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Nouvelle-ZélandeLa diffusion de la vidéo du carnage émeut

Malgré ses 20'000 modérateurs, Facebook n'a pas su empêcher à temps la diffusion du carnage. Les critiques pleuvent.

L'Australien accusé d'avoir tué 51 personnes l'année dernière dans deux mosquées à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, a plaidé coupable pour tous les chefs d'accusation. (Jeudi 26 mars 2020)
L'Australien accusé d'avoir tué 51 personnes l'année dernière dans deux mosquées à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, a plaidé coupable pour tous les chefs d'accusation. (Jeudi 26 mars 2020)
AFP
La police néo-zélandaise enquête pour retrouver l'auteur de menaces formulées cette semaine contre une des mosquées de Christchurch. (Mardi 3 mars 2020)
La police néo-zélandaise enquête pour retrouver l'auteur de menaces formulées cette semaine contre une des mosquées de Christchurch. (Mardi 3 mars 2020)
Keystone
La Nouvelle-Zélande est réputée pour sa faible criminalité. (15 mars 2019)
La Nouvelle-Zélande est réputée pour sa faible criminalité. (15 mars 2019)
Keystone
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Facebook dit avoir retiré 1,5 million de vidéos du massacre perpétré dans une mosquée de Nouvelle Zélande mais les critiques des réseaux sociaux qui n'ont pas su en empêcher la diffusion s'amplifient à travers le monde.

Déclarations de politiciens bien au-delà de l'Océanie, éditorialistes, avis d'experts, annonceurs envisageant selon la presse de se retirer de Facebook: les signes de mécontentement montent après la diffusion facilement accessible des images du carnage.

Alors que le tueur abattait ses victimes à l'intérieur de la mosquée Al Noor de Christchurch, il émettait en direct sur Facebook Live en utilisant apparemment une caméra attachée sur lui.

Facebook affirme avoir retiré 1,5 million de ces vidéos au cours des 24 premières heures, «dont plus de 1,2 million bloquées lors de leur téléchargement», ce qui signifie que 300'000 n'ont pu être supprimées avant d'avoir été téléchargées. On ne sait pas combien de fois celles-ci ont été visionnées.

Malgré les appels à ne pas les partager et les ordres lancés par les autorités, les 17 minutes se sont répandues rapidement sur la toile et continuaient de pouvoir être retrouvées facilement plusieurs heures après l'attaque qui a fait 50 morts.

«Aptitudes très limitées»

Les autorités du pays ont fait tout leur possible pour en nettoyer la Toile, a déclaré la Première ministre de Nouvelle-Zélande Jacinda Ardern. «Mais au final, c'est à ces plateformes qu'il appartient de faciliter ces retraits», a estimé Mme Ardern, faisant allusion aux géants de la Silicon Valley. «Il reste des questions nécessitant des réponses. C'est un problème qui va bien au-delà de la Nouvelle-Zélande», a-t-elle ajouté. Selon le journal «New Zealand Herald», des grosses compagnies pensent retirer leurs publicités.

«Pour le moment, j'ai l'impression que mes enfants risquent de tomber sur des snuff films diffusés en direct sur Facebook, juste pour que (son patron) Mark Zuckerberg puissent s'enrichir encore un peu plus», grince son éditorialiste, en évoquant les films qui mettent réellement en scène la torture, le meurtre, le viol...

Facebook a embauché 20'000 modérateurs mais les critiques estiment qu'ils n'en font pas assez. David Ibsen, directeur exécutif de l'organisation américaine Counter Extremism Project accuse: «La technologie capable de prévenir cela est disponible. Les entreprises de réseaux sociaux ont pris la décision de ne pas l'adopter».

Des dirigeants, au-delà de la Nouvelle-Zélande, commencent à manifester une volonté de prendre les choses en main. Le Premier ministre australien Scott Morrison a estimé que les réseaux sociaux avaient «coopéré» depuis l'attaque des mosquées. «Mais je dois malheureusement dire que l'aptitude réelle à aider du côté de ces entreprises technologiques est très limitée».

M. Morrison a ajouté que des «assurances avaient été données» quant au fait que les contenus retirés ne pourraient pas réapparaître. «Il est évident que ce n'est pas le cas», a-t-il déploré.

«Trop c'est trop»

«Prenez un peu vos responsabilités. Trop c'est trop», a lancé le ministre britannique de l'Intérieur Sajid Javid. Les critiques s'en sont également pris à des médias ayant diffusé la vidéo, tels certains tabloïds britanniques.

«Pendant un court moment ce matin le site internet du «Mirror» a diffusé des images filmées par l'assaillant de Christchurch et éditées. Nous n'aurions pas dû le faire. Ce n'est pas conforme à notre politique relative aux vidéos de propagande terroriste», a tweeté son chef de la rédaction.

L'Autorité de la communication et des médias d'Australie a lancé une enquête après la diffusion de ces images par Sky News Australia. Le journaliste britannique Krishnan Guru-Murthy a estimé que l'on n'est «jamais tombé aussi bas dans les pièges à clics». L'AFP en a analysé une copie et confirmé son authenticité à l'aide d'un outil numérique mais ne l'a pas diffusée à ses clients.

«Les salles de rédaction, les plateformes et les responsables officiels doivent réfléchir à la manière d'éviter d'entrer dans le jeu de ceux dont les actes meurtriers sont destinés à obtenir le maximum de visibilité et à déclencher de nouveaux cycles de violence et de radicalisation», a commenté l'expert en réseaux sociaux et journaliste de Buzzfeed Craig Silverman.

AFP

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