«La COP22 de Marrakech doit aussi être celle des solutions»

ClimatLe Sommet pour le climat s’ouvre à Marrakech alors que l’accord de Paris entre en vigueur. La ministre de l'Environnement française Ségolène Royal salue la dynamique.

Ségolène Royal: «Le rapport de l’OCDE montre que l’objectif des 100 milliards de dollars promis pour le financement pour le climat est en bonne voie.»

Ségolène Royal: «Le rapport de l’OCDE montre que l’objectif des 100 milliards de dollars promis pour le financement pour le climat est en bonne voie.» Image: Reuters

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Ségolène Royal reçoit au Ministère de l’environnement à Paris. La présidente de la COP21, Conférence des Nations Unies (ONU) sur le climat, ne cache pas sa satisfaction. Depuis le vendredi 4 novembre, l’accord de Paris sur le climat, pour lutter contre le réchauffement de la planète, est entré en vigueur. «C’est une étape historique», se félicite Ségolène Royal. Pour marquer le coup, l’arc de triomphe et la tour Eiffel se sont vêtus de vert! En effet, le seuil des ratifications – 55% des émissions de gaz à effet de serre – a été atteint en moins d’un an. Cet accord de Paris définit les mesures nécessaires pour maintenir le climat en dessous des 2 degrés Celsius de réchauffement par rapport à l’époque préindustrielle. Le compte n’y est pas encore. Mais la COP22 à Marrakech (du 7 au 18 novembre) veut accentuer la dynamique vertueuse.

Avec les ratifications, la COP21 est un succès. Que reste-il à faire désormais?

Peut-être le plus difficile. L’accord de Paris est comme une loi, mais il faut encore en écrire les décrets d’application. Comment cet accord va-t-il s’appliquer? Ce sera un des enjeux de la COP22 à Marrakech. Prenons par exemple le principe de transparence: comment va-t-on contrôler que les pays font effectivement ce qu’ils ont dit qu’ils allaient faire? La Conférence de Marrakech doit aussi être celle des solutions.

Cette COP22 s’ouvre donc sur un bel élan?

De plus, nous aurons 100 pays ayant ratifié pendant cette COP. En dix mois, on est passés d’un accord accepté à main levée à 100 pays au sein desquels il y a eu une délibération du Conseil des ministres et des parlements. De plus, le rapport de l’OCDE montre que l’objectif des 100 milliards de dollars promis pour le financement pour le climat est en bonne voie.

Il avait fallu sept ans pour ratifier le Protocole de Kyoto. Celui de Paris est réglé en dix mois. Qu’est-ce qui a changé?

Le hasard fait que j’avais aussi participé, en 1992, comme ministre de l’Environnement, à cette première conférence sur le climat. J’ai vu l’évolution. D’abord, le climatoscepticisme a reculé. Les connaissances scientifiques ont beaucoup progressé et plus personne ne remet en cause les causes du réchauffement. Seconde chose: les effets du réchauffement sont de plus en plus dramatiques et aucun pays n’est épargné.

Pourquoi cette distinction?

Quand un petit pays subissait un ouragan ou la montée des eaux, les grandes puissances ne s’y intéressaient pas. Quand des inondations dramatiques ont lieu aux Etats-Unis et que des feux de forêts épouvantables ravagent le Canada, la prise de conscience est plus grande. Troisième changement: désormais l’économie s’est engagée. Les entreprises font du taux «bas carbone» un argument commercial. Cela fait basculer la dynamique.

Mais malgré l’accord de Paris, l’objectif des 2 degrés n’est toujours pas atteint?

Effectivement, si on additionne les INDC (ndlr: objectifs de réduction des émissions), on reste en dessus de 3 degrés. Mais l’accord de Paris est aussi un mécanisme qui prévoit de renforcer les réductions et les ambitions en fonction des progrès.

Vous croyez aux vertus du saut technologique?

Oui. J’y crois. Regardez les batteries électriques des voitures: la génération qui arrivera sur le marché prochainement offre 500 km d’autonomie. Regardez la route solaire (ndlr: des pavés solaires dotés de cellules photovoltaïques), ce sont des sauts technologiques énormes. On le sent: en matière d’innovation, les cleantechs sont dans une dynamique d’accélération et il y a comme une envie de bien faire. C’est rare en politique. L’impulsion ne vient pas que d’en haut. Elle est partout. Les gens ne demandent qu’à être des citoyens environnementaux.

Créé: 04.11.2016, 20h53

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