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AllemagnePlutôt la «désescalade» que les tirs de LBD

Le maintien de l'ordre en Allemagne privilégie la «désescalade». Contrairement à la France, où l'usage de lanceur de balles de défense (LBD) contre les «gilets jaunes» a causé des blessures.

L'Allemagne a ainsi formé des agents de communication de la police, des «Anti-Konflikts Teams» qui viennent au contact des manifestants
L'Allemagne a ainsi formé des agents de communication de la police, des «Anti-Konflikts Teams» qui viennent au contact des manifestants
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Privilégier une «désescalade» de la tension plutôt que faire usage d'armes contre les manifestants: l'Allemagne revendique, malgré quelques ratés, une stratégie du maintien de l'ordre jugée aux antipodes de celle suivie en France.

Pas de lanceur de balles de défense (LBD), ni de grenade de désencerclement, causes de graves blessures de manifestants en France. Les policiers chargés du maintien de l'ordre dans les manifestations ne disposent «que» de matraques, de gaz lacrymogènes et de canons à eau.

Une bavure commise en 1967

La police allemande a fait ce choix depuis une bavure commise en 1967 - un passant tué par la police en marge d'un rassemblement d'opposants au Shah d'Iran - puis l'émergence dans les années 70 de groupes radicaux d'extrême gauche. Elle mise depuis plutôt sur la communication et la non-violence à l'égard des manifestants.

Convaincues que les manifestants les plus violents n'hésitaient pas à provoquer pour attiser la violence policière et dénoncer «l'Etat répressif», les autorités ont choisi de ne pas céder à la surenchère. Les policiers ont choisi de théoriser le concept de «désescalade» (Deeskalation).

«En Allemagne (..) la notion de désescalade est issue du travail social, où elle désigne toutes les tactiques et techniques de réduction de l'intensité des éventuelles confrontations avec des personnes hostiles», rappelaient les chercheurs Olivier Fillieule et Fabien Jobard dans un article publié dès 2016 «Le splendide isolement des forces françaises de maintien de l'ordre».

Des «Anti-Konflikts Teams»

Très critique à l'égard d'un maintien de l'ordre à la française jugé «d'arrière garde», l'article décrit un modèle allemand reposant sur une nouvelle conception des logiques de la foule, «la facilitation et l'accompagnement des manifestations de rue, le développement de la communication à tous les stades d'une opération de maintien de l'ordre ; la différenciation et le ciblage des interventions de rétablissement de l'ordre».

L'Allemagne a ainsi formé des agents de communication de la police, des «Anti-Konflikts Teams» qui viennent au contact des manifestants pour leur expliquer ce qui s'est passé.

Mais la police allemande, qui laisse au final le soin à un juge indépendant de déterminer l'itinéraire d'une manifestation, pratique les arrestations ciblées en amont des rassemblements. Les militants considérés comme les plus radicaux sont aussi fichés par les autorités.

Des ratés spectaculaires

Des syndicats de policiers réclament eux aussi de pouvoir faire usage de LBD mais cette demande est systématiquement balayée par les dirigeants politiques du pays. Le maintien de l'ordre allemand a cependant connu des ratés spectaculaires.

Des manifestations en marge du G20, en plein centre de Hambourg à l'été 2017, ont ainsi donné lieu à des violences et saccages commis par des «Black blocs». Après avoir sous-estimé dans un premier temps les rassemblements de ces militants radicaux, les forces de l'ordre avaient ensuite fait un usage immodéré de gaz lacrymogène.

La souplesse de la stratégie de maintien de l'ordre allemande a aussi été montrée du doigt après des rassemblements d'extrême droite, comme dans la ville de Chemnitz à l'été 2018. Des témoins ont accusé les forces de l'ordre d'avoir assisté sans réagir à des «chasses aux étrangers».

(AFP)

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