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RapportCombien coûte un accident nucléaire?

L'IRSN va publier les résultats détaillés de ses travaux sur le coût d'un accident nucléaire, après la publication par le Journal du dimanche (JDD) d'un chiffrage maximum de 5800 milliards d'euros (environ 7100 milliards de francs).

Dans une nouvelle étude rendue publique il y a un mois, l'IRSN a évalué le coût d'un accident nucléaire similaire à celui survenu en mars 2011 à Fukushima à environ 532 milliards de francs.
Dans une nouvelle étude rendue publique il y a un mois, l'IRSN a évalué le coût d'un accident nucléaire similaire à celui survenu en mars 2011 à Fukushima à environ 532 milliards de francs.
Keystone

Le rapport confidentiel de l'IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), datant de 2007, cité par le Journal du dimanche (JDD), évaluait le coût d'une catastrophe nucléaire, en incluant les pertes économiques mais aussi les coûts environnementaux et les dépenses de santé.

Selon ce rapport établi en 2007, le coût d'un accident majeur pouvait aller de 760 milliards d'euros (environ 941 milliards de francs) pour un «cas de base» à 5800 milliards d'euros (environ 7100 milliards de francs), dans le cas d'une situation particulièrement catastrophique.

Un chiffre «fort peu réaliste»

Le chiffre de 5800 milliards d'euros correspondait au pire des scénarios possibles, dans lequel 5 millions de personnes devaient être évacuées, tandis que les répercussions économiques se faisaient sentir sur une zone de 850.000 km2, abritant 90 millions de personnes au total.

Le rapport reconnaissait également, selon le JDD, que l'ampleur de la contamination, et donc son coût, pourrait varier fortement en fonction des conditions météorologiques, des vents dirigés vers les zones habitées constituant le pire des scénarios.

Dans un communiqué publié dimanche, l'IRSN affirme que le chiffre de 5800 milliards d'euros est «fort peu réaliste». L'objectif principal de ce rapport «était d'établir une analyse de sensibilité des conséquences économiques par rapport à différentes situations analysées, et non d'obtenir un coût réaliste d'un accident nucléaire majeur», explique l'IRSN.

1000 milliards d'euros au maximum

Le chiffre de 5800 milliards d'euros correspond à une analyse «à la fois majorante et rudimentaire», s'appuyant sur des «hypothèses et des outils très simplifiés pour le transfert des rejets dans l'atmosphère», poursuit l'institut.

«Nous avions à l'époque utilisé un code rudimentaire ne prévoyant qu'une seule météo, celle prévalant au site de l'accident», a précisé l'économiste Patrick Momal, auteur du rapport qui n'a jamais été publié.

«La météo extrême prévue dans l'étude de 2007 n'est pas réaliste», a-t-il ajouté. Dans une nouvelle étude rendue publique il y a un mois, l'IRSN a évalué le coût d'un accident nucléaire similaire à celui survenu en mars 2011 à Fukushima à environ 430 milliards d'euros (532 milliards de francs).

Il s'agit d'un «cas médian» pour un accident nucléaire majeur avec des rejets radioactifs, a indiqué Patrick Momal, avec une fourchette allant de 250 milliards (309 milliards de francs) à 1000 milliards d'euros (1238 milliards de francs) au maximum pour le scénario le plus grave.

Travaux prochainement publiés

«L'utilité de ces travaux ne réside pas principalement dans l'affirmation de coûts très élevés, mais dans la compréhension la plus fine possible des composantes de ces coûts, qui pourraient pour partie être réduits par des ajustements des acteurs économiques et des acteurs de la gestion de la crise», a souligné l'IRSN.

Les résultats détaillés de ces travaux seront publiés «prochainement dans des revues spécialisées», a précisé l'institut. L'article du JDD a conduit Europe-Ecologie-Les Verts à réclamer «un audit complémentaire indépendant et pluraliste».

De son côté, Greenpeace a demandé à la ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, de publier immédiatement l'intégralité du rapport «afin de le verser au débat en cours sur la transition énergétique». Confirmant la prochaine publication de ces travaux, le ministère a souligné être «favorable à la transparence la plus large car elle est un élément fondamental de la sûreté nucléaire».

(AFP)

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