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BrésilLa commémoration du coup d'Etat interdite

Jugeant l'initiative «incompatible» avec la Constitution, une juge a interdit de célébrer l'anniversaire du coup d'Etat militaire de 1964.

Jair Bolsonaro, le président du Brésil.
Jair Bolsonaro, le président du Brésil.
AFP

La juge de Brasilia Ivani Silva da Luz a estimé que la commémoration prévue dimanche et proposée par le président Bolsonaro lui-même, «n'est pas compatible avec le processus de reconstruction démocratique» promue par la Constitution de 1988, et que les dates commémoratives officielles doivent être approuvées par le Congrès.

«Après des années de luttes politico-idéologiques, de résistance démocratique et de reconquête de l'Etat de droit, qui ont abouti à la promulgation de la Constitution fédérale de 1998, il est attendu de la concorde, de la sérénité et de l'équilibre de la part des institutions», a écrit la magistrate dans sa décision.

Lundi, le porte-parole de la présidence avait annoncé que le 31 mars 1964 devait être «commémoré comme il se doit» dans les casernes.

«Plus jamais de dictature»

Le Parquet fédéral avait réagi en recommandant que les régiments s'abstiennent «de promouvoir ou participer à toute manifestation publique pour célébrer le coup d'Etat militaire». Et son entité responsable de la défense du citoyen avait estimé que ces cérémonies étaient «incompatibles avec l'Etat de droit démocratique».

Face à la polémique, le président lui-même a nuancé ses propos jeudi, affirmant qu'il ne s'agissait pas de «commémorer, mais de se remémorer» cet épisode de l'histoire brésilienne. Aucun détail n'a jusque-là filtré sur les cérémonies prévues dans les casernes, mais un régiment de Sao Paulo a déjà célébré jeudi cet anniversaire avec la lecture d'un message du ministre de la Défense, pour qui les militaires ont servi de «rempart contre le totalitarisme».

Sous le mot d'ordre «Plus jamais de dictature», des manifestations sont prévues dimanche dans plusieurs villes brésiliennes. Selon un rapport publié en 2014 par la Commission nationale de la vérité, 434 assassinats ont été perpétrés au cours des 21 ans de régime militaire, sans compter les centaines de détentions arbitraires et cas de torture d'opposants.

AFP

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