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Danser avec les Tsiganes à Soroca

Sur la colline de cette ville moldave, à l’ombre des palais délirants et inachevés des Roms, l’accueil passe par le cœur et le porte-monnaie

Moldavie, Soroca, juin 2018. Quartier Tzigane sur une colline dans les hauts de Soroca. Chaude ambiance devant le portail de la famille Bourak: Preïde s'est déguisé en Arabe et Coronitsa a passé une belle robe pour danser avec la voisine et son fils. Hors de l'image les autres voisins ondulent tout autant sur une musique à coin.
Moldavie, Soroca, juin 2018. Quartier Tzigane sur une colline dans les hauts de Soroca. Chaude ambiance devant le portail de la famille Bourak: Preïde s'est déguisé en Arabe et Coronitsa a passé une belle robe pour danser avec la voisine et son fils. Hors de l'image les autres voisins ondulent tout autant sur une musique à coin.
JOANA ABRIEL
De loin, voici à quoi ressemble la colline aux Tsiganes qui domine la ville de Soroca au nord-est de la Moldavie.
De loin, voici à quoi ressemble la colline aux Tsiganes qui domine la ville de Soroca au nord-est de la Moldavie.
JOANA ABRIEL
Moldavie, Soroca, juin 2018.
Moldavie, Soroca, juin 2018.
JOANA ABRIEL
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Soroca, petite ville sur le Dniestr au nord-est de la Moldavie, possède une forteresse du XVe siècle. Mais la curiosité d’ici est la Colline aux Tsiganes. Quelque 2000 personnes y vivent sédentarisées depuis six siècles. Passés maîtres dans l’art du fer, ils ont un côté mégalo qui leur a fait construire d’immenses palais. De loin, des coupoles «champignonnent». De près, on reconnaît, ici, une réplique du Bolchoï, là, une copie de la Maison-Blanche. La colline délire architecturalement, mais bien des édifices ne sont pas achevés et les Tsiganes vivent… dans des cages à lapins au pied des palais. La guide, qui les craint, tente une explication: sous le régime soviétique, ciment et briques ne coûtaient rien.

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Nous rencontrons une dame à la peau mate cuisant ses compotes de cerises dehors au feu de bois. Plus loin, assis sous une sorte d’abribus devant leur maison, un couple nous regarde venir. Nous sympathisons et échangeons, aidés par la guide. L’humour est au menu: monsieur me propose madame avec qui, assure-t-il, il a déjà eu 12 garçons. Coronitsa et Preïde Bourak sont à la retraite et reçoivent 15 et 25 euros de rentes mensuelles. Lui, autrefois, a été ferronnier jusqu’à Tachkent. En cours de conversation, le flamenco s’inscrit après Jésus-Christ. Les voisins nous ont rejoints. Les femmes portent fichus et jupes fleuries, les hommes se contentent d’un marcel blanc.

«Coronitsa s’agite et fait ostensiblement tourner de gros seins sous sa chemise. Preïde revient avec un keffieh déguisé en Saoudien»

La sympathie l’emporte et lorsque M. Bourak met de la musique à coin, nous dansons à même la rue de terre battue. Coronitsa s’agite et fait ostensiblement tourner de gros seins sous sa chemise. Preïde revient déguisé en Saoudien avec un keffieh semblable à ceux que l’on découvre, enfant, dans les albums de Tintin. Rires. La rue vibre, surtout par les femmes. Plus loin des enfants tapent dans un ballon. Lorsque le jeune voisin au look plus occidental lance quelques billets au milieu de la sarabande, il montre la voie. Nous laisserons un peu d’argent. Belle fête sur la colline de Soroca! Abrégée par la guide nous enjoignant à partir sous prétexte de ne jamais pouvoir le faire si d’aventure nous entrions dans les maisons.

Ce que nous n’avons pu vérifier.

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