La «contre-offensive» des soutiens de Hollande

FranceSous le slogan de «Hé oh la gauche», le clan présidentiel resserre les rangs en vue des élections de 2017.

Plusieurs ministres et personnalités de la gauche françaises ont pris part à un meeting, lundi à Paris.

Plusieurs ministres et personnalités de la gauche françaises ont pris part à un meeting, lundi à Paris. Image: AFP

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Etre «fier» du bilan du quinquennat et rappeler que «la gauche et la droite, ça n'est pas la même chose»: c'est le message qu'ont martelé lundi Stéphane Le Foll et quatre ministres, au cours d'une réunion publique aux allures de meeting de campagne à Paris.

«On n'est pas là pour se soigner, on est là pour se mobiliser, on est là aussi pour défendre ce que nous avons fait», a affirmé le porte-parole du gouvernement, semblant reprendre ses habits de directeur de campagne de François Hollande en 2012.

«Les Français peuvent douter (...) L'objet de cette réunion, de cette interpellation, «Hé oh la gauche», c'est simplement de se dire, leur dire que ce que nous avons fait est (...) conforme aux valeurs qui ont été toujours les nôtres, et que dans ce que nous avons fait, il y a des avancées qui compteront dans l'histoire de notre pays au niveau du social, de l'école, du logement, du service public, de l'agriculture, de l'environnement», a-t-il poursuivi devant quelque 600 militants conquis dans un amphithéâtre de l'Université Paris Descartes.

Eloigné de la réunion parisienne, en raison d'un déplacement au Mont-Saint-Michel, le Premier ministre Manuel Valls s'est dit «fier» de l'action qu'il a engagée à la tête du gouvernement. «J'encourage les initiatives comme celle d'aujourd'hui» a-t-il déclaré devant la presse.

«Une gauche qui réforme»

«Je sais les colères, les attentes, les déceptions de mes compatriotes, mais je sais aussi ce qui a été fait, je sais aussi ce qu'il faut pour le pays, pour sauvegarder son modèle social», a-t-il poursuivi, évoquant «des réformes, mais qui soient comprises». «Le mot gauche est un beau mot qu'il faut pleinement porter, mais une gauche qui réforme et une gauche qui assume pleinement sa responsabilité de l'exercice du pouvoir», a-t-il estimé.

A Paris, les ministres Najat Vallaud Belkacem (Education), Marisol Touraine (Santé), Jean-Michel Baylet (Aménagement du territoire) et Emmanuelle Cosse (Logement) étaient aux côtés du ministre de l'Agriculture pour défendre les réformes «marquées à gauche» du gouvernement, et mettre en garde contre celles que pourraient mettre en oeuvre la droite. Une dizaine de ministres se trouvaient par ailleurs dans le public.

«Je n'ai pas renoncé à la victoire en 2017 (...) Soyons fiers, redressons la tête, nous n'avons pas à rougir de ce que nous avons réalisé et accompli», a notamment déclaré Marisol Touraine, très applaudie.

Dépasser les clivages, non les effacer

Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, qui a lancé début avril son mouvement «En marche!» avec l'ambition de réunir les «progressistes» de gauche comme de droite, n'avait quant à lui pas été invité.

«La période est à la confusion (...) Penser (le) dépassement (ndlr: du clivage droite-gauche), ce n'est pas penser son effacement», a semblé dire à son attention le premier secrétaire de la Fédération socialiste de Paris, Emmanuel Grégoire, chargé d'introduire les débats. «Il faut redire aux Français ce que sont la gauche et la droite», a-t-il lancé.

Invité pour le faire, le directeur du département politique-opinion de Harris interactive, Jean-Daniel Lévy, a rappelé la forte proportion de Français se disant favorables à un gouvernement d'union nationale (77%), tout en soulignant qu'ils étaient à peu près autant (80%) à se reconnaître de droite ou de gauche et qu'une minorité ne faisait pas de différences entre les politiques conduites par la droite et la gauche.

Scepticisme et moqueries

Cette mise en marche des socialistes, à un an de la présidentielle, n'a suscité que railleries à EELV et au PCF, alliés au PS en 2012. «Pour donner des leçons, #HeHoLaGauche , il faudrait trois choses: un bilan, une crédibilité et un imaginaire», a tweeté le porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles.

Scepticisme aussi du côté des frondeurs, absents de la réunion: «si on veut réveiller la démocratie, si on veut redonner la parole aux Français (...) ça n'est pas en se réunissant entre soi (...) c'est peut-être en organisant des primaires ouvertes de toute la gauche», a commenté lundi matin Christian Paul, chef de file de la motion B.

«Cette opération sonne comme un SOS Titanic», a ironisé à droite le chef de file des députés Les Républicains, Christian Jacob. (afp/nxp)

Créé: 25.04.2016, 22h41

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