Les deux rivaux en campagne à Berlin et à Paris

UkraineLes deux prétendants à la présidence ukrainienne, le sortant Petro Porochenko et le comédien Volodymyr Zelensky, étaient reçus respectivement par Merkel et Macron vendredi.

De gauche à droite: le président ukrainien sortant Petro Porochenko et son adversaire olodymyr Zelensky.
Vidéo: AFP

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Le président ukrainien, Petro Porochenko, a été reçu par la chancelière allemande Angela Merkel. Quasiment au même moment, son adversaire et favori du scrutin, le novice en politique Volodymyr Zelensky, s'entretenait avec le président Emmanuel Macron.

«Ce fut une réunion très positive. Une rencontre pour se connaître et échanger sur le développement des relations bilatérales et du pays», a ensuite commenté Ivan Bakanov, le chef de la campagne de M. Zelensky. Selon lui, les discussions, d'une heure environ, ont notamment porté sur le processus de paix dans l'est de l'Ukraine (actuellement au point mort et pour le réglement duquel le comédien a suggéré d'impliquer Londres et Washington), la corruption et les réformes.

Emmanuel Macron a également reçu dans la soirée Petro Porochenko, qui est reparti à l'issue de la rencontre sans faire de déclaration. Mais il a posté sur Twitter et Facebook des photos où le président français et lui-même apparaissent souriants. Auparavant, il est allé à Berlin discuter sécurité, coopération économique et investissements.

Il y était avant tout en campagne : «il faut se battre pour gagner le vote des électeurs, être clair sur son programme et c'est ce que nous faisons maintenant», a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse avec Mme Merkel. Avant de lancer une pique à l'intention de son rival : «Nous avons des politiciens qui n'appartiennent pas au système politique, mais cela existe aussi ailleurs en Europe, l'Ukraine n'est pas une exception», a-t-il déclaré.

Chamailleries

Les discussions avec Berlin et Paris «sont importantes» pour «le sort de l'Etat ukrainien et de la sécurité européenne», surtout dans le contexte de «tentatives» de lever les sanctions occidentales contre la Russie, avait souligné jeudi M. Porochenko. Il se pose en rempart face à Vladimir Poutine.

Le président ukrainien, un ancien ministre des Affaires étrangères aujourd'hui âgé de 53 ans, met en avant son expérience du pouvoir à l'issue d'un mandat marqué par de difficiles négociations de paix ou un accord clé de rapprochement avec l'Union européenne. Il l'oppose à l'inexpérience de son adversaire qu'il a enjoint de débattre, un défi qui s'est traduit par des chamailleries sans pour l'instant aboutir.

Considéré par ses partisans comme un nouveau visage dans un paysage politique dont l'image est compromise, M. Zelenski n'a organisé aucun meeting électoral et s'est surtout exprimé sur les réseaux sociaux. En le recevant, l'Elysée a suscité un certain agacement à Kiev.

«Concours de beauté»

«C'est une situation très désagréable et étrange», a déclaré à l'AFP une source diplomatique ukrainienne. «Cela fait très concours de beauté», a renchéri une autre. Si la présidence française a mis en avant son statut de «candidat qualifié pour le second tour de la présidentielle», certains observateurs estiment que ce comédien de 41 ans est pris au sérieux essentiellement en raison de son bon score au premier tour: plus de 30% des voix contre 16% pour Petro Porochenko. Confirmant son statut de favori, un sondage publié jeudi le crédite de 61% des intentions de vote pour le deuxième tour contre seulement 24% pour son concurrent.

La présidentielle en Ukraine se déroule au moment où cette ex-république soviétique de 44 millions d'habitants située aux portes de l'Union européenne est confrontée à la pire crise depuis son indépendance en 1991. L'arrivée de pro-occidentaux au pouvoir en 2014 a été suivie par l'annexion de la péninsule de Crimée par la Russie et la guerre dans la partie orientale du territoire ukrainien.

Avant le début des hostilités dans l'Est, M. Zelensky s'était d'abord montré conciliant, se disant prêt à se mettre «à genoux» devant M. Poutine pour éviter un «conflit militaire» entre les deux «peuples frères». Après le premier tour de la présidentielle, il a durci le ton, disant vouloir demander au Kremlin des compensations pour la guerre et la perte de la Crimée. (ats/nxp)

Créé: 12.04.2019, 17h52

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