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Divisé, le nouveau Congrès US fait sa rentrée

Sur fond de crise du «shutdown», partagé entre démocrates et républicains, le Congrès risque de donner du fil à retordre à Donald Trump.

À 78 ans, la démocrate Nancy Pelosi signe un impressionnant retour au troisième échelon de la politique américaine.

La démocrate Nancy Pelosi a repris jeudi la tête de la Chambre des représentants en appelant au «respect» dans une Amérique divisée, son retour historique au perchoir marquant le début d'une nouvelle ère d'opposition à Donald Trump.

Alors qu'il affronte deux dernières années de mandat difficiles face au nouveau pouvoir des démocrates, le président républicain a rapidement félicité son opposante en chef. «J'espère que nous pourrons travailler ensemble», notamment sur des grands projets d'infrastructures qu'ils «veulent vraiment», a-t-il déclaré lors d'un point de presse improvisé.

Les deux élus auront l'occasion de mettre à l'épreuve de la réalité ces déclarations dès vendredi, lorsqu'ils devront justement se revoir à la Maison Blanche pour tenter de trouver une sortie à l'impasse budgétaire qui paralyse 25% des administrations fédérales depuis bientôt deux semaines.

Depuis jeudi, midi le 116e Congrès américain est officiellement en session: 435 nouveaux élus à la Chambre des représentants, désormais contrôlée par les démocrates, et 100 sénateurs au Sénat, qui reste sous contrôle républicain.

«Nous ne nous faisons pas d'illusions, notre travail ne sera pas facile», a déclaré Nancy Pelosi après avoir repris le marteau de «speaker», qu'elle avait déjà tenu entre 2007 et 2011 lorsqu'elle était devenue la première femme de l'Histoire américaine à accéder à ce poste crucial.

«Mais promettons que lorsque nous ne serons pas d'accord, nous nous respecterons». Après une joyeuse cacophonie rythmée par les pleurs d'un bébé, entourée de ses petits-enfants et des enfants d'autres élus venus assister à la cérémonie, Nancy Pelosi, élue à 78 ans par 220 voix, a prêté serment.

Nombre record de femmes et d'élus issus de minorités: devant une nouvelle Chambre qui multiplie les «premières», elle a salué l'arrivée de nouveaux membres dont «l'optimisme, l'idéalisme» vont «renforcer» la démocratie.

Dans l'hémicycle, la nouvelle élue progressiste Alexandria Ocasio-Cortez avait choisi un tailleur pantalon blanc, comme en hommage aux suffragettes qui se sont battues pour le droit de vote des femmes.

«Crise climatique»

Affirmant reprendre ce poste avec «grand espoir et confiance en l'avenir», Nancy Pelosi a reconnu les «défis» qui l'attendent. Elle a dit vouloir protéger la classe moyenne, alors que Donald Trump avait su, en 2016, séduire certains des déçus du «rêve américain». Mais elle a aussi eu un message d'ouverture envers les migrants.

Sur l'environnement, Nancy Pelosi a eu des mots très forts alors que Donald Trump a retiré les Etats-Unis de l'accord de Paris. «Nous devons aussi adresser la menace existentielle de notre époque: la crise climatique», a déclaré la démocrate. Au Sénat, le vice-président républicain Mike Pence a présidé, sous les applaudissements, aux prestations de serment.

13e jour de «shutdown»

C'est avec un défi à Donald Trump que Nancy Pelosi reprend le perchoir. Elle soumettra à un vote, dès la fin de journée, des mesures budgétaires temporaires censées mettre fin au «shutdown» des administrations.

Or Donald Trump n'en veut pas, car elles n'incluent pas cinq milliards de dollars pour financer le mur qu'il compte construire à la frontière avec le Mexique, afin de lutter contre l'immigration clandestine.

Il a encore martelé la nécessité de ce mur, ou «barrière, ou peu importe comment vous voulez» l'appeler, lors de son briefing surprise jeudi, avant de laisser des responsables de la sécurité aux frontières défendre le projet. Au 13e jour du «shutdown», il reste ainsi difficile d'entrevoir une sortie de crise.

Enquêtes et déclarations d'impôts

Ce bras de fer annonce les féroces batailles à venir entre les démocrates et la Maison Blanche, avec la promesse de multiples enquêtes parlementaires.

En première ligne: les soupçons de collusion entre Moscou et son équipe de campagne électorale en 2016, alors que le mandat du républicain est, pratiquement depuis ses débuts, déjà empoisonné par l'enquête du procureur spécial Robert Mueller.

Avec leur nouveau contrôle de la Chambre, les démocrates décrochent en effet la tête de commissions parlementaires dotées de puissants pouvoirs d'investigation, notamment ceux d'assigner les témoins à comparaître et d'ordonner la présentation de documents. Ils ont d'ailleurs promis d'exiger du milliardaire qu'il présente enfin ses déclarations d'impôts.

Derrière ces turbulences, la perspective d'une procédure de destitution, ou «impeachment», pourrait se dessiner plus nettement. Mais Nancy Pelosi a pour l'instant écarté cette idée, affirmant vouloir d'abord attendre les conclusions des enquêtes.

Célèbre pour son sens tactique, elle devra le mettre à l'épreuve des tiraillements à ce sujet entre les jeunes pousses fraîchement élues qui se réclament de la «résistance» contre le président et les élus démocrates plus modérés qui ont gagné dans des circonscriptions pro-Trump.

(ats)

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