La COP23 débute à Bonn dans un climat plombé

RéchauffementLes signataires de l’Accord de Paris sur le climat se retrouvent, alors que mollissent les efforts pour atteindre les objectifs.

En marge d’un contexte politique difficile, la conférence s’ouvre dans un climat critique de la part des experts.

En marge d’un contexte politique difficile, la conférence s’ouvre dans un climat critique de la part des experts. Image: DR

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Stabiliser le réchauffement climatique en dessous de 2°C, voire 1,5°C, d’ici à 2100. On s’en souvient, c’est l’engagement que prenaient en décembre 2015 les 195 délégations prenant part à la Conférence de Paris sur le climat (COP21). Deux ans plus tard, et un an après l’entrée en vigueur de l’accord, les Etats signataires se retrouvent depuis ce lundi et jusqu’au 17 novembre pour la COP23. La conférence se tient à Bonn, mais elle est organisée par les îles Fidji, très inquiètes des menaces qui pèsent sur certaines îles du Pacifique, vouées à la disparition.

Au départ, la conférence s’annonçait plus technique que politique. La tâche des délégations sera de faire le point et d’ajuster les mesures nécessaires à prendre pour tenir les engagements de Paris. Les Etats avaient promis notamment de mettre en œuvre des politiques visant à se détourner des énergies fossiles (charbon, gaz, pétrole) afin de réduire les gaz à effet de serre. Mais l’annonce de Donald Trump, le 1er juin, du retrait américain de l’accord, sous prétexte qu’il désavantagerait son pays, a quelque peu changé la donne. De fait, la décision de Washington ne pourra s’appliquer qu’à partir de 2020, et une délégation américaine sera donc présente à Bonn. Toute la question sera de savoir quelle attitude elle adoptera. Se bornera-t-elle à rester en retrait ou à jouer de son influence en suivant les préceptes de Donald Trump? Le risque est de voir la doctrine «America first» contaminer d’autres pays, lesquels seraient tentés eux aussi de se retirer de l’accord.

En marge d’un contexte politique difficile, la conférence s’ouvre dans un climat critique de la part des experts. Les moyens, insuffisants, que les Etats mettent en œuvre pour tenir les engagements de Paris alertent en effet la communauté scientifique. Il y a quelques jours, le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), basé à Genève, publiait un rapport catastrophé sur les mesures prises par les Etats pour réduire les émissions responsables du réchauffement. Les engagements nationaux actuels n’atteignent même pas le tiers du niveau de réductions estimé nécessaire d’ici à 2030 pour atteindre l’objectif ultime, soit une augmentation du réchauffement limitée à moins de 2°C, selon le rapport. En maintenant ce rythme bien trop lent, le réchauffement de la température sera de 3°C en 2100, avertit-il.

«Un an après l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris, on se trouve dans une situation où l’on voit que l’on ne fait pas suffisamment d’efforts pour sauver des centaines de millions de personnes d’un avenir misérable», commente le directeur du PNUE, Erik Solheim. Le rapport souligne des points positifs, comme les efforts portant sur la stabilisation des émissions de CO2 depuis 2014, notamment grâce à de nouvelles politiques en Chine et en Inde. Mais il déplore la forte hausse des émissions de méthane, due à la poursuite de l’exploitation des énergies fossiles et des activités agricoles.

Le niveau des océans continue de monter d’environ 3,3 millimètres par an, et le phénomène semble même s’accélérer. Les records de chaleur continuent d’être battus, les catastrophes climatiques ont augmenté de 46% entre 2000 et 2016, selon un rapport regroupant 24 organismes de recherche. Or, à l’inverse, la dynamique d’engagement est en train de mollir. Et si les Etats n’ajustent pas rapidement les mesures à prendre, la planète court au désastre. L’Accord de Paris prévoit le premier mécanisme d’ajustement obligatoire en 2025, les ONG font maintenant pression pour qu’il se fasse en 2020 déjà.

Créé: 06.11.2017, 07h26

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