En proie aux doutes, le PS se mobilise contre Nicolas Sarkozy

FranceEn congrès, le PS de Manuel Valls sort son meilleur ennemi: l’ex-chef de l'état UMP et désormais président des Républicains.

La dérive ultradroitière du président des Républicains Nicolas Sarkozy, selon les socialistes Manuel Valls et Jean-Christophe Cambadélis, menace la cohésion nationale. «Sans le PS, la France perdrait en humanité. La France ne serait pas la France!», affirme le premier secrétaire du PS.

La dérive ultradroitière du président des Républicains Nicolas Sarkozy, selon les socialistes Manuel Valls et Jean-Christophe Cambadélis, menace la cohésion nationale. «Sans le PS, la France perdrait en humanité. La France ne serait pas la France!», affirme le premier secrétaire du PS. Image: Christophe Morin/AFP

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La cible, c’est lui: Nicolas Sarkozy. Après les trois journées du 77e congrès du PS à Poitiers, la stratégie du Parti socialiste français pour faire gagner François Hollande en 2017 est apparue très clairement. Le premier ministre Manuel Valls, samedi, comme le premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, hier, tirent à boulets rouges sur l’ex-chef de l’Etat UMP et désormais président des Républicains.

«Faire de la politique, c’est élever le débat et non pas vociférer. Par son attitude, Nicolas Sarkozy est déjà un problème pour la France!» La phrase de Manuel Valls samedi donne le ton de cette lutte pour «l’identité républicaine» que gauche et droite cherchent désormais à s’approprier. Dans cet exercice, le premier ministre, répondant aux violentes attaques de Nicolas Sarkozy lors du congrès fondateur des Républicains il y a une semaine, n’est pas moins virulent. Et Manuel Valls d’accuser les ex-UMP de se livrer à un «trafic d’appellation».

En plein conflit

L’anti-sarkozysme. C’est la stratégie de désignation du meilleur ennemi de la gauche pour tenter de rassembler un parti, qui malgré le score plutôt confortable (60%) du texte de Jean-Christophe Cambadélis reste traversé par les doutes et les divisions (lire ci-dessous). «Nous sommes en plein conflit de définition de ce qu’est la France», explique quant à lui le premier secrétaire du PS lors de son discours de clôture pour attirer l’attention sur l’adversaire rassembleur.

En effet, la moitié de son intervention se concentre sur Nicolas Sarkozy, qualifié des «sans idée», de «revanchard», «d’enfant de 2 à 3 ans» prêt à tout pour revenir à l’Elysée. «Les droites n’ont jamais accepté notre victoire. Les droites ont d’emblée choisi la violence verbale! Les forces réactionnaires sont déjà en place», s’exclame Jean-Christophe Cambadélis.

La bataille de France

La ligne de la charge contre Nicolas Sarkozy est partagée par les deux ténors du PS. La dérive ultradroitière du président des Républicains, selon eux, menace la cohésion nationale. «La laïcité, ce n’est pas l’antireligion, c’est croire ou ne pas croire dans le vivre ensemble. Nous combattons l’idée funeste que les musulmans se séparent de la France», lancent-ils.

Cet appel aux communautés d’origine musulmane n’est pas anodin et fait le lien avec la manière dont le FN est abordé par les deux ténors du PS. Durant ce week-end socialiste, le FN aura été presque nié, réduit à une excroissance des Républicains, un laboratoire d’idées funestes pour la France que Nicolas Sarkozy fera tout pour annexer.

Dans ce propos qui amalgame les droites et en appelle à l’esprit de la mobilisation du 11 janvier contre les attentats, le PS se présente comme le parti, sans lequel «la France perdrait en humanité. La France ne serait pas la France!» La bataille pour la République identitaire a commencé (voir le clip de campagne du PS).

Créé: 07.06.2015, 22h34

L’autre gauche PS ne s’y «retrouve pas!»

«On ne peut pas se contenter de prétendre que la désaffection de nos militants est le fait d’une impatience infantile et que les résultats vont arriver!» Le député «frondeur» Laurent Baumel, pour la motion B (29% lors de la consultation), rejette l’«Adresse au peuple de France» qui a bouclé en un texte synthèse le congrès. Dans la salle, applaudissements et huées. Tout n’est pas réglé au sein du PS. La division s’entend. Hier, au dernier jour de leurs assises, les frondeurs ont repris du poil de la bête. Sans doute aiguillonnés par la prise de position dans la presse dominicale d’Arnaud Montebourg.

En effet l’ex-ministre, démissionnaire en août 2014, est revenu dans le jeu avec une attaque en règle de la politique du gouvernement. «Nous marchons vers le désastre…», écrit ainsi Arnaud Montebourg dans une tribune cosignée avec le banquier Mathieu Pigasse. Tous deux exigent un changement de cap radical pour sauver le quinquennat. «Il faut se battre pour la croissance en interrompant les politiques absurdes et anti-économiques de Bruxelles.» Et Arnaud Montebourg d’accuser l’exécutif de «faire semblant de combattre le FN pour se donner bonne conscience». Il prophétise un danger pour la démocratie en laissant les thèses de l’extrême droite prospérer sur le sentiment d’abandon des Français. «Au fil des alternances, les Français votent en conscience pour la «rupture» ou le «changement» mais s’aperçoivent que la politique économique – donc européenne – qui s’ensuit est toujours la même.»

Le député de la Nièvre Christian Paul, premier signataire de la motion B, ne joue pas la rupture mais porte à Poitiers un discours similaire. «Ces Français qui ont voté pour la gauche ne s’y retrouvent pas! C’est surtout contre les causes du Front national qu’il faut être dur. C’est-à-dire le chômage, la souffrance sociale, le délitement de la solidarité. Nous n’ignorons rien de ce qu’est une économie ouverte, mais nous considérons que défendre les salariés, ce n’est pas interdit du fait de la mondialisation.» X.A.

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