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La crise au Venezuela, l'argument de Bolsonaro

Jair Bolsonaro dissuade les électeurs de voter pour Fernando Haddad, ce dimanche. Le Brésil risquerait de vivre le même chaos que le Venezuela.

Le candidat d'extrême droite à la présidentielle au Brésil, Jair Bolsonaro, cite à l'envi la crise au Venezuela comme repoussoir afin d'inviter les électeurs de ne pas voter pour son adversaire de gauche Fernando Haddad.

De nombreux partisans du grand favori du second tour de dimanche publient régulièrement sur les réseaux sociaux des photos d'étals vides dans des supermarchés de Caracas ou de migrants vénézuéliens affluant en masse à la frontière brésilienne.

«Scènes d'holocauste au Venezuela, un régime soutenu par Haddad et le PT (son parti), c'est ça qu'ils veulent implanter ici», pouvait-on lire par exemple récemment sur plusieurs groupes de la messagerie instantanée Whatsapp. Le message illustrait une vidéo montrant un groupe d'hommes squelettiques en quête de médicaments, avec un drapeau du Venezuela en arrière-plan.

Fernando Haddad a été la cible de nombreuses critiques en raison du soutien du Parti des Travailleurs (PT) aux gouvernements de gauche du Venezuela.

Cette coopération a débuté sous la présidence de son mentor, Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), aujourd'hui en prison pour corruption, qui maintenait d'étroites relations avec le régime d'Hugo Chavez, décédé en 2013 et remplacé par Nicolas Maduro.

Eloge de la dictature

En août, Fernando Haddad a affirmé que le Venezuela ne pouvait pas être considéré comme une démocratie en raison de ses conflits internes et qu'il refuserait s'il était élu de soutenir des régimes autoritaires. Mais il ne s'est jamais démarqué clairement du gouvernement Maduro.

«Le PT soutient les dictatures fascistes de Cuba et du Venezuela, qui tuent et torturent», a affirmé un autre usager de Whatsapp.

Une façon de répondre aux critiques de militants anti-Bolsonaro qui pointent du doigt le fait que le candidat d'extrême droite fait constamment l'éloge de la dictature militaire en vigueur au Brésil de 1964 à 1985 et de ses tortionnaires.

Le PT a réagi en publiant sur les réseaux sociaux une vidéo qui interpelle les électeurs avec la question: «Pourquoi Bolsonaro parle-t-il autant du Venezuela?»

La formation de gauche accuse l'ex-capitaine de l'armée de créer un écran de fumée pour esquiver le débat d'idées sur son programme.

«Les gens n'ont que des notions très vagues de ce qui se passe au Venezuela. À l'image de Cuba par le passé, c'est devenu le symbole de dangers présumés d'un gouvernement de gauche», explique Oliver Stuenkel, professeur de Relations internationales de la Fondation Getulio Vargas.

Pour lui, le fait que le PT n'ait pas encore pris ses distances avec le gouvernement Maduro est une «erreur», dans la mesure où «l'électeur brésilien a une image très négative du Venezuela».

Malgré ses critiques actuelles, Jair Bolsonaro avait pourtant flirté par le passé avec la «révolution bolivarienne». Séduit par son aspect militariste, il avait qualifié ce mouvement «d'espérance pour l'Amérique Latine» dans un entretien datant de 1999, un an après l'arrivée au pouvoir d'Hugo Chavez.

(AFP)

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