Nouvelles discussions à Genève, mais sans plan B

Conflit syrienLa reprise des négociations sur la Syrie à Genève est «un moment de vérité», a estimé l'émissaire de l'ONU.

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Echec interdit sous peine de basculer à nouveau dans la guerre. A la reprise des discussions indirectes entre régime et opposition syriens, l'émissaire de l'ONU a répété clairement lundi à Genève l'agenda pour son mandat. La délégation du gouvernement accuse elle «certains de tenter de saboter» les pourparlers.

«Je n'ai connaissance que d'un plan A», a affirmé Staffan de Mistura devant la presse, au terme de sa réunion avec l'ambassadeur syrien à l'ONU Bachar al-Jaafari. Celui d'arriver à un gouvernement de transition dans les six mois, à une nouvelle Constitution puis à des élections dans les 18 mois.

Ce «moment de vérité» donne «le maximum de chances et le maximum de pression à la communauté internationale» pour des avancées dans la situation syrienne, a estimé l'émissaire, un jour avant le cinquième anniversaire du début du conflit. Il s'attend toutefois à ce que certains tentent de perturber les pourparlers. Il devait mener des consultations en soirée avec le Conseil de sécurité à New York.

Sans volonté de négociation des parties, la question sera renvoyée au Groupe international de soutien à la Syrie (GISS) et au Conseil de sécurité, qui sont «les vrais faiseurs de paix», a affirmé M. de Mistura.

Depuis la suspension de la première série de discussions début février, la donne sur le terrain a changé. La trêve «tient globalement» depuis 17 jours, selon l'ONU, et des centaines de camions d'aide humanitaire ont pu atteindre une majorité de villes assiégées.

Plusieurs divisions sur les questions politiques

Pour autant, ces deux parties se sont accusées à plusieurs reprises de contourner la cessation des hostilités. La Russie a évoqué plus de 200 violations de la trêve. Régime et opposition n'ont pas non plus les mêmes positions sur la transition politique puisque le gouvernement syrien a répété récemment ne pas souhaiter discuter d'un retrait de Bachar el-Assad.

Dans toute négociation, «il y a toujours beaucoup de fortes déclarations», a souligné M. de Mistura. Comme un symbole, quelques instants plus tard, l'ambassadeur syrien a accusé «certains de saboter» le processus, sans toutefois donner davantage de précisions.

Si cette première rencontre a permis d'éclaircir des questions de procédure, Bachar al-Jaafari est déjà venu avec un document sur des «éléments de base pour une solution politique», sans là non plus davantage de détails. Le fond sera abordé dès mercredi lors de la prochaine rencontre entre les deux hommes. Auparavant, M. de Mistura aura évoqué mardi les questions de procédure avec la délégation de l'opposition.

Il a aussi rencontré dimanche des femmes syriennes dont l'analyse lui est «importante». Pour ne pas étouffer la discussion politique, les deux cellules sur l'aide humanitaire et la trêve vont continuer à se réunir en marge des discussions.

Millions de réfugiés

La cessation des hostilités exclut l'Etat islamique (EI) et le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda. Ces groupes djihadistes occupent plus de la moitié du territoire syrien et sont aussi la cible des raids de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.

Selon le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane, l'armée syrienne et son allié russe ont intensifié les frappes sur les bastions djihadistes ces dernières semaines. Cette ONG proche des rebelles a aussi fait état de bombardements de l'armée sur la route de Kefraya, l'une des villes assiégées.

La livraison d'aide à quatre villes assiégées dont Kefraya a été annulée lundi en raison de problèmes de sécurité, a affirmé à l'AFP le porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Damas, Pawel Krzysiek. Pour des raisons de sécurité, le convoi n'a pu partir vers cette ville et comme les distributions doivent être coordonnées avec trois autres sites, le dispositif prévu n'a pu avoir lieu.

En cinq ans, le conflit a fait plus de 270'000 tués et quelque 4,8 millions de réfugiés. (ats/nxp)

Créé: 14.03.2016, 15h21

Dossiers

En Suisse

Staffan de Mistura veut remercier la Suisse pour «sa remarquable contribution» en facilitant l'organisation à Genève des pourparlers indirects sur la Syrie.

L'émissaire de l'ONU a dit lundi qu'il rencontrerait mercredi le Conseil fédéral et des parlementaires à Berne.

Staffan de Mistura est censé participer également à une table ronde vendredi à Winterthour (ZH), lors de la Journée annuelle de l'aide humanitaire.

Trois séries

Les discussions indirectes sur la Syrie sont prévues pendant trois périodes. La première qui a débuté lundi s'achèvera le 24 mars avant une pause d'une semaine à dix jours. La seconde partie est prévue sur deux semaines, avant une nouvelle interruption. Une troisième série est ensuite attendue.

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