Couac au gouvernement alors que le conflit s'étend

Loi Travail en FranceLe Premier ministre français a réaffirmé qu'il «ne toucherait pas» à l'article 2, le plus contesté, de la loi Travail.

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Blocages en cascade, pénurie de carburants, perturbations sur les routes, les ports et les centrales nucléaires, nouveaux défilés: la contestation au projet de loi travail a pris jeudi une nouvelle ampleur et créé des dissensions majeures au sein du gouvernement, à la recherche d'une sortie de crise.

Après deux mois et demi de contestation, la mobilisation est montée d'un cran depuis le week end dernier avec l'entrée en lice des salariés des sites de carburants, provoquant des difficultés grandissantes d'approvisionnement.

A un peu plus de deux semaines de l'Euro de foot et pour éviter la paralysie du pays, le gouvernement cherche une issue face à la combativité de la CGT et de son secrétaire général Philippe Martinez.

Confusion au gouvernement

Mais depuis mardi, des discours contradictoires dans la majorité et le gouvernement sèment la confusion.

Jeudi, celle-ci a pris une nouvelle ampleur: le Premier ministre Manuel Valls a réaffirmé qu'il «ne toucherait pas» à l'article 2, le plus contesté, qui donne la primauté aux accords d'entreprises dans l'aménagement du temps de travail, contredisant son ministre des Finances Michel Sapin qui avait avancé l'idée quelques minutes plus tôt.

Ce jeudi est la 8e journée de mobilisation nationale depuis mars à l'appel de l'intersyndicale CGT-FO-Solidaires-FSU-Unef-Fidl-UNL, contre un projet de loi jugé destructeur pour les droits des salariés.

Barrages filtrants

L'Ouest était à nouveau très touché par le mouvement. Des barrages filtrants ou bloquants ont été mis en place à Caen ou Brest, sur les ponts de Normandie et de Tancarville sur la Seine, près du Havre.

A Cherbourg, fief du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, la police a confirmé le «blocage total» du site de sous-marins nucléaires de DCNS qui emploie 2.200 personnes, hors sous-traitants.

Salariés d'Airbus mobilisés

Débuté à 4h, le blocage de la zone aéroportuaire de Nantes-Atlantique, à Bouguenais, avait des incidences «en cascade sur le périphérique», selon la préfecture.

«Plus de 200 salariés d'Airbus, rejoints par des membres de Nuit Debout, des étudiants, des salariés d'entreprises et des dockers sont présents sur trois gros barrages, menant à l'aéroport et au site d'Airbus», a indiqué à l'AFP Pascal Busson, secrétaire général CGT Airbus Nantes.

«On laisse passer les gens qui vont à l'aéroport, mais on bloque la zone économique (...) Le but, c'est surtout un blocage économique car c'est l'économie qui commande ce dumping social», a-t-il expliqué.

La zone industrielle de Vitrolles, au nord de Marseille, était également touchée, comme certains points d'entrée de Grenoble.

Grève dans les centrales nucléaires

Dans les centrales nucléaires, la grève a été votée dans les 19 que compte la France, une douzaine ont procédé à des baisses de production dans la nuit, selon la CGT. Trois centrales thermiques sont par ailleurs déjà à l'arrêt: Cordemais (Loire-Atlantique), Gardanne (Bouches-du-Rhône) et Porcheville (Yvelines).

A la SNCF, où les grévistes souhaitent surtout peser dans les négociations sociales du rail, le trafic était peu perturbé jeudi matin.

Côté aérien, la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) a recommandé aux compagnies de réduire leurs vol de 15% à Orly jeudi.

Pénuries de carburant

Les raffineries et dépôts pétroliers sont devenus l'épicentre du mouvement, entraînant des pénuries de carburant auxquelles face auxquelles le gouvernement a choisi la manière forte, débloquant une dizaine de dépôts grâce à des interventions musclées et puisant dans les stocks stratégiques de produits pétroliers. «Tout sera mis en oeuvre pour assurer l'approvisionnement aux Français et à l'économie», a promis François Hollande en conseil des ministres.

Partisan du projet de loi, le numéro un de la CFDT Laurent Berger a dénoncé «l'hystérisation» du climat politique et social. «Calmons le jeu», a-t-il demandé, en refusant l'hypothèse d'un retrait du texte.

Quant à la CFE-CGC, qui réclame des modifications de la réforme plutôt que son retrait, elle s'est insurgée contre «la prise en otage et la paralysie de la France», craignant qu'elles ne «torpillent» le début de reprise économique du pays. Même inquiétude côté patronat qui a demandé au gouvernement de «rétablir l'Etat de droit». (ats/nxp)

Créé: 26.05.2016, 10h21

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