La justice valide des écoutes de Sarkozy

FranceLa plus haute instance judiciaire de France a validé mardi des écoutes qui ont conduit à l'inculpation de l'ex-président pour corruption et trafic d'influence.

Nicolas Sarkozy a-t-il financé sa campagne présidentielle par des fonds suspects, en 2007?

Nicolas Sarkozy a-t-il financé sa campagne présidentielle par des fonds suspects, en 2007? Image: Reuters

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La justice française a validé mardi des écoutes téléphoniques visant l'ancien président Nicolas Sarkozy ayant conduit à son inculpation pour corruption et trafic d'influence. Cette décision jette une ombre sur ses ambitions politiques à un an de la prochaine présidentielle.

Avec cette décision de la Cour de cassation, la plus haute instance judiciaire, la perspective d'un procès se rapproche pour Nicolas Sarkozy, 61 ans, battu par le socialiste François Hollande en 2012, avec le risque d'être frappé d'une peine d'inéligibilité.

Ces écoutes de communications entre l'ex-chef de l'Etat et l'un de ses avocats, Me Thierry Herzog, sur un téléphone portable acquis sous un nom d'emprunt (Paul Bismuth) sont à l'origine d'un dossier embarrassant pour M. Sarkozy.

Des infos contre une nomination

Dans ces conversations interceptées par la justice, M. Sarkozy s'inquiétait de connaître l'utilisation que la justice entendait faire de ses agendas saisis dans le cadre du dossier tentaculaire ouvert pour abus de confiance au détriment de la milliardaire Liliane Bettencourt, dans lequel M. Sarkozy avait été un temps inquiété avant d'être mis hors de cause.

Mais il évoquait aussi avec son avocat le projet d'obtenir d'un ex-magistrat de la Cour de cassation, Gilbert Azibert, des informations couvertes par le secret. En contrepartie, l'ancien président promettait d'intervenir en faveur de M. Azibert pour lui faire obtenir un poste de prestige à Monaco, ce qu'il n'avait au final pas fait.

«Dossier bancal»

L'avocat de l'ancien chef de l'Etat à la Cour de cassation, Me Patrice Spinosi, avait insisté sur le fait que les propos qui ont valu à Nicolas Sarkozy d'être mis en examen avaient été interceptés lors d'écoutes ouvertes dans un dossier différent, celui des soupçons de financement par la Libye de la campagne de 2007.

L'avocat général, François Cordier, avait préconisé pour sa part une cassation partielle portant notamment sur deux des écoutes n'ayant pas une place centrale dans le dossier - l'une est une conversation entre Thierry Herzog et le bâtonnier de Paris. Il demandait également la cassation de la saisie de deux documents couverts par le secret lors d'une perquisition à la Cour de cassation.

Sur ces deux points, François Cordier a été suivi par la Cour de cassation.

Revirement tardif

Les écoutes judiciaires avaient été décidées dans le cadre d'un autre dossier, toujours ouvert, concernant des soupçons de financement de la campagne 2007 par l'ancien chef de l'Etat libyen Mouammar Kadhafi.

Inculpé pour corruption et trafic d'influence en juillet 2014 sur la base de ces enregistrements, l'ancien président argue que la tractation ne s'est pas concrétisée et qu'il n'a donc rien à se reprocher. Pour les enquêteurs, ce revirement peut cependant s'expliquer par le fait que Me Herzog et lui venaient d'apprendre que leurs téléphones avaient été placés sur écoute.

«C'est une procédure malade qui va continuer maintenant», a déploré l'avocat de Nicolas Sarkozy dans cette affaire, Me Patrice Spinosi, qui la juge «fragile» et «susceptible d'entraîner la condamnation de la France à la Cour européenne des droits de l'Homme» (CEDH).

Ennuis judiciaires multiples

Les ennuis judiciaires ne s'arrêtent cependant pas à ce dossier pour Nicolas Sarkozy. Il a également été inculpé le 16 février pour financement illégal de sa campagne de 2012.

La justice soupçonne que ses comptes de campagne ont été truqués pour cacher une explosion du plafond légal des dépenses de 22,5 millions d'euros.

Reconquête fragilisée

Sa stratégie de reconquête du pouvoir est également mise à mal au sein du parti de droite Les Républicains, dont il a pris la tête en novembre 2014 mais où son autorité est de plus en plus contestée.

Sa personnalité clivante et son positionnement très à droite suscitent des réticences à quelques mois d'une primaire prévue fin novembre pour désigner le candidat de la droite à l'élection présidentielle de 2017. (ats/nxp)

Créé: 22.03.2016, 15h07

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