Le coronavirus poursuit son expansion dans le monde

ÉpidémieLe virus a notamment fait sept morts en Italie, ce qui met la Suisse sous pression.

Une infographie en temps réel est disponible ci-dessous. Image: Isabelle Cadullo

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L’épidémie de coronavirus, ou Covid-19, s’est accélérée ce lundi dans le monde. Le bilan s’est alourdi dans le nord de l’Italie, avec sept morts en fin de journée. La Péninsule est le troisième pays le plus touché au monde. Cette situation a créé des craintes aussi bien dans le canton du Tessin qu’en Suisse et sur le reste du continent.

Dans le canton de Vaud, deux voyages d’études vers Florence ont ainsi été annulés. Autre exemple, la France a recommandé aux personnes qui reviennent de Lombardie et de Vénétie de rester chez elles.

Plus de 30 pays touchés

Selon un décompte de l’AFP, plus de 30 pays enregistrent désormais des cas, et on compte une trentaine de morts hors de Chine. La Corée du Sud, avec le plus grand nombre d’infections en dehors de l’Empire du Milieu, est aux premières lignes. Tout comme l’Iran, qui compte le plus de décès.

En Suisse

Selon le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, le Covid-19 a «un potentiel de pandémie», mais n’a pas encore atteint cette étape à laquelle il faut se préparer. Précision: pour être qualifiée comme telle, une épidémie doit notamment être largement répandue dans le monde, provoquer une large mortalité et avoir un impact sur l’ensemble de la société.

Si l’OMS juge «très préoccupante» l’augmentation soudaine du nombre de cas en Italie, en Corée du Sud et en Iran, elle a toutefois noté un recul en Chine. Où la progression du virus en est-elle? La carte que nous publions est basée sur les données de l’OMS (état dimanche), complétées par les informations diffusées ce lundi dans la presse.


Chine: confusion à Wuhan

Prise de température lundi à Pékin. Image: AFP

Avec 2600 morts et 77'000 cas de contamination, la Chine a franchi un pas de plus lundi et a interdit immédiatement le commerce et la consommation d’animaux sauvages, une pratique suspectée dans la propagation du nouveau coronavirus partie d’un marché. Pékin avait déjà adopté fin janvier une directive interdisant temporairement ce commerce, «jusqu'à la fin de la situation épidémique nationale». Les autorités avaient agi de même pour la crise du SRAS en 2002-2003. Des organisations militant pour la protection des animaux accusent la Chine de tolérer un commerce caché d'animaux exotiques utilisés pour la cuisine ou la médecine traditionnelle.

Alors que la chauve-souris et la civette avaient été identifiées comme animaux «réservoirs» et «hôtes intermédiaires», la source exacte du nouveau coronavirus n'a pas encore été confirmée. Les scientifiques ont tour à tour suspecté les chauves-souris, les pangolins ou d’autres animaux. Des civettes figuraient parmi les dizaines d’espèces mises en vente par l’un des marchands de Wuhan, selon une liste de prix qui a circulé sur internet en Chine. Y étaient représentés également des rats, des serpents, des salamandres géantes et des louveteaux vivants.

La situation reste confuse dans le pays. Après avoir annoncé lundi que les non-résidents en bonne santé pourraient être autorisés sous condition à quitter Wuhan, les autorités de la ville ont fait marche arrière quelques heures plus tard. Ces mesures devaient atténuer la quarantaine sous laquelle est placée la cité de 11 millions d’habitants depuis le 23 janvier.

Le virus affecte jusqu’à la vie politique chinoise, signe de la gravité de la situation. Le régime communiste a décidé de reporter la session annuelle du parlement, qui devait s’ouvrir le 5 mars. Il s’agit d’un bouleversement inédit depuis plusieurs décennies de la mécanique bien huilée du régime communiste. Réunir 3000 députés dans le cadre solennel du Palais du peuple à Pékin paraissait impensable alors qu’une grande partie des Chinois restent soumis à des mesures de confinement drastiques ou calfeutrés chez eux par peur de la contagion. La capitale elle-même impose une quarantaine de quatorze jours à domicile ou à l’hôtel à toute personne arrivant à Pékin en provenance d’une autre région du pays. Virgine Lenk


Reste du mondelLes frontières se ferment

Afghanistan, Oman, Bahreïn, Irak, Koweït… Les déclarations des autorités sanitaires des pays tombent d’heure en heure, signalant les premiers cas et les morts dues au coronavirus, avec des chiffres parfois contradictoires.

À elle seule, avec un record de 231 nouvelles contaminations en vingt-quatre heures, la Corée du Sud dénombre désormais plus de 800 patients contaminés, dont sept mortellement, soit plus que le Japon, où le paquebot Diamond Princess constituait jusqu’à présent le premier foyer de contamination hors de Chine. La Mongolie, qui a déjà fermé sa frontière avec la Chine mais qui a jusqu’à présent échappé au virus, a annoncé la suspension des liaisons aériennes avec la Corée du Sud.

