pas tendre, selon l'accusation, à minimiser la gravité des faits.

«Si les bonbonnes de gaz avaient explosé, si des victimes étaient décédées, on ne se poserait pas la question de la sanction: il serait naturel de prononcer la réclusion criminelle à perpétuité», a rappelé l'un des avocats généraux.

AFP

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