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Condamné à 15 ans pour le viol d'une lesbienne

Vendredi, un jeune homme a été condamné pour l'agression sexuelle d'une jeune femme lesbienne, en France.

Le caractère homophobe de l'agression n'a pas été retenu.
Le caractère homophobe de l'agression n'a pas été retenu.
Photo d'illustration, Keystone

Il avait violé, frappé et volé une jeune lesbienne: un homme de 24 ans a été condamné vendredi à 15 ans de prison, la peine maximale en France, par la cour d'assises de la Seine-Saint-Denis. Le caractère homophobe de l'agression n'a toutefois pas été retenu.

Estimant qu'il s'agissait bien d'une «punition de l'homosexualité», l'avocate générale avait demandé aux jurés de condamner l'accusé à quinze ans pour «viol en raison de l'orientation sexuelle». Dans un réquisitoire marquant, elle avait jugé que l'agression subie par Jeanne (prénom modifié), 34 ans, dans son appartement de Saint-Ouen le 8 octobre 2017, avait pour objectif de «la détruire».

Cette nuit-là, après avoir rencontré un garçon «sympathique» place de la République à Paris, la jeune femme, qui se présente comme «préférant les filles», rentre avec lui. Alors qu'elle change d'avis et refuse d'avoir un rapport sexuel, elle «lit soudain la haine dans ses yeux». Avant d'entendre cette phrase: «Ah, tu kiffes les meufs? Je vais te faire kiffer».

Une heure et demie de coups

«Il m'a prise par les cheveux, m'a jetée sur le lit et a commencé à m'étrangler. Je me suis dit 'c'est la mort'», a relaté jeudi la jeune femme. Suivront une heure et demie de coups et sévices sexuels. Jusqu'à ce que le jeune homme finisse par quitter l'appartement, après lui avoir dérobé une chevalière et sa carte bancaire.

«Est-ce que n'importe quelle femme qui se refuse à lui, il l'aurait violée? Non, c'est car elle refuse son sexe d'homme qu'il la viole», «c'est à cause de ça qu'il bascule dans la violence», a estimé l'avocate générale.

Evoquant le procès d'Aix-en-Provence, en 1978, où Gisèle Halimi avait représenté deux jeunes campeuses homosexuelles violées par trois hommes - les agresseurs avaient dans un premier temps été poursuivis pour «coups et blessures»-, la représentante du parquet a estimé qu'on était «manifestement pas allé au bout» de la réflexion sur ces agressions dont sont victimes les lesbiennes.

«Ne pas faire semblant de ne pas comprendre»

«Quatre pour cent des femmes hétérosexuelles disent avoir été victimes de viol, contre 10% des femmes lesbiennes. On ne peut pas faire semblant de ne pas comprendre». «Un macho est plus violent avec une lesbienne», a-t-elle lancé dans ce réquisitoire. Elle a cité à plusieurs reprises l'essai «King Kong Théorie», où l'écrivaine Virginie Despentes évoque le viol qu'elle a subi.

Pendant tout le procès, l'accusé, 24 ans, jeans et veste de jogging noire, a répété «ne pas avoir été violent» avec la plaignante. Et assuré que sa préférence pour les filles ne lui posait pas problème. «C'est une grande victoire que la circonstance aggravante de l'homophobie n'ait pas été retenue», a déclaré son avocat, Me Nourredine Habibi Alaoui.

En arrivant face à la cour pour raconter son agression - pour la huitième fois depuis les faits -, Jeanne avait d'abord étouffé un sanglot, avant de s'asseoir. «J'ai juste besoin qu'on dise qu'il avait pas le droit de me faire ça», avait-elle demandé.

(ats)

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