Deux chefs d'accusation contre Donald Trump

États-UnisÀ l'issue de l'enquête ukrainienne, les démocrates du Congrès accusent le président américain d'abus de pouvoir et d'entrave.

Deux chefs d'accusation retenus contre Trump.

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Dans un tournant historique, les démocrates ont retenu mardi deux chefs d'accusation dans la procédure de destitution visant Donald Trump: abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès. Ces chefs, jugés «ridicules» par le président américain, seront débattus dès mercredi au sein de la commission judiciaire de la Chambre des représentants, en vue d'un vote en séance plénière la semaine prochaine.

Compte-tenu de la majorité démocrate dans cette enceinte, Donald Trump deviendra alors selon toutes les probabilités, le troisième président de l'histoire des États-Unis mis en accusation au Congrès. Jusqu'ici, seuls les présidents Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1998 ont vécu cette situation, le républicain Nixon ayant démissionné avant le vote.

Donald Trump devrait in fine échapper à une destitution, puisque le Sénat, chargé de son procès, est contrôlé par les républicains, mais le vote à la Chambre laissera une marque sur sa campagne de réélection.

Mardi soir lors d'un meeting électoral en Pennsylvanie, le président se montrait combattif, martelant devant une marée de casquettes rouges: «Vous avez tellement de chance que je sois devenu votre président». «Un président normal se serait caché sous la table, le pouce dans la bouche, disant: maman, ramène-moi à la maison, parce qu'il trouverait ça trop dur».

Un «jour solennel»

Devant les drapeaux américains, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a évoqué un «jour solennel» lors d'une allocution matinale pour annoncer les chefs retenus contre le milliardaire new-yorkais. Plus tard, elle jugé «triste» mais «nécessaire» d'en arriver là. Sinon «nous disons adieu à la République et bonjour au président-roi», a-t-elle justifié lors d'une conférence organisée par le site «Politico».

Les démocrates ont ouvert, à la fin septembre, une procédure de destitution contre Donald Trump après avoir appris qu'il avait demandé à l'Ukraine d'enquêter sur Joe Biden, bien placé pour l'affronter à la présidentielle de 2020.

Après plus de deux mois d'enquête, l'opposition l'a accusé d'avoir abusé de son pouvoir pour arriver à ses fins, notamment en gelant une aide militaire cruciale pour ce pays en conflit armé avec la Russie. En demandant l'ingérence de l'Ukraine, le président «a porté atteinte à la sécurité nationale, a affaibli l'intégrité des élections et violé son serment au peuple américain», a affirmé Jerry Nadler, qui préside la commission judiciaire de la Chambre.

«Au-dessus des lois»

Les démocrates lui reprochent également d'avoir refusé de collaborer à leur enquête, ce qui alimente le chef d'entrave à la bonne marche du Congrès. Jugeant l'enquête en destitution «inconstitutionnelle», la Maison Blanche a en effet intimé à plusieurs conseillers du président de ne pas se plier aux injonctions à comparaître et de ne pas transmettre de documents à la Chambre.

Les démocrates lui reprochent également d'avoir refusé de collaborer à leur enquête, ce qui alimente le chef d'entrave à la bonne marche du congrès. Jugeant l'enquête en destitution «inconstitutionnelle», la Maison-Blanche a en effet intimé à plusieurs conseillers du président de ne pas se plier aux injonctions à comparaître et de ne pas transmettre de documents à la chambre.

«C'est un schéma familier dans la conduite du président Trump» qui «croit ne devoir de comptes à personne», a poursuivi Jerry Nadler, un adversaire de longue date du magnat de l'immobilier. Mais «nous devons être clairs, personne, pas même le président, n'est au-dessus des lois».

Jerry Nadler a ensuite publié l'acte formel de mise en accusation, «impeachment» en anglais, de Donald Trump, long de neuf pages. «La conduite du président a démontré qu'il resterait une menace pour la Constitution s'il était autorisé à rester au pouvoir», précise le texte.

Le président «s'attend à être totalement exonéré car il n'a rien fait de mal», a encore déclaré mardi la porte-parole de la Maison Blanche, Stephanie Grisham, au sujet de cette procédure. Reste à savoir si son procès, envisagé en janvier, sera rapide, comme le souhaitent certains proches du président, ou si Donald Trump s'en servira comme tribune politique.

En attendant, la procédure empiète sur le fonctionnement du Congrès. Le nouvel accord de libre-échange entre les États-Unis, le Mexique et le Canada (AEUMC), signé mardi à Mexico, devra «très probablement» attendre la fin du procès du président pour être ratifié par le Congrès américain, a déclaré le chef de la majorité républicaine au sénat, Mitch McConnell. (afp/nxp)

Créé: 10.12.2019, 18h31

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