Déclarer sa flamme équivaut parfois à risquer sa peau

Saint-ValentinCette fête s’est exportée dans le monde entier. Ou presque. Dans certains pays, les amoureux ont intérêt à se tenir à carreau.

Image: Cyberphoto/GENEVAY YVAIN.

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Qu’on y adhère ou pas, on n’y échappe pas. En Suisse, comme dans de très nombreux pays, on célèbre l’amour ce 14 février. En quelques décennies, cette fête aux origines sujettes à de multiples interprétations s’est répandue à travers toute la planète. Ou presque. De Tokyo à Bamako, en passant par Mexico, Macao, Chicago ou Toronto, la Saint-Valentin s’honore à grand renfort de fleurs ou de douceurs, pour le plus grand bonheur du business du cœur. Mais dans les pays qui ont déclaré la guerre à Cupidon, clamer sa flamme relève d’un acte de rébellion. Tour d’horizon.

Dans toutes les capitales européennes, l’amour est à l’honneur en ce 14 février, même si certaines régions, comme la Catalogne, en Espagne, ou le Pays de Galles, au Royaume-Uni, consacrent un autre jour de l’année aux amoureux (le 23 avril à Barcelone et le 25 janvier à Cardiff). Roses rouges, billets doux ou délices sucrés sont échangés par millions. Ainsi va la tradition. À l’exception peut-être de la Finlande, qui a une façon plus rustique de marquer l’événement, en organisant chaque année le championnat du «porté de femme». Concrètement, il s’agit d’une course d’obstacles dans laquelle le mari porte sa femme. Le premier arrivé gagne le poids de sa douce en bière…

Le cadeau obligatoire

Au pays de Poutine, la Saint-Valentin est assez populaire, même si elle rassemble plus d’opposants que de supporters. Mais les Russes ont «leur» 8 juillet, Journée de la famille et de la fidélité, dédiée à promouvoir les valeurs de l’amour conjugal, enrayer les divorces et la violence domestique que la Douma a pourtant dépénalisée en janvier 2017 pour «éviter la destruction de la famille». No comment.

Tandis qu’au Japon, cette fête a une fonction sociale qui dépasse les sentiments et parfois l’entendement. Ce jour-là, les Japonaises sont tenues d’offrir des chocolats à leurs collègues masculins et à leur patron. Le «Giri choco» ou «chocolat d’obligation» est considéré comme une marque de politesse et de respect. A contrario, le «Cho-giri choco» ou «chocolat d’ultraobligation» est offert aux collègues acariâtres ou pour qui on a peu d’estime. Quant au «Honmei choco», autrement dit le «chocolat du favori», il est exclusivement réservé à l’heureux élu.

La fièvre de la Saint-Valentin a aussi gagné les voisins chinois, qui, comme les Américains ou les Canadiens, célèbrent dignement l’amour à coups de dîner aux chandelles et de roses importées d’Équateur ou du Kenya.

«Fête de l’immoralité»

Pas question en revanche de festoyer au Pakistan, pays qui a déclaré la guerre à Cupidon en 2017. La Haute Cour d’Islamabad a prohibé toutes les festivités sur le territoire, dénonçant une «fête de l’immoralité, la nudité et l’indécence sous couvert de l’amour». Les autorités ont par ailleurs rappelé ce mercredi aux médias qu’il était strictement interdit de promouvoir cette fête de dépravés appartenant à la culture occidentale.

Une initiative particulièrement appréciée par les partis islamistes, qui multiplient les feux de joie avec les petits cœurs et autres babioles de la Saint-Valentin. Au pays des Purs, déclarer sa flamme le 14 février équivaut donc à risquer sa peau.

«Piège vicieux»

Tout comme en Malaisie, où la fête des amoureux est notamment accusée d’inciter aux relations sexuelles hors mariage. En 2005, Jakim, l’autorité musulmane fédérale, a officiellement émis une fatwa contre «ce piège vicieux». Pas de fatwa en Iran, où la fête est très populaire. Mais en 2016, les commerçants du pays des mollahs se sont vu interdire la vente d’objets pour la Saint-Valentin, perçue par les autorités comme un symbole de la «décadence occidentale».

Alors qu’en Arabie saoudite, désormais dirigée par le prince héritier Mohammed ben Salmane, dit MBS, qui prétend souhaiter un royaume plus «libéral», et où célébrer la Saint-Valentin relevait du crime d’État, la loi s’est quelque peu assouplie. Une fatwa diffusée sur Twitter au début de 2018 permet aux Saoudiens de célébrer les festivités sans risquer d’être fouettés. Qui a dit que l’amour n’adoucissait pas les mœurs?

Créé: 14.02.2019, 13h29

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