Déficitaires, les TGV vers Lille et Marseille seront supprimés

MobilitéLyria veut recentrer ses activités sur les lignes reliant Paris aux villes suisses. Les acteurs de la région s’inquiètent

Outre l’abandon des TGV directs vers Lille et Marseille, un aller-retour Paris-Genève sera supprimé dès le 13 décembre. 
L.FORTUNATI/ARCHIVES

Outre l’abandon des TGV directs vers Lille et Marseille, un aller-retour Paris-Genève sera supprimé dès le 13 décembre. L.FORTUNATI/ARCHIVES

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Dès le 13 décembre, Paris sera à moins de 3 h de train de Genève. Lyria le martèle depuis de nombreux mois déjà. Mais derrière ce coup de marketing se cache une baisse notable de la desserte en TGV depuis Cornavin. Après la suppression de la ligne vers Montpellier en mai, ce sont désormais les directs vers Lille et Marseille qui seront abandonnés. La Cité phocéenne continuera toutefois à être desservie par le TGV à destination de Nice.

Contrariés de ne pas avoir été consultés en amont, les acteurs du Grand Genève ont récemment envoyé un courrier à la SNCF et aux CFF – qui détiennent respectivement 76% et 24% de Lyria – pour leur faire part de leur incompréhension face à cette réorganisation de l’offre TGV.

Plus de 60% de charges

«Nous coupons les branches mortes pour mieux réinvestir dans le cœur de notre marché, les lignes qui relient Paris à la Suisse», explique Andreas Bergmann, directeur général de Lyria. Malgré cette déclaration, la desserte Genève-Paris ne sera pas pour autant épargnée par les coupes de décembre. Un aller-retour entre les deux villes sera supprimé le dimanche – le nombre de places perdues sera toutefois compensé par des sièges en plus dans les autres trains du jour – et le TGV qui part chaque jour de semaine à 9 h 11 de la capitale française ne s’arrêtera plus à Bellegarde. «C’était la condition pour passer en dessous de la barre des 3 h et ainsi renforcer l’attractivité du ferroviaire par rapport à l’avion», précise Andrea Bergmann.

Mais comment expliquer une telle réduction de l’offre alors que le train Genève-Lille a été lancé il y a moins d’un an et que Lyria se félicitait en septembre encore de l’augmentation de la fréquentation sur plusieurs de ses lignes? «Durant ces cinq dernières années, les charges d’infrastructures ont augmenté de 60%, répond le directeur général de la société. En ouvrant de nouvelles voies, nous avons dû payer également d’importants droits de passage en plus. Cumulé à la concurrence toujours plus importante avec les autres modes de transports, nous avons été obligés de faire des choix et donc de supprimer les lignes structurellement déficitaires.»

«Il fallait tester le marché»

Toutefois, n’est-il pas prématuré de tirer le bilan d’une ligne moins d’un an après son lancement? «La totalité de notre chiffre d’affaires réalisé sur la liaison Genève-Lille a été utilisée pour payer les frais d’infrastructures, précise Andreas Bergmann en toute transparence. Nous n’avons aucune chance de rentabiliser cette ligne à long terme.» Même constat pour le direct Genève-Marseille qui affiche un taux d’occupation de 33%. Se pose alors une question: pourquoi avoir ouvert toutes ces lignes? Selon le directeur général de Lyria, il fallait «tester le marché». La société avait tablé sur un marché potentiel plus important.

Si Lyria souhaite aujourd’hui recentrer ses activités sur la desserte entre Paris et les principales villes suisses, elle n’annonce aucune offre supplémentaire pour l’instant sur ce marché. «Nous travaillons sur une éventuelle augmentation des fréquences et de nouvelles offres», avance prudemment le directeur général.

Luc Barthassat fâché

Mais l’argument semble faible pour rassurer les acteurs de la région. Luc Barthassat, conseiller d’Etat en charge des Transports, s’inquiète de voir les lignes au départ de Genève petit à petit «grignotées». «Le développement de la région repose sur une infrastructure ferroviaire importante et la Confédération a investi massivement sur la ligne Genève-Paris, s’emporte-t-il. Je ne comprends pas la logique de Lyria alors que nous vivons dans une des agglomérations les plus dynamiques d’Europe. Ces changements risquent de remettre en cause la vocation de la plate-forme ferroviaire internationale de Genève.»

Créé: 27.11.2015, 19h24

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