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République Démocratique du Congo«Quand je devais tuer quelqu'un, je me droguais»

Un ex-enfant soldat raconte sa vie dans les maquis du nord-Kivu, à l'est de la République démocratique du Congo. Et la manière dont il s'en est finalement sorti.

Ulimwangu espère que le fléau des enfants-soldats prendra fin au Nord-Kivu.
Ulimwangu espère que le fléau des enfants-soldats prendra fin au Nord-Kivu.
Unicef

Il veut se faire appeler Ulimwangu. Ce n'est pas son vrai nom mais pour lui, c'est une question de survie. Car Ulimwangu est un ancien enfant-soldat du Nord-Kivu, à l'est de la République démocratique du Congo.

À l'occasion de la Journée internationale des enfants soldats, il s'est confié à Redaktion Tamedia depuis la ville de Goma. «En 2016, en allant à l'école, j'ai été recruté de force». Ulimwangu, alors âgé de 16-17 ans, doit se battre au sein de la milice Nyatura. «Nous nous battions contre les Mai-Mai, un autre groupe de rebelles.»

Il est resté un an avec ce groupe. Il raconte la vie dans les forêts, les punitions, les corvées et aussi les drogues. «Je prenais de l'alcool, des boissons ou des noix (le chanvre, ndlr). Je les utilisais quand je devais aller à la bataille ou tuer quelqu'un.»

Vivant mais fugitif

Il a cherché plusieurs fois à fuir mais sans succès. Jusqu'au jour où il est battu pour avoir refusé les règles du groupe. «C'était très dur, je devais décharger du ravitaillement. Là-bas, quand tu tues, tu dois te voiler le visage. Je n'ai pas voulu et j'ai laissé la vie sauve. C'est l'erreur que j'ai commise.»

Après sa fuite, Ulimwangu est recueilli par une association qui s'occupe des enfants-soldats. Mais il reste toujours prudent. «Je ne peux pas retourner dans mon village car si mon ancien commandant me reprend, il me tranchera la gorge.»

Il ne ressent pas de sentiments de honte ou de culpabilité «même si cela arrive parfois». Le désormais ex-enfant soldat se montre très reconnaissant envers l'Unicef. «Ils m'ont beaucoup aidé, ils m'ont appris un métier, celui d'ajusteur.» Il compte ouvrir un atelier afin d'aider ses proches et sa famille. Son père étant décédé, c'est à lui d'aider sa mère pour subvenir à leurs besoins.

Beaucoup de malades dans les forêts

Ulimwangu veut également garder un oeil sur son petit frère, qui a été également embrigadé de force et a réussi à s'enfuir. Il espère que la paix reviendra dans la région. «Il faut appliquer les accords, pour que les enfants ne soit plus recrutés de force. Il y a beaucoup de malades dans les forêts, c'est très difficile pour eux et ils ne peuvent pas s'échapper comme je l'ai fait.»

Il demande à la Suisse de soutenir l'Unicef «comme elle m'a aidé. C'est elle qui est en charge des enfants, de leur fournir des habits de la nourriture. Ce que je souhaite, c'est que l'Unicef puisse aider les autres comme elle m'a aidé.»

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