Condamnée, l’Italie agit sur les droits des homosexuels

EgalitéSans cesse repoussé, le débat sur une union civile devient pressant. La secousse est venue des juges de Strasbourg.

La Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg

La Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg Image: Keystone

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Cette fois, les élus ne pourront plus tergiverser. Mercredi, les médias italiens étaient d’accord pour dire que leur pays va devoir sérieusement travailler à mettre en place une union civile pour les couples de même sexe. En cause: la condamnation mardi de l’Italie par la Cour européenne des droits de l’homme pour n’offrir aucune protection juridique aux couples homosexuels.

L’Italie est l’un des pays en Europe le plus en retard sur ces questions. Depuis des années, les organisations de défense des droits des homosexuels réclament l’instauration d’une union civile donnant de réels droits, en soulignant au passage que l’absence de reconnaissance juridique est l’un des facteurs qui encouragent d’innombrables actes homophobes dans le pays. Un sondage mené en 2012 par l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne avait montré le très fort ressenti de discrimination qui prévaut chez les personnes LGBT (lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres) vivant en Italie. Quelque 95% des sondés se disaient aussi convaincus ou très convaincus que le fait de pouvoir enregistrer un partenariat ou se marier améliorerait leur confort de vie.

Depuis des mois, le président du Conseil, Matteo Renzi, promet un projet de loi sur l’union civile, mais le sujet a été repoussé à de nombreuses reprises. «De Renzi, nous avons reçu une énième douche froide», tonnait samedi encore Flavio Romani, président de l’association Arcigay, après l’annonce en fin de semaine dernière que le projet devrait être débattu d’«ici à la fin de l’année», repoussant une nouvelle fois le calendrier prévu. Aubaine, pour les militants homosexuels: la décision mardi à Strasbourg, sur la base d’un recours de trois couples, a sérieusement secoué la classe politique, honteuse que l’Italie se fasse taper sur les doigts.

«La Cour européenne affirme que l’Italie viole les droits humains. Ce n’est pas très honorable pour un pays comme le nôtre», tempêtait le député du Parti démocrate Ivan Scalfarotto, qui vient carrément de faire une grève de la faim de vingt jours pour réclamer cette loi sur l’union civile.

«Maintenant, nous devons agir. Le parlement ne peut plus repousser ce sujet, il doit s’exprimer clairement sur une question aussi centrale. Nous ne pouvons pas continuer à être un pays malade de l’inégalité sociale», tonnait mardi Laura Boldrini, la présidente de la Chambre des députés. Elle a été entendue, puisque mercredi, le débat au Sénat a été avancé au début d’août.

Créé: 22.07.2015, 18h05

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