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Donald Trump ébranlé par le rapport Mueller

Le président s’est réfugié dans la vulgarité pour limiter l’impact du rapport Mueller qui dresse le portrait d’une présidence minée par les mensonges.

Le rapport Mueller dépeint un Donald Trump (à son arrivée en Floride) déplorable mais pas coupable.
Le rapport Mueller dépeint un Donald Trump (à son arrivée en Floride) déplorable mais pas coupable.
AFP

Donald Trump a laissé libre cours à sa colère vendredi. La rage du président des États-Unis a été provoquée par le portrait dévastateur de sa présidence dressé par le procureur spécial Robert Mueller. Donald Trump a dénoncé sur Twitter les «foutaises» du rapport «fou» publié jeudi. Il s’est aussi plaint dans un tweet des gens qui «prennent des notes», une référence à peine voilée à Don McGahn, l’ancien avocat de la Maison Blanche dont les notes citées dans le rapport Mueller accablent Donald Trump.

«Pourquoi prends-tu des notes? Les avocats ne prennent pas de notes. Je n’ai jamais eu d’avocat qui prenait des notes», avait lancé le président américain à Don McGahn, plusieurs mois après lui avoir ordonné en vain de renvoyer Robert Mueller. Don McGahn, un homme qualifié par Donald Trump d’«enc…. de menteur» dans le rapport, avait refusé de se plier à cet ordre. Une «connerie débile». Voilà les termes qu’avait d’ailleurs employés l’ancien avocat de la Maison Blanche pour décrire à un haut-responsable de l’administration Trump cette requête du président.

«Je suis foutu...»

Le rapport Mueller, en partie censuré, décrit dans le détail les efforts d’un Donald Trump visiblement déterminé à couvrir ses arrières et à entraver le travail des enquêteurs. Il dépeint un président paniqué le 17 mai 2017, lorsqu’il apprend que Robert Mueller, l’ancien patron du FBI, s’est vu confier l’enquête sur l’ingérence russe dans l’élection présidentielle de 2016 et va devoir déterminer l’étendue des contacts du Kremlin avec la campagne de Trump: «Oh mon Dieu. C’est terrible. C’est la fin de ma présidence. Je suis foutu», réagit ce jour-là Donald Trump, selon le rapport.

Robert Mueller conclut que les «efforts du président pour influencer l’enquête n’ont en grande partie pas été couronnés de succès». Il précise néanmoins que «cela est largement dû au fait que les personnes qui entouraient le président ont refusé de suivre ses ordres ou d’accéder à ses exigences.»

Tourner la page

Cette conclusion, ainsi que la précision du procureur spécial qu’il ne blanchissait pas Donald Trump face aux soupçons d’entrave à la justice, ont créé un séisme à Washington. La majorité démocrate à la Chambre des Représentants a dénoncé les «mensonges» et les «tromperies» du président. Elle a ouvert une procédure pour forcer le Département de la Justice à livrer aux élus une version du rapport qui ne soit pas censurée. Les républicains pro-Trump ont pour leur part repris le refrain de la Maison Blanche et martelé depuis jeudi qu’il est temps de tourner la page du rapport Mueller.

«La balle est désormais dans le camp du Congrès», réagit Claire Finkelstein, la directrice du Centre pour l’éthique et l’Etat de droit à l’Université de Pennsylvanie. «Robert Mueller n’allait pas se mettre en porte-à-faux avec les directives du Département de la Justice selon lesquelles un président en exercice ne peut pas être poursuivi pénalement. En revanche, il a donné toutes les cartes au Congrès pour que celui-ci puisse enquêter sur le comportement immoral et, je pense, illégal du président des Etats-Unis.»

Pas de procès

Claire Finkelstein ne s’attend pas à l’ouverture d’une procédure de destitution en raison du soutien infaillible dont jouit Donald Trump au sein de la majorité républicaine au Sénat. «Les conservateurs ont décidé depuis longtemps de fermer les yeux sur les actions de ce président et de ne pas assumer le rôle traditionnel du Congrès qui consiste à contrôler l’exécutif, poursuit la professeure de droit. Je ne vois rien dans ce rapport qui puisse remettre en question cette volonté des républicains de protéger à tout prix le président.»

L’experte redoute la «sérieuse crise sécuritaire» menaçant les Etats-Unis. «Le procureur spécial a révélé la sophistication et l’ampleur des efforts des Russes pour influencer le résultat de notre élection présidentielle et aider Donald Trump en 2016», ajoute-t-elle. «Ces conclusions ont été éclipsées par les chapitres sur les efforts de Donald Trump pour entraver l’enquête Mueller. Mais nous avons aujourd’hui une Maison Blanche qui ne prend pas au sérieux les efforts d’une puissance hostile pour s’ingérer dans notre processus électoral et qui n’a surtout aucune intention de s’opposer aux Russes dans cette crise. Au lieu de cela, la Maison Blanche passe son temps et son énergie à protéger le président.»

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