Crimes contre l'humanité au Soudan du Sud

Afrique orientaleMalgré un accord de paix conclu l'année passée, les violences continuent à avoir lieu. L'ONU dénonce des viols collectifs, enlèvements ou mariages forcés.

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Des violences qui peuvent équivaloir à crimes contre l'humanité et crimes de guerre ont été perpétrés au Soudan du Sud après l'accord de paix. La Commission de l'ONU sur les droits de l'homme dans ce pays demande des poursuites contre des commandants.

Il y a un an, les trois membres de cette instance, dont le Genevois Andrew Clapham, avaient identifié 41 responsables qui devaient être poursuivis pour violences sexuelles et ethniques massives. Malgré l'accord conclu en septembre dernier, ces violations se sont poursuivies durant toute l'année 2018, estiment-ils dans leur nouveau rapport publié mercredi à Genève.

Des viols collectifs, des mariages forcés ou des enlèvements ont notamment été identifiés. Vendredi dernier, le Haut-Commissariat aux droits de l'homme et la Mission de l'ONU au Soudan du Sud avaient mentionné 134 viols dans l'Etat d'Unité de septembre à décembre.

Manque de volonté

La Commission a pu établir la responsabilité de commandants des forces gouvernementales de l'Armée populaire de libération du Soudan du Sud (SPLA), de ceux des deux factions de l'Armée populaire de libération du Soudan dans l'opposition (SPLA-IO), de deux gouverneurs et d'un autre dirigeant. Elle déplore à nouveau le retard dans le lancement de la Cour hybride avec l'Union africaine (UA) pour se prononcer sur les crimes en plusieurs années de guerre civile.

De même que le manque de volonté de la juridiction nationale de poursuivre des crimes de guerre. Une impunité, dénoncée également il y a quelques jours par la Haute commissaire aux droits de l'homme Michelle Bachelet, qui alimente les violences, estiment les commissaires.

Torture visée

Autre grief, les activités économiques des forces de sécurité, notamment dans la branche pétrolière, ont aussi contribué à nourrir les violences ethniques. Elles menacent de confronter le pays à une importante corruption.

La Commission appelle le gouvernement à renforcer le dispositif pour protéger les nombreuses femmes victimes de violences sexuelles. Une demande également lancée à la MINUSS qui a étendu récemment ses patrouilles dans l'Etat d'Unité pour encadrer les femmes contraintes de se déplacer face au manque d'eau et de nourriture.

Les membres de l'instance souhaitent aussi que les autorités mettent un terme aux détentions secrètes, à la torture et aux autres abus, qu'elles garantissent les libertés fondamentales et qu'elles oeuvrent pour une meilleure répartition des revenus du pétrole.

En plusieurs années de guerre civile, la Commission des droits de l'homme sur le Soudan du Sud a relevé de nombreux crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Les violences auraient fait près de 400'000 victimes au total. (ats/nxp)

Créé: 20.02.2019, 11h45

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