Autre foyer important, Téhéran a annoncé quatre nouveaux décès, portant à douze le nombre de victimes de l'épidémie en République islamique. Alors que le chiffre des contaminations n’est que de 64, ce taux de mortalité d'un sur cinq semble beaucoup plus élevé que celui constaté jusqu'à présent en Chine (aux alentours des 3%).

D’autant que les chiffres officiels sont très controversés. Un député de Qom, ville où ont été annoncés les premiers cas de coronavirus, a accusé le gouvernement de «ne pas dire la vérité» sur l’ampleur de l’épidémie. Selon une agence de presse iranienne, le député aurait évoqué le chiffre de «50 morts» pour la seule ville de Qom, un bilan «catégoriquement» démenti par un vice-ministre de la Santé lors d’une conférence de presse retransmise à la télévision.

Inquiets de la contagion en Iran, l’Arménie, la Turquie, la Jordanie, le Pakistan, l’Irak et l’Afghanistan ont fermé leurs frontières ou restreint les échanges avec ce pays. Au moins 200 personnes ont été mises en quarantaine au Pakistan, à la frontière iranienne.

Entre Chine et Corée du Sud, la Corée du Nord n’a pour l’heure fait état d'aucune contamination, mais l’inquiétude monte à l'égard de ce pays dont le système de santé ne paraît pas en mesure de faire face à une éventuelle contagion. La Croix-Rouge a annoncé lundi avoir obtenu une exemption des sanctions de l’ONU pour y acheminer du matériel médical face à une éventuelle arrivée de l’épidémie. Pyongyang a fermé sa frontière avec la Chine dès le début de la crise. Virgine Lenk

Créé: 24.02.2020, 20h16

Bourses: Signes de panique sur les marchés

«Les Bourses mondiales cèdent à la panique face à l’accélération de l’épidémie de coronavirus au-delà de la Chine», annonçait l’Agence France Presse (AFP) lundi. L’affolement supposé aux corbeilles ne faisait certes pas l’unanimité parmi les observateurs. Mais tout le monde est d’accord en ce début d’année: l’heure est grave. Des valeurs de toutes les branches ont décroché de 1 à 15% sur les Bourses européennes, au cours de la seule journée de lundi. Le SMI (Swiss Market Index) perdait lui-même près de 4% à la clôture, son plus fort recul depuis août 2015.

«Je ne parlerais pas de panique. Mais les acteurs des marchés se révélaient étonnamment calmes auparavant. Lundi matin, ils ont pris conscience de l’arrêt au moins momentané de l’économie chinoise, la deuxième du monde. Il faut se préparer à un premier semestre de récession en Europe», prévient Patrick Artus, chef économiste de la banque d'investissement française Natixis.

Son homologue de la banque privée suisse Lombard Odier, Samy Chaar, s’attend lui-même à une forte secousse en termes de croissance dans l’Empire du Milieu: de près de 6% à moins de 4% au premier trimestre, puis de 5,4% sur l’ensemble de l’année. «Ce chiffre, certes inférieur à nos prévisions, ne nous paraît pas susceptible de créer des dangers de récession mondiale», précise Samy Chaar.

L’économie suisse ne s’avère pas moins exposée aux risques conjoncturels liés au coronavirus en Chine. Sans oublier les tensions politiques à Hong Kong. Il s’agit de deux des principaux marchés de l’industrie horlogère helvétique. UBS estime que le seul Swatch Group, leader mondial de la branche, réalise la moitié de ses ventes annuelles en Chine ou auprès de touristes de ce pays, en voyage à l’étranger. Ce rapport serait de 45% pour le groupe de luxe genevois Compagnie Financière Richemont.

En termes de casse sociale en Europe, Patrick Artus redoute cependant les conséquences d’un ralentissement de l’économie chinoise avant tout sur un autre secteur: les constructeurs automobiles, employeurs de 8 millions de personnes sur le Vieux-Continent, sans oublier les 34 000 collaborateurs de leurs sous-traitants helvétiques. «Les constructeurs automobiles étaient déjà très affaiblis, avant même l’apparition du coronavirus en décembre. Leurs ventes ont en effet chuté de 30% sur un an en Chine. Dans ce même pays, leurs sous-traitants sont à l’arrêt. Dans le contexte actuel, une enseigne me semble tout particulièrement en difficulté: Renault Nissan», relève le chef économiste de Natixis.

Les incertitudes et les inquiétudes gagnent donc les marchés financiers. À tel point que les valeurs refuges présentent déjà un attrait notoire: l’once d’or a ainsi gagné 2,1% lundi matin, à 1678,58 dollars, un plus haut depuis sept ans. L’euro se payait moins de 1,06 franc sur les marchés asiatiques. P.RK

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